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Pour rappel Beast In Black est un groupe finlandais formé en 2015 par le guitariste Anton Kabanen qui a quitté son précédent combo, Battle Beast, car il était en profond désaccord avec la direction musicale amorcée par le groupe.
Le premier album Berseker sort en 2017 et honnêtement il est très difficile de dissocier les deux groupes esthétiquement et musicalement parlant. Presque le même nom, même pochettes aux artworks kitsch d’un goût douteux réalisés par Roman Ismailov et…et même musique, il faut bien l’avouer. En revanche, une chanteuse Noora Louhimo, pour Battle Beast et un chanteur Yannis Papadopoulos pour Beast In Black et si on veut absolument voir une différence entre les deux on pourrait dire que le premier a rajouté une bonne grosse dose de pop dans son Metal au fil des albums, tandis que le second, même s’il inclue les mêmes influences pop 80ies et assumées limite le phénomène en conservant un registre plus heavy.

A peine un an et demi après la sortie de Berseker, voici maintenant From Hell With Love. Kabanen continuant sur sa lancée, nous propose un opus de même teneur et tout aussi remuant mais si les claviers prédominent toujours, les guitares sont ici accentuées ce que j’apprécie énormément.

Alors on va tout de suite se débarrasser d’un sujet qui fâche, en tous cas qui me fâche moi, à savoir la production! Je fais partie de ces gens qui sont particulièrement tatillons à ce propos, hé oui, lorsque j’écoute un album j’aime bien entendre distinctement et clairement tous les instruments, ce qui fait aussi que chaque artiste est considéré de la même façon que les autres. Et là, Anton, je dis attention! Tu es le patron certes mais à trop vouloir tout gérer, tu oublies peut être qu’il faut parfois savoir déléguer et confier à quelqu’un d’autre ce qu’on ne sait pas forcément faire. Elle n’est pourtant pas si mauvaise cette prod, elle est moderne et puissante comme l’est l’album, mais il faut vraiment tendre l’oreille pour entendre la basse de Mate Molnar (Wisdom). Quant à la batterie (Sami Hanninen a du quitter le groupe pour des raisons personnelles) tenue par Atte Palokangas (Agonizer, Thunderstone, ex-Before The Dawn entre autres), elle est aussi clairement sous mixée et c’est bien dommage car il ne ménage pas sa peine. Le tout donne un résultat un peu brouillon avec l’impression de deux instruments dilués dans les guitares et les claviers dont From Hell with Love regorge abondamment.

Mais si comme le précédent, cet opus puise à outrance dans les sonorités pop des années 80, il reste avant tout un album de Metal, de Power. Les compositions (Anton Kabanen) sont d’une énergie décoiffante et je pense qu’en live ce groupe doit sérieusement déboiter car il est impossible de ne pas avoir envie de bouger à l’écoute de ces 13 (2 bonus) morceaux sur-vitaminés.

À commencer par « Cry Out For A Hero », qui démarre les hostilités pied au plancher. C’est un morceau trépident, heavy , aux guitares acérées notamment sur le solo d’Anton. La voix rageuse de Yannis Papadopoulos colle parfaitement à ce titre mais ses prouesses vocales vont nous émerveiller sur tout l’album.

Kabanen a eu le nez creux en dénichant ce chanteur grec qui officiait dans les groupes Until Rain, Crosswind, et surtout Wardrum (trop méconnu à mon goût) jusqu’en 2017, Il a également fait partie d’un très beau projet progressif passé inaperçu (aussi en 2017), Major Denial. Il est tout simplement excellent, un chanteur exceptionnel dans un registre assez aigu mais éraillé (plus encore que par le passé) et il sait moduler sa voix jusqu’à lui donner des intonations quasi féminines comme sur « Die By The Blade » par exemple, une chanson aux couplets très 80es, facile d’accès et dansante.

À cet égard on va dire que l’album est un mélange de morceaux très easy listening comme celui que je viens d’évoquer, « Unlimited Sin » ou le single « Sweet True Lies » et son refrain très pop, mais aussi épiques. « Repentless » est particulièrement représentatif et c’est sans doute mon titre préféré, car à mon avis c’est le plus abouti. Très influencé Sabaton surtout au niveau des claviers, à l’orchestration symphonique, Yanis y délivre une magnifique performance avec un chant éraillé au possible, limite forcé avec de très belles montées dans les aigus. Le break est superbe avec de belles guitares sur des ho ho ho virils qui donnent envie de lever le poing le tout agrémenté d’un solo percutant de Kabanen.

Car j’insiste encore, From Hell with Love est un album de Metal. Les compositions contiennent toutes des riffs tranchants et des soli de guitare du plus bel effet et comme « Repentless » d’autres morceaux en témoignent.
« This Is War » est un mid tempo très power à l’allure guerrière ici encore. Le riff est entêtant et des chœurs masculins appuyés donnent de la puissance à ce titre marqué par un joli break tout en douceur qui permet de mieux relancer la machine .
Une seule ballade « Oceandeep », mais très judicieusement placée en milieu d’album pour nous permettre de souffler un peu! Débutant par de jolies notes de flûte posées sur une guitare acoustique, un clavier léger vient s’ajouter et soutenir un chant qui, tout en douceur et émotion en première partie monte en puissance dramatique sur la seconde moitié, Yanis nous montrant encore une autre facette de son talent! Kabanen nous offre là deux très beaux soli.

L’album se déroule de la même manière jusqu’à la fin, tonitruant, dynamique, ébouriffant et ce sont à mon avis les deux chansons bonus qui enfoncent le clou et donnent encore une valeur ajoutée à l’opus.

« Killed By Death » reprise de Motörhead, est certainement le titre le plus heavy. Yanis y chante d’une façon très hargneuse, et il réussit l’exploit de rendre sa voix à la limite de la cassure, assez proche de celle de Lemmy. Étonnant! Les claviers sont là mais beaucoup moins présents. J’aime moins la voix trafiquée du break mais ce morceau est une vraie réussite. Pour finir, impossible de passer à côté de la célèbre « No Easy Way Out » chanson de Robert Tepper qui a illustré la bande son de Rocky IV. Cette reprise est sublime, très prenante plus dramatique que l’originale à cause du chant urgent et écorché de Yanis qui lui donne toute son ampleur et c’est rare mais je la préfère à l’originale. La fin est bluffante!

Voilà l’album est fini, vous pouvez vous rasseoir, vous recoiffer et peut être boire un coup pour vous rafraîchir.
En dépit d’une production assez maladroite, Anton Kabanen nous offre un deuxième album de Beast In Black de même niveau et je dirais supérieur au précédent effort. C’est revigorant et même si cela ne sera sans doute pas l’album du siècle, ça fait du bien au moral et moi c’est tout ce que je demande. Avec une réserve cependant, il faudra tout de même varier le propos pour franchir le cap du troisième album en évitant une redondance qui risquerait de lasser l’auditeur.

Tracklist :

1.Cry Out For A Hero
2. From Hell With Love
3.Sweet True Lies
4. Repentless
5. Die By The Blade
6. Oceandeep
7. Unlimited Sin
8. True Believer
9. This Is War
10. Heart Of Steel
11. No Surrender

Bonustracks :
12. Killed By Death (Motörhead Cover)
13. No Easy Way Out (Robert Tepper Cover)

Line-up :

Yannis Papadopoulos : Chant
Anton Kabanen : Guitare, claviers
Kasperi Heikkinenhttps : Guitare
Mate Molnar : Basse
Atte Palokangas: Batterie

Producteur : Anton Kabanen

Label : Nuclear Blast

Date de sortie : 8 février 2019

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