Que n’a t’on pas entendu ou lu sur Scorpions. Ils sont vieux et usés, ils sont morts depuis le départ de Roth ou leurs derniers disques sont mollassons. Je reconnais que j’ai eu un doute quand j’ai su que c’était Michael Ibert plus connu pour son travail avec Taylor Swift ou Katy Perry que pour sa passion pour le hard rock qui se charge du mixage final. Les premiers singles se sont chargés de me rassurer et autant vous le dire de suite, ce dix-neuvième opus Rock Believer ne fait que confirmer que les arachnides teutons ont le dard toujours aussi agile.

On oublie la pochette pas vraiment réussie pour se prendre le viril « Gas in the Tank » en pleine face. Le duo Jabs/Schencker fait mouche dès les premiers riffs, la rythmique est en béton armé et surtout Klaus Meine n’a vraiment rien perdu de sa superbe. L’âge et les soucis de santé n’ont vraiment eu aucune incidence sur une voix qui semble immortelle. Ajoutez à ça une mélodie cousue de fil d’or et un refrain hautement accrocheur et vous obtenez un superbe premier titre. Les vétérans allemands avaient ces derniers temps l’habitude d’alterner morceaux rapides et Mid-tempo pêchu. Oubliez cette habitude car « Roots in My Boots » est un véritable brulot qui nous ramène à la période dorée du groupe. On retrouve un peu l’esprit Black Out dans ce titre et tout à fait entre nous je suis pas loin de prendre mon pied. « Knock ’em Dead » se fait moins vif ce qui n’empêche pas le duo de guitaristes de nous régaler les tympans à grand coups de riffs et solos et la rythmique avec un Mikkey Dee des grands jours de nos en donner pour notre argent. Un des premiers singles choisis par le groupe arrive avec « Rock Belevier ». C’est un excellent mid-tempo doté d’un refrain hors pair et d’une mélodie plus que réussie. Cette chanson nous permet de reprendre notre souffle avant de replonger en 1979 quand Scorpions nous envoyait à la figure un titre hard rock aux sonorités reggae. C’était un régal et ça l’est toujours. Je défie d’ailleurs quiconque de résister au solo de guitare à mi- titre…

« Seventh Sun » se fait lourd très lourd et c’est du en grande partie du au jeu de Mikkey Dee dont l’arrivée a fait le plus grand bien aux allemands. « Hot And Cold » repart sur des bases virevoltantes et tout à fait entre nous il est beaucoup plus chaud que froid. « When I Lay My Bones to Rest » est un rock plus que tonique. Ecouter ce titre est comparable à la sensation que vous auriez si vous vous lanciez sur une autoroute allemande au volant d’une Porsche. Le premier riff vous colle au fauteuil et vous ne parviendrez à reprendre votre souffle qu’une fois le moteur arrêté. Ce n’est peut-être pas le titre le plus pointu de cet album mais quelle pêche! « Peacemaker » reste sur le même tempo alors que « Call Of The Wild » se fait lui un peu plus pesant. « When You Know (Where You Come From) » est la seule ballade de cet album. C’est un titre assez convenu qui n’arrives pas à la cheville de titres comme « Hollyday », « When The Smoke is Going Down » ou autre « Wind of Change ». C’est mignon tout plein mais Scorpions a fait beaucoup mieux. La version Deluxe nous offre cinq titres bonus dont l’excellent « Shoot for Your Heart ». « When Tomorrow Comes » nous ramène dans les années 70 et « Unleash the Beast » prend des allures psychédéliques. « Crossing Borders » se laisse écouter sans peine et « When You Know (Where You Come From) » est la version acoustique de la version album. Cette version est d’ailleurs plus réussie que l’originale.

En bref, Rock Believer nous prouve une fois de plus que le Scorpion est vraiment un animal indestructible. C’est un très bon album qui replace nos teutons tout en haut de l’échelle et je ne peux que vous le conseiller.
Ma note : 4,5/5

Titres:
1. Gas in the Tank
2. Roots in My Boots
3. Knock ’em Dead
4. Rock Believer
5. Shining of Your Soul
6. Seventh Sun
7. Hot and Cold
8. When I Lay My Bones to Rest
9. Peacemaker
10. Call of the Wild
11. When You Know (Where You Come From)
12. Shoot for Your Heart (bonus)
13. When Tomorrow Comes (bonus)
14. Unleash the Beast (bonus)
15. Crossing Borders (bonus)
16. When You Know (Where You Come From) (bonus)

Musiciens:
Rudolf Schenker — guitare
Klaus Meine — chant
Matthias Jabs — guitare
Mikkey Dee — batterie
Paweł Mąciwoda — basse

Vertigo