0000102995Le Hair Metal a connu trois vagues, ainsi que le rappelait notre ami Bruno « Bornu » Piszczorowicz. Firehouse est un des derniers gros noms issus de la troisième, aux côtés de Warrant, Winger ou encore Slaughter. Slaughter justement avec qui Firehouse possède une certaine proximité musicale, un gros son mené par une basse ronronnante, une guitare chaude et puissante et une batterie qui claque, mais toujours en privilégiant l’aspect mélodique. Cela dit, pour ceux qui sont allergiques à Mark Slaughter, rassurez-vous, la voix de C.J. Snare est moins criarde.

« Rock The Radio » nous montre en effet que le groupe n’a pas l’intention de plaisanter, petite intro avec choeurs scandés sur fond de percussions avant que le groupe déboule petit à petit: chant, batterie, guitare, basse et c’est parti. Titre parfait pour entamer un album et mettre l’auditeur dans sa poche, accrocheur et efficace. « All She Wrote » augmente le niveau avec son refrain hyper-mémorable et un bon riff de guitare (que certain diront calqué sur celui de « Round & Round » de Ratt… mouais… on est quand même loin du plagiat). Ce qui frappe surtout c’est le talent de chanteur de Snare, une voix qui a des capacités hallucinantes et qui, malgré ses montés dans les aigües, évite le côté horripilant d’autres chanteurs de niveau similaire (Michael Kiske,  Michael Sweet, Mike Matijevic) en esquivant le piège de s’y retrouver trop souvent coincé. Après un « Shake & Tumble » bien rentre-dedans, le groupe calme un peu les choses avec l’électro-acoustique « Don’t Treat Me Bad » qui deviendra un de leurs titres les plus connus. Sympa, mais ce n’est pas dans ce registre que le groupe est le meilleur, tombant trop dans la facilité.

Heureusement les affaires reprennent avec « Oughta Be Law » avec des parties de guitares toujours aussi jouissives de Bill Leverty (un guitariste qui mériterait qu’on s’arrête un peu plus sur son travail) et un refrain bien sûr énorme. Ce n’est certainement pas « Lover’s Lane » qui va faire baisser la pression avec un Michael Foster qui s’amuse à augmenter le tempo. Le plus mélodique « Home Is Where The Heart Is » ne démérite pas tandis que le mid-tempo groovy « Don’t Walk Away » se présente comme un autre grand moment du disque. Après un petit intermède acoustique, on en arrive à la perle de l’album, « Overnight Sensation ». Riff apocalyptique et puis il y a ce cri de C.J. Sandre, quasi inhumain à vous donner des frissons, alors que la basse et la batterie rejoignent l’ensemble. Difficile de ne pas sauter dans tous les sens en hurlant le refrain pendant toute la durée du morceau. Une bombe, je vous dis ! La ballade sirupeuse « Love A Lifetime » alla chatouiller les sommets des charts américain (n°5), comme la majorité des ballades insipides des groupes de Hair Metal de l’époque (« To Be With You », « Heaven », « Always »). Inutile de s’attarder beaucoup dessus. Heureusement le mélodique et accrocheur « Helpless » permet à l’album de clôturer sur une note nettement plus élevée puisqu’il s’agit d’un des meilleurs titres de l’album.

Ce premier album de Firehouse est certainement un des meilleurs de la ‘troisième vague’. Pour les détracteurs, ce fut bien sûr un album de Hair Metal de plus. Il est vrai que le groupe, malgré les qualités indéniables de ses musiciens et leurs compositions imparables, manquait sans doute d’une véritable personnalité. Cela dit, doit-on pour autant bouder son plaisir et rejeter un album de cette trempe ? Assurément pas. Heureusement pour eux, le public eu la même idée à l’époque et ce premier opus devient double platine, de quoi augurer du meilleur pour la suite.

Tracklist:
1. Rock On The Radio
2. All She Wrote
3. Shake & Tumble
4. Don’t Treat Me Bad
5. Oughta Be A Law
6. Lover’s Lane
7. Home Is Where The Heart Is
8. Don’t Walk Away
9. Seasons Of Change
10. Overnight Sensation
11. Love Of A Lifetime
12. Helpless

Musiciens:
C.J. Snare: Chant
Bill Leverty: Guitare
Perry Richardson: Basse
Michael Foster: Batterie

Producteur: David Prater

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