87123542_oAlice In Chains abordait les années 2010 de la meilleure façon qu’il soit. Leur album de retour Black Gives Way To Blue a certainement été un des tous meilleurs disques des années 2000. William DuVall s’est remarquablement intégré au groupe. La tournée servant à promouvoir cette tuerie a été un vrai triomphe. Pourtant AIC a une fois de plus pris son temps pour sortir son 5eme album The Devil Put Dinosaurs Here. Laps de temps assez long en réalité. Cependant l’attente en valait largement la peine. Cette nouvelle livraison est une fois de plus un très bon cru.

L’Alice Enchaînée reprend ici la formule appliquée pour Black Gives Way To Blue. Pas de mauvaise surprise donc, Alice reste Alice. La recette est toujours composée des ingrédients suivants : Joie triste, chant harmonique synchronisé entre Cantrell et DuVall, riffs et section rythmique plombée, musique dépressive flirtant parfois avec le Doom Metal. Non, non rien à redire de ce côté là, à la nuance près que l’expérience aidant, tous ces éléments sont bien mieux maîtrisés. Alice In Chains est un groupe qui n’a donc plus rien à prouver, dans la force de l’âge et qui sait toujours être lui même en le faisant d’une façon admirable. Les compositions sont donc plus alambiquées que dans le passé et peut être un peu moins sombres qu’à l’accoutumée (tout en restant très noires, c’est pas demain la veille que les gars de Seattle feront du Glam….). La construction sur certains titres est d’ailleurs assez progressive. C’est pour cette raison que l’album est plus difficile d’accès que son prédécesseur qui lui était bourré de titres facilement mémorables comme « Check My Brain ». Il faudra en effet quelques écoutes pour en saisir toute la beauté (noire) de ce Dinosaur. L’ensemble reste incroyablement cohérent et construit. Si vous vous amusez à faire tourner cette rondelle en changeant l’ordre des chansons, TOUT se suit parfaitement.
Un dernier mot sur la section rythmique, Sean Kinney semble s’être éclaté sur ses parties de batterie. On ne compte plus les nuances et les contre-temps de son jeu de batterie. Si vous avez un peu de temps, essayez d’écouter l’album en vous concentrant sur ses parties, vous allez halluciner sur ses capacités techniques ainsi que son jeu direct et subtil. Un batteur sous estimé sans aucun doute.

Toutes les chansons sont excellentes, AIC a une fois de plus réussi un sans faute. On retiendra particulièrement les très heavy « Hollow » et « Stone ». Le long et expérimental « Phantom Limb » incroyable dans sa construction autour d’un riff presque unique à l’arrière goût Thrash. « Pretty Done » est également un grand moment dans la pure tradition Alice In Chains. On est ici pas loin des morceaux proposés sur leur album éponyme de 1996. « Lab Monkey » est un morceau inquiétant dénonçant les tests médicaux sur les animaux. Le solo de Cantrell est une fois de plus sublime. AIC ne serait pas AIC sans morceaux pondérés et acoustiques. On retiendra les très bons morceaux « Choke », « Voices » et le semi acoustique/électrique « The Devil Put Dinosaurs Here » avec ses roulements de caisse claire. Les autres morceaux sont également excellents mais j’ai une préférence pour ceux cités ci-dessus.

Un dernier mot concernant la pochette et le nom un peu étrange de l’album. La clé nous a été livrée par Cantrell. La tête de ce Tricératops représente le signe du diable d’où ce titre : le diable a apporté les dinosaures ici. Peut être est-ce également parce qu’Alice est devenu également un dino du rock/metal ? Va savoir…

Il faudra par contre aux fans patienter encore 5 longues années pour avoir un successeur à cette tuerie. Leur nouvel album Rainier Fog sortira en Août de cette année. Espérons qu’il sera au moins aussi bon que ce Dinosaur !

Tracklisting :
1. Hollow
2. Pretty Done
3. Stone
4. Voices
5. The Devil Put Dinosaurs Here
6. Lab Monkey
7. Low Ceiling
8. Breath On a Window
9. Scalpel
10. Phantom Limb
11. Hung On a Hook
12. Choke

Musiciens :
Jerry Cantrell – lead and backing vocals, lead guitar
William DuVall – co-lead and backing vocals, rhythm guitar
Mike Inez – bass, backing vocals
Sean Kinney – drums, percussion

Producteur: Nick Raskulinecz, Alice in Chains

Label: Virgin, EMI

 

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