r-6454561-1419665526-7875-jpegARCH RIVAL fait partie de ces innombrables groupes US qui ont toujours plus ou moins suscité l’indifférence, en dépit de leurs efforts pour percer dans le milieu Hard/Heavy. Formé en 1986 dans la ville de Dayton (Ohio), ce quartette a débuté sur la pointe des pieds en sortant la même année un EP de 4 titres intitulé God Bless America en tant qu’auto-production.

Après la sortie de cet EP, ce groupe américain n’a guère fait parler de lui et il faut attendre l’année 1991 pour voir ARCH RIVAL sortir enfin son premier vrai album studio, In The Face Of Danger. Celui-ci sort sur un petit label (Windmill), ce qui ne facilite pas les choses pour bénéficier d’une bonne distribution et se faire davantage connaître à échelle mondiale (pour rappel, il n’y avait pas encore Internet au début des 90’s). On retrouve sur cet album 2 titres tirés de l’EP God Bless America (« Rock The Night Away » et « God Bless America »).

Musicalement, ce quartette américain ne révolutionne pas le paysage Hard/Heavy puisqu’il pratique un Metal mélodique tendant vers le Hard Rock US et les influences renvoient sans grande surprise à DOKKEN, XYZ, WHITESNAKE (celui qui s’est américanisé) et SCORPIONS post-84. Sur cette galette de 11 titres, quelques-uns d’entre eux sortent un peu du lot. C’est le cas de « In The Face Of Danger », mid-tempo à forte coloration Metal mélodique avec de très discrètes touches FM pour le rendre un peu plus accessible (le groupe ayant enregistré une video pour ce titre, on ne sait jamais…) et qui, s’il n’est pas hors-norme, reste assez convaincant, accrocheur, bien exécuté. C’est le cas aussi de « Time Won’t Wait », qui voit la facette Metal du groupe nettement plus accentuée avec ses cavalcades de guitares, sa basse gallopante, un refrain catchy pour enjoliver le tout, ainsi qu’un très bon travail vocal du préposé au micro, un certain Steve Snyder. Comme autres réjouissances, on peut aussi mentionner « God Bless America » (déjà présent sur le EP de 1986), un up-tempo musclé, impulsif qui, par son efficacité, fait oublier son intitulé on ne peut plus clichesque, ou encore la power-ballad située en fin d’album « Can You Tell Me Why » qui se laisse volontiers apprivoiser gràce à ses riffs, ses mélodies aux contours mélancoliques, ainsi que son refrain qui ne laissent pas indifférents. Pour faire bonne mesure, on peut à la limite ajouter « Revolution », une reprise des BEATLES en version plus Hard, assez emballante, même si, évidemment, elle n’égale pas l’original. Elle est plutôt sympa à écouter, même si les amoureux des BEATLES ne seront pas tous de cet avis.

Il convient tout de même de préciser que si ces titres mentionnés dans le premier paragraphes se laissent volontiers écouter, ils ne sont pas pour autant ultimes, pas au point de devenir des hymnes faisant partie du patrimoine Hard/Heavy. Et comme ce sont les meilleures compos du disque, on peut alors deviner que le reste n’est pas vraiment du même niveau. Ainsi, avec « Rock The Night Away » et « Mr. Attitude », on a droit à du Hard Rock US on ne peut plus conventionnel, tout ce qu’il y a de banal. « Fortune Hunter » se situe dans le sillage de la facette la plus Heavy de DOKKEN, mais en nettement moins efficaces en dépit de ses riffs acérés et, dans le même genre, « Siren’s Song » fait très sous-DOKKEN, malgré la présence ça et là des influences européennes. Quand à l’autre power-ballad de l’album, « Me Against The World », elle est prévisible (jusqu’à sa position sur l’album, 3ème track de celui-ci), sans surprise, sa mise en route se faisant même assez longue (le chant intervient au bout de 50 secondes). N’ayant rien de franchement marquant, elle est plutôt semblable à des milliers d’autres dans le genre.

Dans le fond, le problème de ARCH RIVAL, c’est qu’il lui manque un supplément d’âme pour qu’il s’extirpe de la masse. Les musiciens sont, certes, compétents, mais restent dans la moyenne. Tout comme ce In The Face Of Danger qui contient quelques bons titres, quelques riffs bien ficelés et des refrains pas dégueulasses, mais à une époque où la scène Hard/Heavy avait besoin d’être redynamisée, il manquait tout simplement des arguments plus percutants. Sorti en 1988, par exemple, et bénéficiant de l’aide d’une plus grosse maison de disque sachant driver ce groupe avec compétence et intelligence, cet album aurait pu éventuellement percer. En résumé, on a affaire à un disque dans la moyenne, mais pas davantage, d’autant qu’il y a du remplissage et, à la limite, un EP de 6 titres aurait pu davantage convenir.

Tracklist:
1. In The Face Of Danger
2. Time Won’t Wait
3. Me Against The World

4. Rock The Night Away
5. Fortune Hunter
6. God Bless America
7. Revolution
8. Mr. Attitude
9. Shotgun At Midnight
10. Siren’s Song

11. Can You Tell Me Why?

Line-up:
Steve Snyder (chant)
Michael Harris (guitare)
Greg Martin (batterie)

Gary Rigmaiden (basse)

Label: Windmill

Producteur: Michael Clute

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