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Depuis leur très bon premier opus Steel of Swabia en 2008, sorti alors que la plupart des membres du groupes avaient tout juste 16 ans, Kissin’ Dynamite a prouvé que ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on ne sait pas jouer et faire de la bonne musique. La critique ne s’y est pas trompée et a accueilli très favorablement les deux albums qui ont suivi, Addicted to Metal (2010) et Money, Sex & Power (2012), pétris des influences de formations telles que Mötley Crüe, Guns N’ Roses ou encore AC/DC dont le groupe s’est nourri depuis sa création.

Megalomania est donc le nouvel album des allemands et je dirais bien celui de la maturité. Non pas qu’il soit meilleur que les précédents, mais il marque un tournant dans la musique du groupe qui se détache un peu de ses influences Hard Rock Us des années 80. Kissin’ Dynamite a décidé de ne pas rester dans sa zone de confort et prend des risques pour faire quelque chose de plus personnel avec un opus qui pourrait déstabiliser les fans de la première heure.

Ce qui frappe immédiatement, à l’écoute du premier morceau « DNA », c’est l’introduction de sonorités très modernes de claviers. Des notes électro accompagnent le titre sur toute sa longueur. Le groupe innove en la matière et pour tout dire, je me souviens être restée dubitative à la première écoute. Les claviers ou synthés ne  me gênent pas dans le Metal où la musique en général, mais le son Bontempi donné ici n’est pas forcément adapté. En gros, c’est assez agaçant mais fort heureusement, pour le reste, on retrouve l’énergie communicative de Kissin’ Dynamite et franchement « DNA » est réussi et on a envie de reprendre les DNA…DNA avec Hannes Braun en levant le poing.

On retrouvera de nombreux gimmicks électro sur l’essentiel de l’opus. « God in You » par exemple, assez sinistre dans les couplets, a un côté Metal industriel à l’allemande, un titre brut, à la batterie puissante et aux riffs décapants avec un chant éraillé d’Hannes.

Car il a bien évolué notre chanteur! Une voix bien plus grave qu’à ses débuts mais parfaitement identifiable et qui pour le coup colle parfaitement à l’orientation Heavy Rock moderne de Megalomania.
Il suffit d’écouter « V.I.P. In Hell » pour s’en rendre compte, chant agressif et refrain percutant, le tout accompagné de grosses guitares et solo rapide sur une batterie tonitruante. On remarquera au passage une belle basse bien mise en évidence.

Kissin’ Dynamite a durci son propos mais n’en a pas pour autant oublié la douceur comme avec la jolie ballade « Fireflies ». Les ballades sont un autre point fort du groupe, il n’y en a pas de mauvaises et on y retrouve toujours ce sens de la mélodie qui caractérise les compositions, comme « The Final Dance », banale mais taillée pour les charts.

On le voit, les allemands ont introduit davantage de modernité dans leur musique mais sans jamais trahir ce son  à eux que l’on reconnait bien au bout de quatre albums. « Maniac Ball » à l’intro dramatique,  » Deadly » au ton plus rock, « Running Free » et son  groove irrésistible sont du Kissin’ Dynamite typique. Les refrains sont accrocheurs, les couplets entrainants et les guitares acérées.

Ce mélange détonnant  de sonorités très (trop) actuelles et de guitares déplaira à certains et fait que Megalomania n’est pas l’album parfait qu’il aurait pu être. Mais il est utile de préciser que cela ne nuit en rien à la qualité globale de  l’opus,  montrant un savoir faire du groupe qui décidément peut se targuer jusqu’ici de suivre un parcours quasi sans faute. Reste à savoir si Kissin’ Dynamite poursuivra dans cette expérimentation.
Suite au prochain épisode…

Tracklisting :

1. DNA
2. Maniac Ball
3. V.I.P. In Hell
4. Fireflies
5. Deadly
6. God In You
7. Running Free
8. Legion Of The Legendary
9. The Final Dance
10. Ticket To Paradise

Musiciens :

Ande Braun : guitare
Andreas Schnitzer : batterie
Jim Müller : guitare
Johannes Braun : chant
Steffen Haile : basse

Production : Hardy Krech, Mark Nissen

Label : AFM Records

Date de sortie : 9 Septembre 2014

 

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