R-8418381-1461226640-3751.jpegMalgré le soutien de sa maison de disques et les tournées incessantes, Loudness peine à gagner des fans aux Etats-Unis. Pire, la présence de Mike Vescera dans ses rangs lui fait perdre des places au Japon. Désirant rattraper tout cela, le groupe publie un second album avec le vocaliste américain en piochant dans ses anciens morceaux pour les remettre au goût du jour. Ainsi, seuls les trois premiers morceaux sont des inédits, alors qu’on retrouve quatre reprises et quatre adaptations de vieux titres. On s’étonne d’ailleurs de voir les classiques « In the Mirror » et « Sleepless Night » revus par le groupe alors qu’ils sont régulièrement joués en concert.

Côté inédits, « Playing Games » est un bon morceau à l’américaine, avec son riff tourbillonnant, son chant aigu et son refrain bourré de groove. Très bon titre au demeurant, il n’évoque pourtant pas les précédents albums du groupe, ce qui est encore plus flagrant pour « Down’ n’ Dirty » destiné à faire chanter le public, mais qui rate sa cible en étant trop prévisible avec sa guitare souvent en retrait pour laisser la section rythmique soutenir le chant plus déclamé que chanté. Quant à « Love Toys », sans être désagréable, il est passe-partout et vise MTV et les radios.

Quant aux adaptations, elles ne font pas vraiment mouches non plus. Certes, « Deadly Player » est mieux produite que la version de « Lonely Player », mais le chant de Vescera est à la limite du supportable. « Take it or Leave It », nouvelle version de « Miky Way », est si édulcoré et si ralenti qu’on se demande si c’est le même morceau. Les nouvelles lignes vocales ne lui apportent rien, bien au contraire. Quant à « Find a Way », elle n’est qu’un vague écho de « To Be a Demon », à tel point qu’on comprend que le titre ait été changé. Pour « Long Distance », reprise du « Long Distance Love » extrait du EP Jealousy, les changements sont minimes et n’étaient pas nécessaires.

Mais le pire est à venir avec le massacre de « Sleepless Night » qui ne ressemble plus à rien. En voulant modifier les lignes vocales, Mike Vescera dénature le titre et le laisse exsangue. Il fait presque la même chose avec « In the Mirror » en écrasant tout sous ses hurlements à peine supportables. Le charme du japonais ayant disparu, il ne reste plus que la guitare d’Akira pour sauver l’ensemble. A quoi bon ? Et ne parlons pas de « Girl » qui ne s’accorde pas avec le reste de l’album.

Au final, il y a peu à sauver de ce naufrage artistique. Mike Vescera plantera d’ailleurs le groupe peu après la sortie de l’album pour rejoindre Yngwie Malmsteen qui cadrera mieux sa voix.

Tracklisting:
1. Down ‘n’ Dirty
2. Playing Games
3. Love Toys
4. Never Again
5. Deadly Player
6. Take It or Leave It
7. Girl
8. Long Distance
9. In the Mirror
10. Sleepless Night
11. Find a Way

Musiciens:
Mike Vescera : Chant
Akira Takasaki : Guitares
Masayoshi Yamashita : Basse
Munetaka Higuchi : Batterie

Producteur : Loudness, Mark Dearnley, Tokugen Yamamoto

Label : Atco Records

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