Putain sept ans comme disait la marionnette de Chirac dans les guignols de l’info. Sept ans que Def Leppard n’avait rien sorti de neuf, une éternité pour les fans du groupe. Mais il était dit que cette année 2022 marquerait le retour des légendes animalières du hard rock. Ainsi après Scorpions voilà que le léopard sourd y va de son retour avec Diamond Star Halos. Pour la petite info presque inutile, sachez que le nom de l’album est inspiré par le fabuleux « Get It On » des T-Rex. En général quand je m’attaque à des groupes comme Def Leppard, j’essaie d’oublier que ce sont les mêmes musiciens qui nous ont pondu des perles comme Pyromania, Hysteria ou High’n’Dry. Je serais forcément déçu du résultat final. Donc j’essaie d’aborder ce pavé comme si c’était le premier album d’un groupe débutant.

J’essaie mais c’est quasiment mission impossible tant ce disque semble être un résumé de la carrière du groupe de Sheffield. Les quinze titres de cette galette me renvoient tous aux précédents efforts du groupe. C’est ainsi que « Take What You Want » le premier titre semble etre un croisement entre glam seventies et le hard mélodique typé année 80 alors que le single « Kick » me renvoie furieusement vers l’âge doré de Pyromania. Deux premiers titres qui ne manquent pas d’énergie avec des musicos qui envoient la purée sous haute pression. En même temps quand vous voyez la section rythmique et le duo de guitariste, comment peut-il en être autrement? Joe Elliott a un peu perdu au niveau de la voix mais il a encore de beaux restes. On oscille entre Pyromania et Hysteria sur le tonique « Fire It Up ». Le refrain est énorme, la rythmique monstrueuse et les guitares acérées. Rien à faire le Léopard Sourd est bien de retour et il compte bien bouffer quelques jeunes gazelles au passage. Le défaut de Def Leppard sur les derniers albums était d’abuser des ballades mielleuses à souhait et bingo voilà la première ballade qui débarque avec « This Guitar ». C’est le premier duo avec Alison Kraus de ce disque et tout à fait entre nous ça tient la route. Le groupe a fait mieux dans sa carrière mais surtout il a fait pire donc je ne vais pas me plaindre. On repart de l’avant avec « SOS Emergency » mais rassurez vous ce ne sont pas les musiciens qui sont dans l’ambulance. Ils sont bien en forme et le moins que l’on puisse dire c’est que ça envoie du bois. La mélodie est énorme, le refrain est redoutable bref c’est du Def Lep.

Si jusqu’à présent je suis plutot satisfait des premiers titres, je tombe en apoplexie avec « Liquid Dust ». Une mélodie délicieusement seventies, des riffs aux saveurs orientales et toujours un putain de refrain accrocheur et voilà comment obtenir un des sommets de cet album. Difficile de passer après un tel titre mais « U Rok Mi » y parvient aisément en grande partie grâce à une rythmique énormissime. C’est simple j’en ai encore tous les poils en érection tant la basse de Rick Savage gronde et groove comme une damnée. Quand j’ai vu le titre je me suis demandé quels champignons ils avaient bouffé mais le ridicule de l’intitulé de la chanson est vite oublié devant sa qualité musicale. Dommage que « Goodbye For Good This Time » est son coté larmoyant ne vienne couper la dynamique. Def Leppard retombe dans ses travers mais qu’est ce que vous voulez, on ne se refait pas surtout quand on a quarante ans de carrière.  » All We Need » me fait penser aux dernières productions du groupe. Non pas que ça soit mauvais mais ce n’est pas vraiment le def lep que j’aime le plus. « Open Your Eyes » me laisse lui aussi sur ma faim et seule la prestation de Rick Savage me sauve d’un ennui mortel. Oui la mélodie est sympa et oui aussi le refrain est efficace mais qu’est que c’est mou! On retrouve enfin un léopard en verve avec le tonique « Gimme A Kiss ». On retrouve sur ce titre le groupe joueur des premiers albums et c’est franchement vivifiant.  » Angels » est d’un ennui mortel et comme le dit si bien Joe Elliott dans la chanson je m’endors profondément jusqu’à ce qu’un superbe solo de guitare me sorte de ma torpeur. « Lifeless » est du même acabit que « Angels » et seul le beau duo avec Alison Krauss sauve cette chanson du naufrage. « Unbreakable » relève le niveau et « From Here To Eternity » le titre final pouvait parfaitement évité. Non les gars vous vous trompez, vous ne serez pas éternels si vous vous obstinez à nous pondre des banalités de ce genre.

Diamond Star Halos est le genre de disque qui me laisse le cul entre deux chaises. Une grande partie de l’album est de haute qualité mais quelques accidents industriels viennent gâcher les retrouvailles ….

Titres:
1. Take What You Want
2. Kick
3. Fire It Up
4. This Guitar (featuring Alison Krauss)
5. SOS Emergency
6. Liquid Dust
7. U Rok Mi
8. Goodbye For Good This Time
9. All We Need
10. Open Your Eyes
11. Gimme A Kiss
12. Angels
13. Lifeless (featuring Alison Krauss)
14. Unbreakable
15. From Here To Eternity

Musiciens:
Joe Elliott – chant, guitare (8, 12, 14)
Phil Collen – guitare (1-7, 9-15), choeur (1)
Vivian Campbell – guitare, choeur (1)
Rick Savage – basse , guitare (1-3, 15), chœurs (1)
Rick Allen – batterie
+
Debbi Blackwell-Cook – chœurs (2, 3, 11, 12)
Dave Bassett – chœurs (2, 3)
Alison Krauss – chant principal (4, 13)
Mike Garson – piano (8, 12)

Mercury Records

Publicité