51TJrwGq2VLEn 1972, Black Sabbath, une des plus grosses sensations Rock du moment s’apprête à composer et à enregistrer son 4eme album. Pour changer de leur grise Angleterre, les brumies s’exilent à Los Angeles et louent à cet effet une luxueuse villa. L’ambiance devient vite incontrôlable. Ce n’est plus la Marie-jeanne qui tourne à volonté mais des montagnes de cocaïne qui aux dires d’Ozzy était la plus pure qu’il n’ont jamais eue. Le groupe est clairement passé à un autre stade, entre ambiance de fêtes décadentes et bad trips… qui commenceront à faire germer les premières dissensions. Bill Ward aura eu d’ailleurs des accès de peur incontrôlée en pensant qu’il allait se faire virer.
Obnubilés qu’ils étaient par la poudre d’ange, le quartet voulait nommer ce nouvel effort Snowblind. La maison de disque, pour des raisons commerciales, a refusé ce titre, d’où le nom assez bateau qu’est Vol 4. Anecdotiquement, dans les remerciements de l’album, le groupe fera une allusion marrante en gratifiant COKE-cola…

Heureusement, l’album est une vraie réussite artistique. Vol 4 est le successeur logique de Master Of Reality à la nuance près que l’album a un vrai son pachydermique. Si l’on devait classer de nos jour cette rondelle dans une étiquette musicale, on aurait pas honte de dire que c’est un groupe de Doom Metal voire même de Stoner. Les anglais de St Vitus par exemple, du même nom que la compo de ce Vol 4, ne s’y sont pas trompés en y puisant ici une source d’inspiration intarissable.
Son monolithique, massif et d’une lourdeur sans commune. Les compos sont également inspirées. Rien à jeter ou presque ici. On va commencer par le presque car « FX » est une expérimentation sans intérêt de sons de crucifix tombant sur la guitare de Iommi et retravaillés en studio. Les autres titre c’est que du bonheur.
L’album commence très fort avec la longue doublette « Wheels Of Confusion/The Straightener ». Titre bien construit, un peu dans la lignée des meilleurs de l’album précédent. Introduction bluesy puis déluge de son massif avec son tempo lent c’est une vraie réussite. L’outro instrumentale avec son beau solo « The Straithener » est un délice de mélodie.
« Tomorrow’s Dream » est peut être la première chanson de l’histoire que l’on pourrait qualifier de Stoner. Toujours ces tempi lents rehaussés des riffs puissants de Iommi et Butler.
« Changes » est une belle balade inspirée par les déboires conjugaux de Ward (décidément ce gars a la poisse…). Les textes simples mais inspirés sont interprétés avec conviction par le double O. Cette chanson est devenue un classique du Rock.
Attention car avec la doublette qui suit on frise le chef d’œuvre. « Supernaut » est une excellente compo où ici c’est Bill Ward qui est particulièrement inspiré. Martellement de caisse claire et de toms, le rythme est efficace. Le riff également est addictif. Du Grand Sabbath. « Snowblind », vous le connaissez tous ! Puissant, lourd, monolithique ce titre est du Sabbath pur jus, un peu comme quand ta tête est lourde après une soirée d’excès divers.
« Cornucopia » est le titre le plus heavy de ce Vol 4. Écoutez cette basse vrombissante pour voir. On a pas besoin d’aller bien loin pour comprendre d’où vient un groupe comme Type O Negative…
« Laguna Sunrise » est quand à elle un instrumental acoustique posé et reposant. En gros bienvenu après toutes ces compos plus lourdes qu’une enclume. C’est beau, c’est frais, léger comme le coucher de soleil sur la plage où Iommi à composé ce morceau.
« St Vitus Dance » est quant à lui un morceau dans la lignée des meilleurs de ce disque, à la différence près qu’il sonne plus d’époque que les autres. Un bon moment.
Enfin la fin est apocalyptique avec le très bon et heavy « Under The Sun » qui propose peut être le meilleur riff de ce skeud. L’accélération au premier tiers du morceau est typique du groupe et donne envie d’headbanguer comme un sauvage. L’outro instrumentale « Every Day Comes And Go » est une fois de plus une vraie réussite mélodique avec un très bon solo du maître des ténèbres du riff qui tue.

Vol 4 est un album indispensable à toute discothèque metal. Ce disque, plus subtil qu’il n’en a l’air à la première écoute, continuera d’influencer des cohortes de groupes encore pendant quelques dizaines d’années. Sabbath visionnaire ? Un peu mon n’veu !

Tracklisting :
1. Wheels of Confusion/The Straightener
2. Tomorrow’s Dream
3. Changes
4. FX
5. Supernaut
6. Snowblind
7. Cornucopia
8. Laguna Sunrise
9. St. Vitus Dance
10. Under the Sun/Every Day Comes and Goes

Musiciens :
Tony Iommi-Guitare
Ozzy Osbourne-Chant
Geezer Butler-Basse
Bill Ward-Batterie

Producteur : Black Sabbath, Patrick Meehan

Label : Vertigo

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