ratt-detonator_aIl faut bien reconnaître qu’après la sortie de Reach For The Sky, Ratt avait quelque peu déçu ses fans et semblait amorcer son déclin. Cet album finalement n’apportait pas grand-chose. Sa production très typée Beau Hill ne sortait pas de l’ordinaire et les compos traditionnelles du groupe semblaient être légèrement en décalage par rapport à d’autres nouveaux venus comme Poison ou Warrant par exemple. Sans compter une baisse d’inspiration.Le groupe, en ancien leader de la fameuse scène, se devait donc de remonter la pente avec son 5eme album Detonator. Alors la bande à Pearcy décide de jouer le tout pour le tout en embauchant le faiseur de hits qui allait bien en cette époque bénie Desmond Child pour leur filer un bon coup de pouce. La production du coup sera plus policée mais surtout plus en accord avec les cannons de ce tout début des années 90.

Selon les fans les plus hardcore des rats, Detonator vaudra jamais un Out Of The Cellar ou bien un Invasion Of Your Privacy. Pourtant le groupe n’a pas démérité car cet album est finalement réussi. On ressent donc une volonté de s’adapter à son temps en rendant ses compos plus radio friendly. Le mordant des débuts a donc sans doute disparu ici au profit d’un disque plus mature et surtout très travaillé. Je pense à titre personnel, qu’ils se sont ici inspirés du carton réalisé par leurs rivaux du Strip Mötley Crue en mettant l’accent sur le groove général du disque, pour les chœurs et refrains assassins mais surtout incroyablement bien foutus.

Et c’est vrai que cette courte intro par Warren Demartini introduit remarquablement ce « Shame, Shame, Shame » incroyablement addictif et tubesque à souhait. Plus travaillé et finalement très Dr Feelgood dans l’esprit, « Lovin You Is A Dirty Job » ne pourra qu’enfoncer le clou. Si vous trouvez que ce morceau n’est pas une arme de destruction massive, je ne pourrai plus jamais rien faire pour vous. Plus rentre dedans et festif « Scratch That Inch » continue le travail de sape. On retrouve ici tous les ingrédients qui font que l’on est fan de Hard Us. Le très pop mais tout aussi efficace avec son refrain qui tue « One Step Away » semble calibré pour les radios. Il n’en demeure pas moins un excellent morceau qui vous fera chantonner sans aucun doute.
Après une belle intro avec son excellent solo Demartini, le groupe renoue avec une certaine urgence qui pouvait lui faire défaut sur l’album précédent sur « Hard Times ».
Qui dit Desmond Child, dit invité spécial. Jon Bon Jovi viendra taper les chœurs sur un « Heads I Win, Tails You Lose ». C’est encore un morceau assez poppy et assez groovy. Sans être un morceau extraordinaire, il s’écoute facilement et avec plaisir.
« All Or Nothing » débute d’une façon assez bluesy à la Aerosmith période Permanent Vacation. Encore une fois c’est pas le morceau du siècle mais s’écoute avec plaisir. Avec « Can’t Wait On Love » le groupe semble un peu essouffler. C’est peut être le morceau le plus faible de cette rondelle.
Si il y avait un exercice où les rongeurs ne s’étaient jamais frottés, c’était celui de la ballade. Il fallait cartonner. Le tout semble donc un peu poussé sur « Givin’ Yourself Away ». Sans être topissime, le titre est sauvé par de bons arrangements. Mais si vous parlez de Ratt au hasard d’une conversation, vous ne parlerez pas de ce titre. Elle n’a donc pas globalement marqué les esprits. Enfin le groupe se termine par le bon et urgent « Top Secret ». Ce titre est joué avec beaucoup de mordant. On y retrouve donc un Ratt à l’ancienne pour notre plus grand plaisir.

Cette tentative de retour au premier plan se soldera par échec. Seulement 500,000 exemplaires furent vendus contrairement au million habituel. Enfin les addictions aux substances de Robin Crosby le rendront ingérable au point que la tournée dans l’ensemble a été une véritable catastrophe. C’en était trop, le split était devenu inévitable. Detonator signe le début de la fin pour les rongeurs.

Tracklisting :
1. Intro To Shame
2. Shame, Shame, Shame
3. Lovin’ You’s A Dirty Job
4. Scratch That Itch
5. One Step Away
6. Hard Time
7. Heads I Win, Tails You Lose
8. All Or Nothing
9. Can’t Wait On Love
10. Givin’ Yourself Away
11. Top Secret

Musiciens :
Stephen Pearcy (chant)
Warren Demartini (guitare, claviers)
Robbin Crosby (guitare)
Juan Croucier (basse)
Bobby Blotzer (batterie)

Label : Atlantic

Producteur : Desmond Child, Arthur Payson

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