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Trois ans se sont écoulés depuis la bombe Bleed and Scream (2012) et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ Erik Mårtensson, chanteur et guitariste du groupe  n’est pas resté tout ce temps les bras croisés! Ses multiples talents alliant chant, guitare, composition et production font qu’il est devenu une des figures de proue du label italien Frontiers Records.

C’est bien simple, il est partout et de tous les projets, souvent accompagné (mais dans une moindre mesure) de son compère et autre tête pensante d’Eclipse, le guitariste Magnus Henriksson : compositeur avec Magnus de Never too Late (2012), hélas dernier album de  Jimi Jamison (ex-Survivor) décédé deux ans plus tard, dans le super groupe W.E.T avec Jeff Scott Soto, mais aussi au sein d’Ammunition, le nouveau groupe d’Åge Sten Nilsen (ex-Wig Wam), ou encore dans Nordic Union, excellent projet avec le chanteur Ronnie Atkins de Pretty Maids.

Bref on se demande  où il trouve encore du temps à consacrer à son propre groupe Eclipse, et pourtant ce nouvel album Armageddonize montre un Mårtensson en grande forme qui loin d’être submergé par ses multiples occupations annexes arrive à nous sortir un nouvel opus du feu de Dieu, même  si objectivement il y rien de bien nouveau sous le soleil.

Ainsi on  reste dans la lignée de Bleed and Scream avec un Hard Rock moderne et mélodique (prenant ses influences dans les années 80) aux rythme enlevé et hyper dynamique car le point commun de la plupart des 11 compositions est de vous donner une furieuse envie de vous remuer le popotin en chantant à tue tête!

Semblables dans leur structures elles sont toutes immédiatement accrocheuses avec des refrains faciles à retenir qui ne vous lâchent pas. Et c’est ce qui fait la force de la musique d’ Eclipse : pas de longues démonstrations techniques ni de chichis inutiles. On va droit au but, c’est direct, énergique et terriblement efficace mais ne cédant  rien à la facilité. Les claviers de Johan Berlin (officiellement il ne fait plus partie du line-up, comme membre à part entière mais reste tout de même dans le groupe en tant que musicien additionnel) loin d’être envahissants apportent le côté FM qui est la marque de fabrique d’Eclipse.

Dès le début « I Don’t Wanna Say I’m Sorry » donne le ton. Comment ne pas résister à l’envie de taper du pied à l’écoute de ce titre trépident mené par une section rythmique d’enfer?

On notera d’ailleurs l’arrivée dans le groupe de Magnus Ulfstedt au poste de bassiste dont on peut apprécier les belles lignes tout au long de l’album mais surtout sur les titres « Caught Up in the Rush »  et « One Life – My Life  » où le mixage lui rend particulièrement hommage.

Car encore une fois Erik et Magnus ont particulièrement soigné la production de l’album. Un son rond et puissant qui ne laisse aucun instrument en dessous des autres et un chant en parfaite harmonie s’accordant parfaitement avec le jeu des musiciens.

Et à ce niveau, deux titres me semblent se dégager du lot. Le premier est « The Storm » qui démarre tout doucement pour monter en puissance. Il est suivi de « Blood Enemies » aux intonations irlandaises. Son intro (plus d’une minute) à la guitare électrique, douce et aérienne me fait penser à certaines envolées de Gary Moore dans sa période Hard Rock. Ces deux morceaux riches, aux refrains fédérateurs nous permettent d’apprécier la batterie détonante de Robban Bäck qui accompagne parfaitement le chant d’Erik.

Un chant qui a considérablement évolué. Se cherchant aux débuts très AOR du groupe, il est à présent parfaitement posé et notre vocaliste sait le faire varier suivant l’intensité émotionnelle qu’il souhaite lui donner.

Avec par exemple « Live Like I’m Dying » seule brève ballade de l’opus. Ce n’est pas la spécialité du groupe, et pourtant chez Eclipse rareté rime avec qualité puisque dans cet exercice Erik est toujours particulièrement à l’aise. Il nous le prouve encore et son chant émouvant  nous met une fois de plus le cœur à l’envers (le mien en tous cas 🙂 ) accompagné d’un solo très inspiré de Magnus. J’en aurais bien pris une deuxième moi!

Cette chanson est suivie de « Breakdown », un peu à part sur l’album. Avec ses passages de guitare acoustique c’est un titre groovy aux accents du sud  que n’aurait pas renié un certain Gotthard.

On remuscle le propos avec « Love Bites » dont le refrain n’est pas sans rappeler certains titres de Pretty Maids, dans ses travaux actuels, influence que je trouve d’ailleurs assez présente sur certains morceaux notamment au niveau du riffing, « Wide Open », « Caught Up in the Rush » ou encore « All Died Young ».

Bref, Eclipse nous livre ici un cinquième album qui s’il ne sort pas des sentiers battus, est une fois de plus très abouti. Le groupe semble bien avoir trouvé son « son » et il reste à espérer qu’il continue sur cette lancée sans trop se reposer sur ses acquis pour encore faire évoluer sa musique. Mais mon petit doigt qui écrit cette chronique plus d’un an après la sortie du dernier album en date Monumentum (2017) me dit que notre combo nous réserve encore des surprises…

Tracklist :

  1. I Don’t Wanna Say I’m Sorry
  2. Stand On Your Feet
  3. The Storm4
  4.  Blood Enemies
  5. Wide Open
  6. Live Like I’m Dying
  7.  Breakdown
  8. Love Bites
  9. Caught Up In The Rush
  10. One Life-My Life
  11.  All Died Young

 Line-up :

 Erik Mårtensson : Chant, guitare rythmique
Magnus Henriksson : Guitare lead
Robban Bäck : Batterie
Magnus Ulfstedt : Basse Johan Berlin (claviers)

Producteurs : Erik Mårtensson, Magnus Henriksson

Label : Frontiers Records

Date de sortie : 20 février 2015

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