I-Earther

Ah Marseille ! On connait surtout cette ville pour la bonne mère, le pastaga, l’OM, la gouaille du parler marseillais ou pour les moins agréables règlements de compte. Ou pire, c’est la ville qui a entendu les premiers braillements de Jul ou Soprano.
Mais Marseille c’est aussi une ville d’où sortent quelques pépites de hard-rock. Après les Blackstone Co, c’est au tour des Stonecast de sortir un album en cette année 2019.

  I Earther  est le troisième opus de ce groupe fondé en 2002 et le moins que l’on puisse dire c’est que tout a été mis en œuvre pour que ça cartonne puisque c’est Roy Z (Judas Priest, Bruce Dickinson et Sepultura) qui s’est chargé de la production et c’est Franck Constanza (ex Dagoba) qui se colle derrière les fûts. Si avec ces renforts, ça ne marche pas ….

Une entrée futuriste bien en rapport avec la pochette assez flippante de l’album annonce « Captors of Insanity » le premier titre, les guitares agressives prennent vite le relais et on remarque la frappe puissante et précise de Franck Constanza.
Les membres du groupe ont été nourris dés le plus jeune âge au lait de Judas Priest et Iron Maiden voire Manowar et ça s’entend !
Un bon vieux heavy metal à l’ancienne avec les techniques modernes, on retrouve les cavalcades de guitares et la basse enjôleuse qui nous ont nourris dans les années 80-90. Le vocaliste est au niveau du groupe, c’est-à-dire très bon avec des changements d’intonations qui passent comme une lettre à la poste.
« Goddess of Rain » enchaîne sur le même tempo rapide, un véritable brûlot sorti tout droit de l’enfer où le duo de guitaristes et la rythmique se tirent une bourre infernale. Impossible de ne pas trépigner à l’écoute de ce très bon titre. Un tempo amérindien annonce le bien nommé « The Cherokee », un titre qui dure la bagatelle de sept minutes et des broutilles, ce qui ne court pas les rues dans les productions actuelles.
Un titre qui alterne avec réussite passages lents et rapides doté d’un refrain fédérateur, de riffs de guitares proches de la perfection et d’une rythmique implacable.
Quant au chanteur, il multiplie les variations vocales en passant du suraigu au plus grave sans sourciller. Ce titre qui par moments me fait penser au Maiden de la grande époque est un vrai régal pour mes oreilles et comme si ça ne suffisait pas, le groupe enfonce le clou avec l’efficace « The Earther ». Les cavalcades de guitares sont une merveille du genre et la frappe de Constanza est d’une précision chirurgicale.
On retrouve la griffe Manowar sur le lourd « Animal Reign », un titre qui allie vitesse et lourdeur avec un certain brio. La vélocité des guitares contrecarre la lourdeur de la rythmique avec un Franck « Kanon » Ghirardi qui se sent comme un poisson dans l’eau. «Forevermore » permet de reprendre sa respiration entre deux vagues, une bien belle ballade qui vaut le détour, mais les hostilités ne tardent pas à reprendre avec le tonitruant «Precipice to Hell », un titre vigoureux ou l’on retrouve des riffs de guitares aussi tranchants qu’une lame de rasoir et un chanteur qui multiple les envolées.
Une sorte de mix contenant des classiques du rock annonce « Résistence »,  qui vire vers le progressif avec ses guitares hispaniques, un titre un peu longuet à mon gout même s’il reste agréable à écouter. Les variations de tempo se succèdent avec une certaine réussite mais une ou deux minutes de moins n’aurait pas fait de mal. A noter un solo de guitare qui m’a fait penser à un titre de Iron Maiden comme ce n’est pas possible. «Stainless » clôture ce disque, Francky  Constanza fait admirer sa technique et le reste du groupe ne donne pas sa part au chien sur ce titre au refrain accrocheur (l’apport des chœurs ?). Un titre qui est au niveau des autres de cet opus, c’est-à-dire excellent.

 I Earther  est un très bon disque que je conseillerais à tout amateur de heavy metal sans fioritures. Stonecast n’aura pas la palme de l’originalité, c’est un fait, mais la musique proposée par le combo marseillais est tellement prenante que je m’en fous complètement. J’ai beau chercher, je trouve aucun point faible sur ce disque qui mérite le succès.

Ma Note :18/20

Tracklisting :

1. Captors of Insanity
2. Goddess of Rain
3. The Cherokee
4. The Earther
5. Animal Reign
6. Forevermore
7. Precipice to Hell
8. Resistence
9. Stainless

Musiciens :

Franck « Kanon » Ghirardi: Chant
Seb « Cazu » Casula: Guitare rythmique
Bob « Flying » Saliba: Lead guitare
Lionel « Beev » Antonorsi: Basse

Invité :

Franky Constanza : Batterie

Label : Pitch Black Records

 

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