Electric_Angels_Med_Cover_600x600Ce qui est chouette avec des labels comme Demon Doll, c’est qu’ils exhument parfois des disques qui auraient du sortir mais-à-cause-d’un-manque-de-pas-de-bol sont restés planqués dans des caves pendant de très longues années. Ici, ce super label a sorti du placard le second album des Electric Angels.

Electric Angel était un groupe qui a eu son petit quart d’heure de gloire en ce tout début des années 90, ou tout de moins est resté culte. Ce groupe monté sur les cendres des cultes Candy (ou sévissait un certain Gilby Clarke) jouait un hard rock mâtiné de glam/sleaze à la Hanoi Rocks le tout avec un soupçon de Power Hard Pop. Les anges électriques sont également parfois connus comme étant un des tous premiers groupes du classieux guitariste Ryan Roxie. Leur premier (et bon) album a été distribué par la fameuse maison Atlantic. Le groupe s’étant même payé le luxe d’être adoubé par Bruce Kulick (qui donnera leur chanson « Let’s Put The X In Sex » aux peinturlurés de Kiss) et par le beau Jon Bon Jovi qui puisera l’inspiration de son excellente ballade « Bed Of Roses » auprès de leur sublime ballade « True Love And Other Fairytales ». Avouez entre nous qu’il y a pire comme parrains. Le groupe aurait pu donc cartonner et aller très loin. Le sort en a malheureusement décidé autrement.
Des démos ont été enregistrées pour un second album. Mais déçus par le manque de promotion de leur taulière Atlantic, les Anges ont laissé leur contrat expirer sans publier lesdites démos en un album. Les modes changeant et avec Roxie quittant le navire pour rejoindre Gilby Clarke puis Slash et son Snakepit, l’album est resté aux oubliettes. C’est donc ces démos, de très très bonne qualité qui ont été publiées sous le nom ironique de Lost In The Atlantic en 2017.

Première constatation, le groupe reprend exactement où il s’est arrêté avec le premier album. Les connaisseurs apprécieront et seront ravis d’entendre du nouveau matériel dans la veine qu’ils aiment. Pas de surprises donc, le groupe reste avec sa personnalité unique, proposant un Hard Power Pop de qualité parfois Glam, parfois plus Rock avec bien souvent des refrains très réussis. Quelques intonations beatlesiennes se font parfois sentir et habillent les mélodies de façon efficace.
Deuxième constatation, on attendait que Ryan Roxie soit la star du groupe. Il n’en est rien. C’est leur chanteur Shane qui casse la baraque et porte littéralement le groupe. Ce gars voyez-vous avait tout en lui pour devenir une vraie rock star. Beau gosse, chant agréable coincé entre un certain Bret Michaels voir même parfois Bon Jovi, on se demande comment et surtout pourquoi on a pas davantage entendu parler de lui.
Troisième constat, les compos pour des démos sont abouties. On retiendra l’entame « New York Time » incisive comme il faut avec quelques phrasés rap (attention on est loin d’un Bodycount faut pas déconner). Les rock « War Is Over » et « Ain’T Going Home With You » et le plus Soul« Color Of Hate » sont arrangés très efficacement avec leurs parties de sax et de cuivres. Pour groover, ça groove les enfants.
Ce qui est bien également avec ce groupe, c’est qu’il propose quelques textes particulièrement critiques envers les mentalités des jeunes. Écoutez donc pour voir le anti-conformiste « Def Generation » (qui aurait pu avoir sa place sur un album de Pretty Boy Floyd) et le « Lies My Father Told Me » (qui lui aurait pu être une très bonne chanson de Hanoi Rocks).
Pour la partie glam qui le fait bien, penchez-vous sur le « Hung Up A Pin Up Girl » coincé entre un bon T Rex et les Beatles.
Enfin les ballades sont au nombre de deux. Si « Wish I Could Fly » est agréable à écouter, « Spent The Night With A Memory » est par contre sublime ! Ce joyau caché est un vrai hit en puissance et aurait pu lancer le groupe efficacement si Atlantic avait pris le temps de s’en occuper. Ce titre est un must d’intensité et de feeling à fleur de peau avec une interprétation de Shane incroyable et des chœurs chantés par Roxie avec conviction. Le solo est efficace, les arpèges délicats, le texte inspiré. Tous les ingrédients étaient là. Dommage !!!!

Une fois de plus on réalise que cette époque bénie avait produit un nombre incroyable de groupes de qualité et d’album extraordinaires. Même les caves peuvent être remplies de témoignages incroyables de ce temps là. Donnez une chance aux Electric Angels, vous ne regretterez pas le voyage et je suis prêt à parier que vous ferez bientôt partie de leurs fans.

Tracklisting :
01. New York Times
02. God’s Children
03. Lies My Father Told Me
04. Wish I Could Fly
05. War Is Over
06. Postcards From My Heart
07. Color Of Hate
08. Live Forever
09. Woke Up Blind
10. Def Generation
11. Spent The Night With A Memory
12. Hung Up On A Pin Up Girl
13. Cheap Lipstick On A Million Dollar Face
14. Ain’t Going Home With You

Musiciens :
Shane – chant
Ryan Roxie – guitare, choeurs
Jonathan Daniel – basse, choeurs
John Schubert – batterie, choeurs

Producteur : Lance V

Label : Demon Doll Records

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