Jack SlamerEn découvrant cet album de Jack Slamer, on ne se demande pas seulement d’où vient ce groupe, mais de quelle époque. Un son énorme, une voix qui déchire l’air, des compositions sorties tout droit des années 1970 et un groove à faire pâlir Led Zeppelin, Budgie ou The Answer. En dix titres, les Suisses revisitent le classic rock ou le hard rock, mettez dessus le nom que vous souhaitez, de toute manière le résultat sera le même. Le quintet nous offre un album intemporel, gorgé de blues et de rock : l’excellent « The Truth Is Not A Headline », nourri aussi bien aux grands anciens qu’à la vague actuelle. Du premier au dernier morceau, le groupe nous convie à une promenade dans le temps et la musique, en nous ramenant cinquante ans en arrière, sans pour autant nous couper de notre société actuelle. Ainsi, avec « Secret Land », Jack Slamer nous ramène à Woodstock, tout en ravivant la flamme zeppelinienne qui sommeille en chacun de nous, mais avec un son et une technique du troisième millénaire.

Ce constat est évident dès « Turn Down The Light » qui sautille, groove, et donne envie de secouer la tête. Son riff ne quitte plus l’oreille dès qu’il a été entendu une fois. Là-dessus vient se greffer la voix de Florian Ganz, au timbre si particulier et au feeling émouvant. Le début d’album est d’ailleurs magnifique, avec le poignant et complexe « Entire Force », ainsi que le hard/soul « The Wanted Man » qui s’appuie sur des effets de guitares comme on n’en entend plus depuis des décennies. Tout en ambiances, ce titre joue avec les motifs mis en place par Led Zeppelin dès 1969, sans pour autant les copier.

Car Jack Slamer ne se contente par de refaire ce que ses aînés ont inventé. Il joue sa propre musique en privilégiant les titres qui entraînent les auditeurs dans un furieux headbanging : le groovy « Biggest Mane ». On pense parfois à Kingdom Come, comme sur « Red Clouds » qui se développe autour d’un chant habité, mais aussi aux premiers albums d’Uriah Heep, dans la manière de mettre en place des atmosphères envoutantes dont on ne souhaite plus sortir : l’étrange « There’s No Way Back ». A côté de cela, le groupe nous assène quelques titres bien enlevés qui ne sont pas sans rappeler Budgie, notamment sur « I Want A Kiss » dont le riff tourbillonnant renvoie à celui de « Bredfan ». Autant dire que les musiciens de Jack Slamer connaissent parfaitement leurs classiques et savent puiser aux bonnes sources la sève de leurs chansons. Après une écoute, on a simplement envie de rappuyer sur la touche « play » et de repartir pour un nouveau voyage durant lequel on découvre de petits arrangements qui avaient échappé à l’écoute précédente.

Véritable coup de sœur, cet album de Jack Slamer donne la pêche, et c’est d’abord ce que l’on demande à un album de rock, qu’il soit classic ou hard. Un groupe à suivre !

Tracklisting:
1. Turn Down The Light
2. Entire Force
3. The Wanted Man
4.The Truth Is Not A Headline
5. Red Clouds
6. Biggest Mane
7. The Shaman And The Wolves
8. There’s No Way Back
9. I Want A Kiss
10. Secret Land

Musiciens:
Cyrill Vollenweider – guitare
Hendrik Ruhwinkel – basse
Florian Ganz – chant
Marco Hostettler – guitare
Adrian Böckli – batterie

Label : Nuclear Blast

https://www.youtube.com/watch?v=GTfyDUJo-tE

https://www.youtube.com/watch?v=vcxEIiTIn8k

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