Formé en 1968 sur les cendres encore chaudes du groupe The Shadettes, Nazareth restera dans l’inconscient collectif comme étant un des nombreux second couteaux de la scène Hard des années 70 britannique. Pourtant les scots n’ont jamais démérité en proposant des albums de très grande qualité.

En tout cas les débuts furent difficiles, il leur fallu 3 ans pour être enfin signés et avoir leur premier album proposé sur le marché. Nazareth, dont le nom de groupe est tiré d’un vers d’une chanson de The Band, proposera donc un premier effort plutôt prometteur sans pour autant se démarquer de la concurrence déjà sévère avec les mammouths que sont Led Zep, Deep Purple, Black Sabbath et dans une moindre mesure Uriah Heep.

On sent alors que les Ecossais sont plein d’enthousiasme mais manquent un peu de cohérence. En effet, le premier titre « Witch Doctor Woman » est sans doute la chanson qui sera alors le mettre étalon de leur future carrière. Ce bon hard rock propose déjà la formule qui sera proposée avec brio tout au long des années 70’s. Ce riff musclé porté par la voix éraillée de McCafferty lance les hostilités sur une note efficace. « Dear John » est une chanson blues rock séduisante dans les canons de l’époque. « Empty Arms, Empty Hearts » sonne très 70’s avec ses sonorités de guitare et son chant. Un titre qui aurait pu être sur un album de Uriah Heep, le côté progressif et alambiqué en moins. Quoiqu’il en soit, le titre s’écoute avec plaisir. 

Puis vint ensuite une succession de titres plus pop rock flirtant avec le prog. « I Had A Dream » est une ballade un peu tristoune un peu dans la lignée d’un « Rain And Tears » des grecs d’Aprodite’s Child. « Red Light Lady » est plus rock dans l’esprit. Ici McCafferty reprend son timbre rugueux qu’il avait délaissé depuis « Witchdoctor Woman », hélas la seconde partie est plus expérimentale et n’apporte pas forcement grande chose au titre. Sans aurait il fallu développer davantage la première partie. « Fat Man » est empli d’effets sur la voix. Certes le groupe reproduit bien une certaine impression de lourdeur mais le morceau est aussi ennuyeux que laisse présager le titre. « Country Girl » est une ballade pop flirtant un peu avec la country. C’est sans doute le morceau le moins réussi du disque. Par contre avec « Morning Dew » Nazareth nous propose ce qui sera sa première reprise, une grande spécialité du combo. Tim Rose interprétait très bien sa composition mais Nazareth a ici su lui donner une bonne plus value avec ce long démarrage porté par la basse  d’Agnew. Le chant se fait d’ailleurs de plus en plus précis et rugueux d’ailleurs. Un titre qui mériterait d’être redécouvert tant il est bien interprété et aussi, disons le, aux antipodes du Nazareth que l’on connaît tous. « The King Is Dead » est lui aussi un morceau qui dénote dans la discographie des écossais. Cette ballade, un brin épique, portée par une section de cuivres est une belle réussite musicale. Enfin la réédition contenait en sus le single « Friends ». Ce morceau pop rock acoustique porté par un piano et inspiré par les Kinks est une production correcte pour l’époque. Correct mais insuffisant face aux ténors pop rock du début des années 70.

Sans être extraordinaire, ce premier album de Nazareth reste plaisant à écouter. On sent cependant que le groupe ne savait pas encore vers quelle direction musicale se diriger. 

Tracklisting:
1. Witchdoctor Woman
2. Dear John
3. Empty Arms, Empty Heart
4. I Had A Dream
5. Red Light Lady
6. Fat Man
7. Country Girl
8. Morning Dew
9. The King Is Dead
10. Friends 

Musiciens:
Dan Mccafferty (chant)
Manny Charlton (guitare)
Pete Agnew (basse)
Darrell Sweet (batterie)

Producteur: David Hitchcock

Label: Pegasus