Et un de plus ! Un autre membre de Marillion à tenter une aventure solo. Après Pete Trewavas (membre du réputé groupe Transatlantic avec Neal Morse et Steve Portnoy), Steve Rothery et son groupe The wishing tree et H pour Steve Hogarth, Mark Kelly franchit le pas et sort un album sous le nom de Mark Kelly’s marathon, nom peut-être inspiré par son amour du running ? Entouré d’un membre de sa famille (son neveu à la basse) et de musiciens expérimentés sans CV remarquable, Mark n’a pas joué la carte du super groupe mais plutôt celle du side project fun et récréatif. Attention, ça ne veut pas dire amateurisme, Mark Kelly en serait bien incapable quand on connaît le coté méticuleux du bonhomme.

Pas de mystère, Mark joue toujours les claviers et reste dans le monde du rock progressif auquel il a tant contribué. Pour autant, il ne tombe pas dans le piège d’un album solo qui serait trop proche de Marillion. Qu’en est-il alors ?

« Amelia » sorti en avant prémière aligne 18 minutes soit quasiment la moitié de l’album… La première chose qui m’as surprise c’est le timbre du chanteur plutôt grave, limite éraillée, assez diffèrent de l’archétype de chanteur prog. De par cet aspect rocailleux, la voix de Ollie me rappelle celle de Ray Wilson sur l’album « calling all station » (album trop calme à mon gout mais qui recèle quelques bons moments de bravoure). La comparaison avec cet album n’est d’ailleurs pas complètement dénué de sens avec cette mise en avant des claviers et la voix légèrement en retrait.

« When I fell » comporte 2 paries: une première qui est une ballade assez classique et la seconde moitié instrumentale qui laisse la part belle à Mark.

« This time » est la respiration plus pop de l’album presque radio friendly à la Genesis là encore..

Puppets est un morceau assez typique du genre, avec une première partie calme et planante , une partie centrale instrumentale qui s’emballe et une dernière partie qui reprend le thème principal pour un final tout en lead guitare. Un titre pas immédiatement apprivoisé mais qui grandit au fil des écoutes. On est assez proche d’un groupe comme Arena.

Enfin le dernier titre port haut les couleurs du rock progressif: coupé en 4 sous parties reprend les marqueurs du genre et la structure du premier titre. Une intro qui nous plonge dans l’espace et dans le futur ( en 2051 à en croire le titre) à la Ayreon, puis le coeur de cette suite avec un chant tout en crescendo. La partie 3 est plus sombre et « dramatique », ce qui naturellement amène un final plus lumineux et enjoué qui permet de conclure ce marathon de 45 minutes sur une bouffée d’optimisme.

45 minutes de musique classe, non prétentieuse et envoutante qui nous permet de découvrir encore davantage le talent de Mark. Amateurs de prog, n’hésitez pas, vous ne pouvez pas vous tromper avec un tel artiste aux commandes !

Titres:
1. Amelia (I) Shoreline
2. Amelia (II) Whistling at the Sea
3. Amelia (III) 13 Bones
4. When I Fell
5. This Time
6. Puppets
7. Twenty Fifty One (I) Search
8. Twenty Fifty One (II) Arrival
9. Twenty Fifty One (III) Trail of Tears
10. Twenty Fifty One (IV) Brief History

Musiciens:
Mark Kelly – Claviers
Ollie Smith – Chant
Conal Kelly – Basse
Guy Vickers – Guitares