coverDepuis quelques années Michael Schenker multiplie les noms pour ses apparitions: Michael Schenker’s Temple Of Rock et à présent Michael Schenker Fest. Ne lui en déplaise, cela reste à mes yeux toujours le M.S.G. et je ne comprends pas l’intérêt de vouloir changer de nom selon les intervenants (ça ne l’a jamais étouffé par le passé). A plus forte raison ici car il s’agit d’un projet qui réuni tous des anciens membres du M.S.G. Les chanteurs mythiques des années 80 (Gary Barden, Graham Bonnet, Robin McAuley) auxquels s’est joint le plus récent Doogie White, ainsi que des musiciens de l’époque (Chris Glen, Ted McKenna et Steve Mann). Notre Teuton nous a épargné les participants aux albums ultérieurs (les 90’s et au delà) qui n’ont d’ailleurs pas vraiment marqué les esprits (les albums, parce que les intervenants étaient parfois très bons). Bref, cet album se veut nostalgique, ce qui n’est pas nécessairement pour me déplaire, à condition que la qualité soit au rendez-vous.

Si tous les chanteurs se retrouvent le temps de deux titres, sur le reste de l’album les morceaux ne mettent en valeur qu’un chanteur à la fois. Idée intéressante, les ambiances changent selon les chanteurs et celles-ci sont en accord avec l’idée qu’on se fait d’eux. Gary Barden nous chante des titres Hard Rock à l’ancienne, Graham Bonnet des morceaux rappelant le néo-classique, Doogie White tire plus vers le Heavy Metal. Un seul nous surprend, Robin McAuley qui délaisse le Hard Rock pour nous amener vers un Hard ’n’ Heavy plutôt speed. Avouons-le ces essais ne m’ont pas convaincus. Attention, ce ne sont pas les capacités vocales du chanteur qui sont en causes, l’homme se débrouille plutôt bien, mais sans pierre philosophale, même quand on a la voix de McAuley, on ne transforme pas le plomb en or. « Heart & Soul » est d’un ennui profond qui n’est vaguement sauvé que par les solos de Schneker et de Kirk Hammett (mais même là les deux hommes ont fait bien mieux par le passé). Ted McKenna est un batteur de Hard Rock et non pas de Heavy Metal, et si on peut reconnaître qu’il a un sérieux coup de pédale pour son âge, le tout est bien trop mécanique au point qu’on se demande si on n’a pas programmé une boîte à rythme. Ni la mélodie des couplets ni le refrain ne viennent à l’aide au morceau. Quant à la production, elle manque clairement de puissance tandis que tous les instruments sont compressés les uns sur les autres. Ce dernier point sera hélas présent sur tout le disque. « Time Knows When It’s Time », l’autre titre avec McAuley est dans le même style. La ligne de chant est un peu plus intéressante, mais la musique reste aussi ennuyeux. On a l’impression d’entendre un groupe de Speed mélodique de seconde zone et pas un des géants du Hard Rock allemand.

Du coup, on préfèrera écouter Gary Barden sur l’entraînant « Messin’ Around » qui sorti à la grande époque (et avec une meilleure production) aurait pu devenir un hit du MSG des débuts, Graham Bonnet sur « Night Moods » qui semble venir tout droit d’un (bon) album de Rainbow et où on a le plaisir de constater que le chanteur n’est plus aussi criard qu’avant, et surtout Doogie White qui à ma grande surprise est le gagnant de ce disque. Il a des intonations à la Glenn Hughes sur l’excellent « The Girl With The Stars In Her Eyes » (la grande réussite du disque avec les deux titres précédemment cités), à la Gillan sur « Take Me To Church », un titre Heavy Mélodique plutôt convaincant avec un bon refrain, entre les deux sur « Anchors Away » qui ne pourra que vous faire chanter en choeur. Faut-il voir un hasard si Schenker lui a fait chanter trois des meilleurs morceaux de l’album ?

Le second titre avec Bonnet, « Everest », sans atteindre des sommets (forcément…) n’est pas désagréable et le jeu de McKenna, quoique à nouveau speed, gène moins. L’instrumental « Salvation » ne marquera pas l’esprit. Ce type d’exercice n’a jamais été le point fort de Schenker, mais celui-ci est clairement de trop, malgré un côté joyeux à la Satriani. Le son du guitariste n’est d’ailleurs pas terrible: ici (comme sur d’autres titres), on a l’impression que sa guitare est désaccordée (trop d’effet chorus ?). « Livin’ A Life Worth Livin’ » ne séduit pas plus avec un Gary Barden qu’on sent un peu à bout de souffle et un ensemble qui peine à démarrer. Il me reste à parler des deux titres ‘chorals’. « Warrior » et son côté très Maiden est incontestablement réussi. Chaque chanteur se montre à son avantage et cela permet de retrouver avec plus de plaisir un Robin McAuley très en forme. S’il est surprenant d’entendre Schenker et ses complices dans ce créneau, il faut avouer que ça fonctionne avec en plus un refrain très enthousiasmant. Plus mélodique, « The Last Supper » n’en est pas moins convaincant, particulièrement lors du refrain. A nouveau, McAuley se taille la part du lion, mais les autres ne sont pas en reste.

Au final, malgré le fait qu’il y ait plus de titres qui me plaisent que de titres moyens, je ne peux m’empêcher d’avoir une impression mitigée. Celle-ci est probablement due en grande partie à une production insuffisante qui empêche chaque titre de prendre son envol autant qu’ils auraient pu. A mon incompréhension aussi d’entendre Robin McAuley interpréter deux titres qui ne conviennent ni à lui ni au groupe. Au final, il est probable que l’album marque peu sur la duré au delà de son aspect évènementiel, alors que paradoxalement plusieurs titres présents ici auraient pu devenir des classiques s’ils étaient sortis durant l’époque de gloire du groupe et de ses chanteurs.

Tracklist:
1. Heart And Soul  (ft. Kirk Hammett)
2. Warrior
3. Take Me To The Church
4. Night Moods
5. The Girl With The Stars In Her Eyes
6. Everest
7. Messin’ Around
8. Time Knows When It’s Time
9. Anchors Away
10. Salvation
11. Livin’ A Life Worth Livin’
12. The Last Supper

Musiciens:
Michael Schenker: Guitare
Gary Barden: Chant (2, 7, 11, 12)
Graham Bonnet: Chant (2, 4, 6, 12)
Robin McAuley: Chant (1, 2, 8, 12)
Doogie White: Chant (2, 3, 5, 9, 12)
Chris Glen: Basse
Steve Mann: Guitare et claviers
Ted McKenna: Batterie

Producteur: Michael Voss-Schoen

 

Publicités