AdagioEn ces temps reculés où les dinosaures et autres hommes des cavernes sévissaient en ce bas monde (nous sommes en 2001) un genre musical complètement à part, faisant la part belle à la virtuosité instrumentale et s’inspirant avec plus ou moins de réussite de la musique classique, surfait encore sur la vague bien maigrelette des vielles gloires d’antan. Le Heavy métal Néo-classique !!!! Tadaaaaaaaaannnn. (Trompette, clairons et tout et tout..) . Monté par un frenchie féru de musique baroque, de métal et surtout guitariste de grand talent Stéphan FORTE va monter ADAGIO avec l’aide de son ami bassiste Franck Hermany. Les deux protagonistes sortent du célèbre MAI de Nancy grande école de musique renommée en Europe, et en ont sacrément sous la godasse .

Pour se faire ils vont recruter rien de moins que la crème du genre du moment, a savoir David Readman au chant (Pink Cream 69) Dirk Bruinenberg (Elegy) à la batterie et Richard Anderson (Majestic) aux claviers. Un super groupe international qui va accoucher d’un album absolument majestueux. Tapant littéralement dans la fourmilière pour en reposer avec une fraîcheur incroyable, les bases d’un genre qui se mordait franchement la queue depuis un moment. Car en dehors d’un Symphony X très solide qui laissait loin la concurrence derrière , et d’un certains Suédois maître du genre qui sortait des albums moins inspirés (et surtout en fonction de ses humeurs) …. on se demandait légitimement comment ce style allait renaître de ces foutues cendres. Bref après l’état des lieux, parlons peu parlons bien et surtout parlons de ce SANCTUS IGNIS de haute volée..

Car si Maitre Malmsteen se cantonnait souvent à des démonstrations Parfois stériles et occupait l’espace en demandant « gentiment » (hum..) à ses zicos de bien vouloir rester en retrait, Stéphane FORTE bien que principal maître d’œuvre de cette galette, à laissé le talent de chacun s’exprimer au profit d’une vrai cohésion instrumentale de groupe. Premier point fort. Ensuite, et c’est la la puissance de cet album, le soin titanesque apportée aux arrangements de musique classique est époustouflant. C’est bien simple ils se taillent la part belle en s’intégrant parfaitement dans chacun des titres se greffant avec brio Sur le style métal et lui donnant même une force majestueuse et raffiné … SI un groupe un seul, pouvait se vanter de faire du métal néo-classique et d’en glorifier l’appellation, c’est bien ADAGIO. On croirait à chaque morceaux que l’on se trouve au milieu d’un orchestre symphonique jouant une véritable musique de film.

Il suffit pourtant de poser une oreille sur le sublime « In Nomine » son introduction typiquement classique néo-baroque à vous donner le frisson, avec un break instrumental de toute beauté. Commencez par écouter ce morceau et vous aurez compris mon propos. La symbiose parfaite … c’est la musique classique et ces orchestrations qui dicte aux musiciens de l’accompagner et d’en jouer toute les tessitures. Du grand art !!!

« Second Sign » en intro vous dévoilera un coté progressif très marquant tout au long de l’album et vous met directement dans l’ambiance par ces claviers incandescent, gageure que l’on retrouvera également sur les excellentissimes « Order of Enlil » morceau purement instrumental à multiple tiroir progressif ainsi que sur « The stringless violin ». Le très speedé « The inner road » ou le titre éponyme « Sanctus Ignis » sont ici les plus parfait représentant métal néo-classique de l’album , des morceaux de bravoures dans la plus pure tradition du genre. Tandis que le sulfureux « Panem et circenses » offre un tourbillons de progressions instrumentales faisant la part aux claviers de maître Anderson. Soulignons cet excellent musicien qui brille de mille feux au côté de maître FORTE pour des battles guitares/claviers prodigieuses et complémentaires tout du long des 9 morceaux de l’album. Tout Comme les autres acolytes d’ailleurs David Readman en tête, le monstre venant pourtant du hard rock (Le très bon Pink Cream 69) fait étalage de parties de chant ultra carré et bien senties, sachant parfaitement et intelligemment doser sa puissance vocale .

Kirsch on the cake, la reprise instrumentale de « Immigrant song » de Led Zeppelin , trés personnelle et décalé par rapport à l’ Œuvre originelle, mais totalement réussie.

Qu’ Il est bon à une époque où la qualité artistique ambiante et générale se mue souvent dans des grossièretés sans âmes et sans finesses aucune, de réécouter ce genre d’album qui fait échos en vous tant par sa qualité intrinsèque que sa versatilité instrumentale…ADAGIO à frappé fort et marqué au fer rouge la musique tout court au propre comme au figuré, et c’est la un moindre mal. Le groupe sortira d’autres excellents opus comme le magnifique Underworld. Mais malgré une grande qualité de composition constante, s’éloignera Quelque peu du propos originel mais toujours avec talent. On regrettera cependant que l’aventure ait pris fin en 2009. Gageons qu’un jour Maître Forte qui poursuit depuis une carrière solo, reprenne le flambeau pour notre plus grand plaisir.

Tracklisting:
01.Second sign
02.The inner road
03.In Nomine
04.The Stringless Violin
05.The Seven land of sin
06.Order of enlil
07.Sanctus Ignis
08.Panem et circences
09.Immigrant song

Musiciens:
David Readman (chant)
Stéphan Forte (guitare)
Franck Hermany (basse)
Dirk Bruinenberg (batterie)
Richard Anderson (claviers)

Producteur: Dennis Ward

Label: NTS

https://www.youtube.com/watch?v=jA_1LLFQMmg