OVERWHELM est un groupe italien qui traine ses guibolles depuis 2011. Officiant en tant que trio, ce groupe vient d’un bled appelé Sestri Levante, situé à quelques kilomètres de Gênes, et possède déjà une petite expérience puisqu’il a sorti ses 2 premiers albums en 2017 (avec un album éponyme) et en 2020 (avec In The Dark… We Trust!).

Le Do It Yourself, ces italiens-là connaissent puisqu’ils ont toujours sorti leurs albums sans être signés sur une maison de disque. Et ils sont toujours sans label au moment où ils sortent le 31 octobre 2022 leur 3ème album studio qui a pour titre Scary Tales.

Si les 2 précédents albums d’OVERWHELM avaient des pochettes plutôt mal fichues, pas recherchées, il faut en revanche admettre que l’artwork de Scary Tales a été nettement mieux travaillé et s’avère plus attirant à vue d’oeil. A l’écoute de cet album, le trio italien se positionne dans une mouvance Heavy/Thrash et les plus fins observateurs sauront reconnaitre les influences de MEGADETH, CELTIC FROST, voire DANZIG. Le vocaliste (un certain Roberto Belli) évoque même par instants Dave Mustaine, mais avec un accent italien. Comme tant d’autres albums aussi bien Thrash que Heavy, Scary Tales commence par une intro: « Initiation » est cependant un poil plus recherché puisque cette intro calme et mélodique est enrobée ici d’un chant modéré, plaintif. Ensuite, le groupe délivre un Heavy/Thrash de facture somme toute classique, mais l’album est surtout axé sur les mid-tempos. Parmi eux, « Lonely Again » fait écho au MEGADETH de la première moitié des 90’s et si ce titre n’est pas original, il reste sympathique d’autant que ça bastonne davantage dans le final, notamment sur les solos, « Scary Tales, sorte de croisement improbable entre MEGADETH et DANZIG, est hargneux tout en réussissant à être catchy, accessible et tient la route, appuyé notamment par une basse ronflante, ainsi qu’une brève accélération foudroyante impromptue juste avant et pendant le solo de guitare. Par contre, le sombre « All I Want » s’avère redondant avec son refrain téléphoné et tourne en rond. 2 titres plus travaillés, qui s’étirent plus ou moins sur 6 minutes, sont également au programme. Si « Unpunished », appuyé par une rythmique marteau-piqueur, « The Room » le fait davantage avec son intro à la fois mélodique, flippante et lugubre, digne d’un film d’horreur, suivie de passages parlés, le tout pendant 2 bonnes minutes, puis lorsque les musiciens enchainent en balançant un Heavy féroce qui fait headbanguer avec des riffs et une batterie qui matraquent. L’instrumental « The Dawn », qui évolue sur un tempo moyen, se découpe en 2 parties: la première est calme, tandis que la seconde est plus Heavy avec, en prime, un beau solo de guitare pleurant et l’ensemble a une approche progressive qui contribue à le rendre intéressant. « At Night They Come » est plus résolument dans le Thrash classique et, dans le genre, se situe dans la moyenne avec tous les ingrédients en place, pas davantage. L’album contient un bonus-track, « Sempre Avanti », un morceau Heavy/Thrash qui a la particularité d’être chanté en italien, joue sur le contraste inattendu entre refrain calme, limite aérien et couplets plus foncièrement agressifs et le rendu est assez étrange, bizarre.

Il n’y a pas de surprise majeure sur ce Scary Tales. Cet album rend hommage à la scène Heavy des 80’s/début 90’s et s’il n’a rien de fantastique, il reste dans les limites du tolérable grâce au métier des musiciens qui se connaissent bien, sont soudés entre eux et ont fait suffisamment preuve de professionnalisme pour que l’ensemble soit acceptable. Ceci étant posé, cet album a le défaut d’être trop homogène, monolithique et un peu plus de diversité aurait pu éventuellement le tirer vers le haut. Bref, ce n’est pas le disque de l’année 2022, mais il y a des tas d’albums plus fades, plus médiocres que celui-là.

Tracklist:
1. Initiation
2. Unpunished
3. Scary Tales
4. All I Want
5. Lonely Again
6. Possession
7.At Night They Come
8. The Room
9. The Dawn
10. Sempre Avanti [Bonus-Track]

Line-up:
Roberto Belli (chant, guitare)
Gianluca Eroico (basse)
Francesco Vaccarezza (batterie)

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