CRASHDIET-rust-COVER-HIOn prend les mêmes et on recommence. Ah non? Le chanteur s’est encore barré?
Avec Crashdïet ça devient un peu la routine, les chanteurs ne restent pas, c’est une malédiction.
Effectivement après avoir fait deux albums avec le groupe, Generation Wild (2010) et The Savage Playground (2013), Simon Cruz qui succédait à H. Olliver Twisted (The Unattractive Revolution, 2007), lui même venant après Dave Lepard (Rest in Sleaze, 2005) qui s’est donné la mort en janvier 2006, a décidé à son tour de jeter l’éponge en pleine mini tournée au Japon. Rentré en Suède, pour des raisons personnelles, il laisse ses copains dans la mouise et à nouveau sans frontman.
Qu’à cela ne tienne, Martin Sweet, Peter London et Eric Young ne se découragent pas pour autant, ils ont l’habitude maintenant, et en décembre 2017, le tout jeune Gabriel Keyes vient rejoindre les rangs des suédois. Et si les trois musiciens ont du mal à garder leurs vocalistes, il faut leur reconnaître qu’ils savent les trouver car à nouveau, ils ont eu du nez. On espère que cette fois est la bonne car Gabriel remplit le cahier des charges comme il se doit faisant de Rust un album qui tient vraiment la route. Il faut dire que six années le sépare du précédent, temps mis à profit pour le peaufiner.

Avec un timbre de voix légèrement éraillé, assez haut perché comme le veut le style Sleaze/Glam que pratique le combo, Keyes se rapproche de ses prédécesseurs. Il est toutefois plus posé et même s’il apporte la hargne nécessaire aux compositions, son chant paraît moins forcé, peut être un peu plus naturel et similaire à celui du regretté Dave Lepard.

Rust est admirablement servi par une production en béton armé aux arrangements soignés assurée par Marin Sweet, sauf pour « We Are The Legion » et « Waiting For Your Love » produits respectivement par Eric Bazilian (il se charge également des claviers) et Chris Laney qui en outre assure le mixage sur l’intégralité de l’opus. C’est une réussite car le son est vraiment puissant et rien n’est laissé de côté.

Avec « Rust », c’est Peter London et sa basse qui allument la mèche, suivis d’un riff lourd de guitare et dès les premières notes c’est efficace, on retrouve avec plaisir le son Crashdïet avec ce sens imparable de la mélodie, du refrain percutant (un peu pop ici) et ses hohoho, et surtout cette frappe d’ Eric Young si semblable à celle de Tommy Lee, Mötley Crüe étant une référence notoire du groupe.
Les morceaux suivants sont encore plus directs, vous font taper du pied et Gabriel Keyes assure comme un diable. « Into the Wild » propose un long break sur lequel les bidouillages, que ce soit dans la guitare où la voix, ne nuisent absolument pas mais apportent au contraire cette touche de modernité qui en dépit du style pratiqué, emprunté aux années 80,  font de Crashdïet un groupe ancré dans son époque.
« Idiots » déboite avec son riff de guitare saccadé et pesant presque Thrash par moment surtout à la fin. Le clip de ce titre est à regarder car il contient de nombreuses références aux années 80, le film Wayne’s World , mais surtout cette interview mémorable de Chris Holmes ex guitariste de W.A.S.P, complètement ivre et délirant dans sa piscine devant une journaliste absolument pas déstabilisée.

Ces trois titres sont une excellente entrée en matière avant une petite pause amenée par le mid tempo « In The Maze » à la mélodie prenante soutenue par un mur de guitares qui savent aussi se faire plus légères. Et plus le disque avance plus je remarque que le jeu de Martin Sweet s’est enrichi, plus d’ampleur et des soli plus aboutis et variés même si encore une fois, je les trouve trop brefs.
« We Are The Legion », du même tonneau que les premiers morceaux prouve que le nouveau chanteur a décidément le coffre qu’il faut et sait parfaitement tenir les aigus lorsqu’il crie! Même chose sur « Parasite ». Entre les deux, l’original et assez drôle « Crazy », au début un peu punk. Son refrain ultra léger dénote par rapport aux couplets agressifs sur une rythmique de plomb signée Eric Young.

Jusqu’ici tout allait bien mais un grain de sable vient se glisser dans des engrenages pourtant bien huilés avec l’affreuse ballade « Waiting For Your Love ». Quelle horreur avec ses claviers kitsch et cet air mièvre. J’aime ça les ballades généralement, mais là ça dégouline trop et ça ne passe pas.
Heureusement la fin de l’album permet d’oublier cette incongruité en revenant aux choses sérieuses. Cependant hormis l’enragé « Reptile » où l’on retrouve ce riffing presque Thrash (j’ai dit presque :-D) de « Idiots » et qui sans doute fera un malheur en live grâce à son refrain percutant, je trouve  les derniers morceaux moins inspirés, reprenant peut être un peu trop la même recette.
« Stop Weirding Me Out », énergique avec un joli solo de Sweet, suivi de « Filth & Flowers » aux arrangements faussement live, sont bons mais trop passe partout pour sortir du lot.

Malgré ces quelques réserves, et surtout cette mocheté de ballade, Rust est une nouvelle réussite à mettre à l’actif de Crashdïet qui contre vents et marrées continue à produire des opus de qualité en dépit des difficultés rencontrées. Quant à Gabriel Keyes, restera? Restera pas? Seul l’avenir nous le dira mais vu son talent, il est certain qu’on aimerait le voir continuer l’aventure.

Tracklisting:

1.Rust
2. Into The Wild
3. Idiots
4. In The Maze
5. We Are The Legion
6. Crazy
7. Parasite
8. Waiting For Your Love
9. Reptile
10. Stop Weirding Me Out
11. Filth & Flowers

Musiciens:

Gabriel Keyes – Chant
Martin Sweet – Guitare
Peter London – Basse
Eric Young – Batterie

Production: Martin Sweet, sauf : 5 par Eric Bazilian et 7 par Chris Laney

Label: Frontiers Records

Date de sortie: 13 septembre 2019

 

 

 

 

 

 

 

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