71179LETCHEN GREY fait partie de cette cohorte de groupes américains qui sont apparus au milieu des 80’s en tentant, dans le sillage des MÖTLEY CRÜE, RATT, WASP, DOKKEN et autres TWISTED SISTER, de se faire un nom dans cette scène Hard/Heavy US foisonnante et, si le destin le veut bien, d’écrire un bout d’Histoire de cette scène. Nous sommes en 1986 et le Hard Rock/Big Rock US marche tellement fort que certains jeunes loups affamés se disent que eux aussi peuvent avoir leur chance de toucher le Graal.

Problème, cependant, pour LETCHEN GREY: ce combo est sur un label indépendant répondant au nom de Greenworld Records, ce qui ne facilite pas la tâche pour se faire entendre du plus grand nombre. Qui plus est, la concurrence fait rage, d’autant que de nouveaux groupes (POISON, CINDERELLA, à un degré moindre VINNIE VINCENT INVASION) ont à leur tour attiré leur attention avec leurs premiers albums respectifs. Pour faire son trou, à l’époque, il fallait jouer des coudes et LETCHEN GREY a donc tenté sa chance avec, comme premier méfait, un EP de 5 titres intitulé Party Politics. En voilà, un jeu de mot rigolo ! Ceci dit, et la pochette de ce disque le démontre plus que clairement, l’état d’esprit de LETCHEN GREY oblique davantage vers le fun, l’hédonisme que vers toute considération politique ou sociale.

Cet EP de 5 titres voit LETCHEN GREY oeuvrer dans une veine Metal mélodique (limite tendance FM, mais sans les claviers) fortement teinté de Big-Rock. On n’est pas très éloigné de SCORPIONS (celui de l’époque Love At First Sting), même s’il n’y a pas de trace de plagiat, d’autant que le chanteur Robert Sykes ne ressemble en rien à Klaus Meine. L’ensemble est assez homogène, les titres présents sur cette galette oscillant entre 4 et 5 minutes.  Ici ,il n’est point question de révolte, et encore moins de révolution. L’ensemble est très axé sur la mélodie, les riffs ne sont pas très saignants. Même le titre « No Way Out » situé en fin de disque, qui se veut plus remuant, plus acerbe dans son propos, reste assez facile d’accès, d’autant que les choeurs aériens jouent là un rôle prépondérant et la rythmique reste simple. En fait, 2 titres se détachent un peu du lot, sans toutefois atteindre des sommets stratosphériques, n’exagérons rien. « Playing With Fire » est un mid-tempo Heavy-Rock bien dans le moule de son époque que n’auraient pas renié des groupes tels que ICON, KING KOBRA, BLACK N’ BLUE, voire DOKKEN. A défaut d’être renversant d’originalité, ce titre fonctionne car efficace juste comme il faut et interprété avec suffisamment de conviction. L’autre réussite du disque est « Sexy Sadie », un mid-tempo Rock-Hard bluesy qui voit les guitares acoustiques fortement teintées de Blues bien occuper l’espace et la rythmique basse/batterie se faire plus groovy qu’à l’accoutumée. Pour le coup, on a vraiment envie de taper du pied. Et mine de rien, ce titre anticipait l’accent plus bluesy qu’allait prendre le Hard Rock US, qu’il soit mélodique, Glam ou Heavy, les années suivantes. A défaut d’avoir affaire à un hymne, on a là un titre de bonne tenue. Les autres titres, « Can’t Help It » et « Bring On the Night », à vrai dire, ne marquent guère les esprits. D’ailleurs, on peut objecter qu’ouvrir un disque qui marque les débuts discographiques d’un groupe avec « Bring On the Night », qui a de faux airs de power-ballad sans en être véritablement une, n’est pas l’idée la plus lumineuse qu’ait eue LETCHEN GREY.

En conclusion, cet EP n’est pas vraiment une oeuvre marquante, même si on relève la présence de 2 titres qui valent le détour et laissaient peut-être entrevoir un certain potentiel chez ce groupe. C’est toutefois trop léger pour attirer l’attention, surtout si on fait l’inventaire des albums sortis en 1986. Face à la concurrence, ce Party Politics était léger, c’est bien le cas de le dire. Surtout que l’ensemble n’est pas assez personnalisé pour attirer l’attention (à la limite, « Sexy Sadie » aurait pu leur faire décoller avec un maximum de chance). De suite, il n’y en eu point pour LETCHE GREY puisque ce quartette a plié les gaules après la sortie de cet EP. Ceci dit, LETCHEN GREY est devenu avec le temps un groupe culte. D’ailleurs, le label Retrospect Records a réédité ce Party Politics en 2008, soit 22 ans après sa sortie initiale.

Tracklist:

1. Bring On The Night 
2. Playing With Fire 
3. Sexy Sadie
4. Can’t Help It
5. No Way Out

Line-up:

Robert Sykes (chant)
Mark Andersen (guitare)
Ric Asevo (basse)
Robbie Blackmore (batterie)

Label: Greenworld Records

Producteur: Stravinski Brothers

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