R-2014814-1258634624.jpegFormé en 1986 à Atlanta en Géorgie, Blonz semble sortir de nulle part lorsque paraît son premier et unique album sur le label Epic. En pleine vague grunge, ce n’est pas le meilleur moment pour un tel groupe de hard glam, gorgé de groove et de blues, de se faire connaître. Assez favorablement accueilli par une certaine partie de la critique qui n’a pas succombé aux mirages des chemises à carreaux et des jeans déchirés, Blonz ne peut néanmoins pas défendre honorablement sa chance. Presque trente ans après, cet album se révèle pourtant agréable à écouter et contient quelques titres qui ont passé la barrière du temps.

L’album s’ouvre sur « Miracles », une chanson enlevée, au rythme changeant, qui évoque les débuts de Bon Jovi, aussi bien dans sa construction que sa production. Les chœurs sont très propres, les guitares servent des riffs efficaces et des solos d’une belle technicité. Le côté hard FM s’accentue avec « Hand Of Love », une chanson au tempo médium, supportée par un clavier chaleureux, des riffs sympathiques et un refrain coloré à la Bon Jovi qui donne envie d’être chanté à tue-tête. Les tonalités changent avec le hard blues « It’s the Same », qui démarre de manière acoustique, pour mener à un refrain bourré de groove et de feeling. Le riff tourbillonnant est classique, mais efficace. Si ce n’est pas original, l’ensemble est parfaitement en place et permet de passer du bon temps. Avec « Trouble Child », le groupe nous entraîne plutôt vers les débuts de Ratt, grâce à un refrain un peu glam, des chœurs typiques des années 1980 et un riff sautillant. L’énergie retombe avec la ballade « What’s on Your Mind » qui se révèle un peu faible, même si elle est bien écrite. Le problème vient du fait qu’elle soit trop lisse. C’est d’ailleurs le reproche que l’on peut faire à cet album. Tout est propre et rien ne dépasse. On ne s’en étonne pas lorsqu’on sait qu’il a été produit par Steve Walsh et Phil Ehart de Kansas.

« One And Only » ne déroge pas à la règle. En dépit d’un bon riff, d’arrangements pleins de classe, de solos techniques et soignées, et d’un refrain qui donne envie de chanter, l’ensemble peine à convaincre par manque d’épaisseur. Pourtant, nous avons vraiment affaire à un bon titre. Il en va de même pour « Rainbow » une power ballad agrémentée de claviers, qui se voudrait un croisement entre White Lion et Skid Row, le côté crade en moins. Le refrain est beau, les guitaristes sont vraiment excellents, mais cela est surproduit. Dommage, car Nathan Utz possède une belle voix. « Skintight » nous offre d’ailleurs un rendu bien meilleur, avec ce morceau à la Ratt/Poison qui nous rappelle les grandes heures du glam metal, avec tout ce que cela comporte de moments entraînants et jubilatoires. Pourtant « Sexy Ride » le dépasse grâce à un riff vrombissant, un refrain supporté par de beaux chœurs et des couplets qu’aurait pu chanter David Lee Roth. Un des meilleurs moments de cet album qui se termine sur l’enlevé « Last Call (For Alchohol) » qui vaut notamment pour ses solos de guitare et qui n’est pas sans rappeler Mötley Crüe.

Au final, Blonz livre un bon album, classique, de hard FM, mais qui arrive trop tard pour trouver son public. Avec le recul, son écoute se révèle toujours agréable et permet de passer un bon moment.

Tracklisting :
1. Miracles
2. Hands of Love
3. It’s the Same
4. Trouble Child
5. What’s on Your Mind
6. One and Only
7. Rainbow
8. Skintight
9. Sexy Ride
10. Last Call (for Alcohol)

Musiciens :
Nathan Utz – chant
Steve Taylor – guitares
Dennis Ogle – guitares, claviers
Michael Fandino – basse
Aaron Tate – batterie, percussion

Enregistré au Southern Tracks studio d’Atlanta, produit par Steve Walsh et Phil Ehart et enregistré par Brendan O’Brien.

Label : Epic

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