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Fondé en 2013 à Grenoble, après un EP, Rock Non Stop, Archange sort son premier album Flashback chez Mighty Records en Août 2017, bien nommé puisque dans un style Hard Rock/ Hard FM ancré dans les années 80 et plutôt bien accueilli par les médias spécialisés et le public. Il faut dire que les musiciens n’en sont pas à leur coup d’essai puisqu’ils ont tous roulé leur bosse au sein de diverses formations et tournent depuis cinq ans aux côtés de pointures Hard Rock/Metal telles que Tim Ripper Owens, Laura Cox, The Order, Jaded Heart, Vinny Appice ou encore Mob Rules, avouez qu’il y a pire comme carte de visite.

Trois ans plus tard, les français reviennent avec Empire qui sort en autoproduction, et avec  quelques changements à la clé.
Dan Pallas est remplacé au chant par Wince Wraths et JC Di Bravo par Arnaud Court à la basse. Par ailleurs le groupe passe de quatre membres à cinq avec Paco Francisco Peiro comme second guitariste. Mais la principale évolution et pas des moindres est un virage musical puisque le combo quitte les années 80 pour proposer une galette toujours aussi mélodique mais résolument moderne représentée par une jolie pochette signée Anthony Dura.

Ainsi  les irréductibles des eighties qui espéraient retrouver un deuxième opus de même calibre que Flashback pourraient être déçus. En revanche ceux qui comme moi apprécient la bonne musique quelle que soit l’époque, servie par d’excellents interprètes seront convaincus par cette deuxième galette.

Alors rien de nouveau sous le soleil avec Empire, on navigue dans des eaux déjà explorées par d’autres mais dès que « Smile » retentit on se dit que si tout est du même tonneau on risque de passer un  joli moment. Un hit en puissance avec de bons gros riffs de guitare, beaucoup de groove et un refrain enlevé, suivi d’un « Schizophrenic » nerveux à souhait comme son nom l’indique, aux arrangements modernes discrets mais révélateurs de la transition opérée par Archange.

A mesure que s’égrènent les pistes plusieurs noms me viennent à l’esprit, plus spécialement sur certains morceaux tels que les deux premiers mais aussi « UnderTreatment » par exemple : en premier lieu, Alter Bridge voire Creed, et d’ailleurs Wince Wraths a un petit quelque chose de Myles Kennedy dans la voix, au niveau des intonations surtout. On pense aussi un peu à Disturbed ou encore Shinedown et Godsmack dans une moindre mesure. Je dirais que la musique d’Archange se rapproche de celle des groupes américains actuels qui œuvrent dans le  Hard Rock / Metal Alternatif mais en moins rageuse tout de même.
Laurent Rabatel et Paco Francisco Peiro sont à la fête, leurs guitares omniprésentes, les riffs sont généralement lourds et agressifs (« From the Dead », « Autopsy ») mais  tempérés par de nombreux soli tantôt aériens et plus légers  (« Schizophrenic », « From The Dead »), tantôt enjoués et lumineux ce qui donne un souffle d’air à des compositions plutôt massives.
Mais, et c’est l’atout majeur de l’album, le tout est vraiment très mélodique, composé de manière à accrocher immédiatement l’oreille de l’auditeur avec des refrains toujours percutants et souvent fédérateurs tels que celui d’ « Empire » avec ses Ho Ho qui devraient faire leur petit effet en live. Ce morceau très groovy et typiquement à l’américaine est assez gai, contrastant avec les morceaux évoqués précédemment, tout comme le sont « Absolution » ou encore « OverNight » puissant mais avec un aspect un peu funky.
L’ exercice de la reprise n’est pas toujours simple et ceux qui le pratiquent se plantent parfois royalement, mais pour Archange c’est réussi haut la main avec « Crazy » de Seal. La sauce Metal, passe ici comme une lettre à la poste car elle ne trahit pas  l’originale tout en lui donnant suffisamment de piquant pour en rehausser la saveur.

En fait, je n’arrive pas à trouver de point faible dans ces dix chansons qui s’enchainent dans une belle homogénéité, sans temps mort et portées par des musiciens hyper talentueux et une mise en son du feu de Dieu! La production en béton armé assurée par Patrick Liotard est optimum et correspond tout à fait au style de l’album : puissante, moderne, musclée. Le mixage est aux petits oignons laissant chaque musicien s’exprimer à son aise sans empiéter sur le territoire de l’autre. Ainsi la section rythmique bénéficie d’un rendu à toute épreuve donnant beaucoup d’ampleur à la batterie de David Amore qui ne ménage pas sa frappe sur tout l’opus, accompagnée par la basse d’ Arnaud Court dont les notes chaleureuses sont superbement mises en valeur sur chaque morceau. Wince Wraths quant à lui, est un excellent vocaliste qui se promène sur les titres sans forcer le ton, sachant varier son chant de belle manière, tour à tout puissant et hargneux ou plus en retenue et posé comme sur la jolie ballade « Back in Time ».

Bref rien à jeter sur ce deuxième effort d’Archange. Un album vraiment bien foutu, une musique jouée avec conviction et talent. Pour ma part j’adhère et espère qu’un troisième opus verra le jour.

Tracklisting :

1. Smile
2. Schizophrenic
3. OverNight
4. From the Dead
5. Empire
6. Absolution
7. Crazy (Seal Cover)
8. UnderTreatment
9. Back in Time
10. Autopsy

Musiciens :

Wince Wraths – Chant
Laurent Rabatel – Guitares, chœurs
Paco Francisco Peiro – Guitares
Arnaud Court – Basse
David Amore – Drums, chœurs

Production : Patrick Liotard

Label : Autoproduction

Date de sortie : 24 juin 2020