719NlItpvSL._SS500_Premier album des Allemands de Syrence, qui n’avait jusqu’alors, sorti qu’un EP 5 titres en 2016, Freedom In Fire devrait plaire aux amateurs de heavy metal à l’ancienne, dans la lignée des groupes anglais des années 1980 ou de Queensrÿche. Les titres sont, en effet, efficaces, dominés par des riffs qui, s’ils ne sont pas originaux, permettent de placer sur orbite des refrains intéressants et des changements de rythmes nombreux et pertinents. Les touches progressives ne sont jamais grandiloquentes et servent à étoffer les morceaux, pas à les noyer.

L’album débute par « Freedom in Fire », un mid-tempo écrit pour secouer la tête en cadence et lancer un album révélateur de certaines surprises. Ainsi, « Your War » se révèle bien plus complexe qu’attendu. Sur une base entraînante, le groupe nous offre une chanson nuancée, dont les mélodies trottent longtemps dans la tête, tandis que les ambiances plus sombres nous cueillent par leur justesse. On se rend alors compte que Syrence ne développe pas les habituelles archétypes du metal teuton et qu’il faut plutôt trouver leurs influences du côté de la New Wave Of British Heavy Metal, comme Iron Maiden sur « Fozzy´s Song » qui s’inscrit comme une œuvre épique, soignée, teintée d’une certaine mélancolie.

Avec « Addicted », le rythme s’accélère et nous entraîne dans un univers plus puissant qui renvoie à ce que l’on pouvait entendre dans les années 1980 avec des groupes comme Praying Mantis ou Cloven Hoof. C’est assez flagrant sur « From Ashes to the Sky » qui mélange les rythmes et les genres pour jouer entre metal et hard rock, avec une basse omniprésente et des chœurs hurlés. Certains titres possèdent un vrai groove, comme « Wild Time », un mid-tempo dont le refrain flirte avec certaines ambiances d’Accept, tandis que les guitares tissent des arpèges et des solos surprenants. On en redemande et c’est exactement ce que nous propose le groovy « Kings Of Speed » au rythme déroutant, mais au riff entraînant qui ouvre sur un refrain à chanter à tue-tête. « Evil Force » s’inscrit dans cette même lignée du titre fort destiné à soulever les foules. Sur une structure assez simple, Syrence nous assène un mid-tempo à la Saxon ou Accept, carré, épais, qui donne envie de taper du pied en rythme et de lever le poing.

L’ensemble de l’album est agréable et propose de nombreuses nuances, comme « Living On the Run » qui explore des rythmes différents à la manière d’un Judas Priest de la fin des années 1970 ou « Symphony » qui joue avec nos nerfs dans des développements mélancoliques et pathétiques assez envoûtants. Cela donne une impression de foisonnement, parfois aussi de chaos pas toujours bien maîtrisé, mais cette fraîcheur est intéressante dans un monde où tout se doit d’être carré et dans les clous.
« Red Gold » préfère donc multiplier les changements de rythmes pour mieux nous surprendre plutôt que de nous laisser dans une zone de confort qui n’a plus rien à voir avec le heavy metal (non je ne citerai pas de groupes…). Autour d’un refrain lent soutenu par des chœurs masculins qui ne sont pas sans rappeler les débuts de Queensrÿche, le groupe greffe des cavalcades, des passages plus calmes et des arrangements de grand talent.

L’album se termine sur la fausse ballade « Seven Oaks », une pièce épique qui permet à chaque musicien de nous montrer tout son talent. L’ombre de Queensrÿche n’est pas loin, en ce qui concerne la construction de ce morceau, mais pas pour la voix qui est moins grandiloquente. Pourtant celle-ci est excellente et pleine de nuances. La présence de Ralf Scheepers derrière les manettes n’est certainement pas étrangères à cette réussite. Il est d’ailleurs à noter que l’album bénéficie d’un son excellent et d’un mixage de qualité.
Un album vraiment sympathique pour les amateurs de metal soigné.

Tracklisting:
1. Freedom in Fire
2. Living On the Run
3. Your War
4. Fozzy´s Song
5. Addicted
6. Symphony
7. From Ashes to the Sky
8. Evil Force
9. Red Gold
10. Wild Time
11. Kings of Speed
12. Seven Oaks

Musiciens:
Johnny Vox – chant
Julian Barkholz – Guitares
Oliver  »Oschlo » Schlosser – Guitares
Fritz Jolas – Basse
Arndt  »Strikar » Streich – Batterie

Mixed and mastered by Achim Köhler.
Vocals recorded by Ralf Scheepers.

Label : Fastball music