R-7315754-1438707195-4617.jpegBelle et étrange trajectoire que celle de Richie Kotzen… Remarqué très jeune au sein de l’écurie de Mike Varney en tant que shredder, remplaçant ou intérimaire de luxe pour des groupes de premier plan (Poison et Mr Big), des détours par le Jazz le temps de quelques projets, menant depuis quelques années une carrière solo prolifique même si à contre-pied de son statut de guitar-hero, le voici de retour avec Into The Black. Nous l’avions laissé entouré de musiciens dans son groupe Forty Deuce et il nous surprend et remet le couvert sous son nom. Amateurs de prouesses techniques, vous pouvez passer votre chemin car l’ami Richie semble avoir (définitivement ?) tourné le dos à la démonstration d’une maîtrise instrumentale qui, de toute façon est évidente. Seuls des soli, gorgés de feeling et facilement reconnaissables, rappellent le fabuleux guitariste qu’il est.

Plus encore, Richie pense sa musique en termes de chansons qui joueront le rôle d’écrin pour une voix qui s’affirme comme l’égale de ses doigts. Chargée de « soul », l’organe qui fait parfois défaut aux musiciens endossant en cours de carrière le costume de chanteur devient ici le centre du tableau. Son timbre évolue entre deux monstres sacrés qui l’ont manifestement influencé ; Glenn Hugues et David Coverdale. Ne s’autorisant que de moins en moins de « fioritures » par rapport à ses premiers albums en solo, c’est d’ailleurs la référence à Coverdale qui prend le pas sur le duo mythique immortalisé par le Deep Purple Mark III.

Approche intimiste de rigueur avec le premier titre « You Can’t Save Me » et cette ambiance sera celle de l’album complet. Pas de brûlot ni de grosses rythmiques, des arrangements assez dépouillés et nous voilà partis pour dix titres qu’il sera difficile de différencier lors des premières écoutes en raison de cette homogénéité. Le style est très commercial même si Richie revient à des sonorités plus organiques que sur certains de ses précédents albums. Un croisement entre des références 70’s et des styles musicaux actuels voire proches du grand public.

Les fans du Richie virevoltant sur son manche doivent d’abord s’assurer de leur adhésion à cette bien belle voix. Ceux qui sont convaincus depuis longtemps de la polyvalence de ce multi-instrumentiste, dont je fais partie, doivent envisager le défaut principal qu’il est possible de formuler ; une sorte de routine dans un registre qui colle manifestement le plus à ses envies musicales. Aucun élément de surprise, aucune prise de risques pour qui connaît sa discographie. Pour être sincère et vous éviter de lire entre les lignes, je trouve qu’il commence même à tourner en rond. La qualité des compos et de l’interprétation est évidemment au rendez-vous et il est tout à fait possible d’aborder cette facette du bonhomme via cet album. Mais la fraîcheur et l’inspiration, toujours dans ce registre musical, sont plus « excitantes » sur des disques tels Slow ou What Is.

Tracklist:
1. You Can’t Save Me
2. Misunderstood
3. Fear
4. The Shadow
5. Doin’ What The Devil Says To Do
6. Till You Put Me Down
7. Sacred Ground
8. Your Lies
9. Living In Bliss
10. My Angel

Musiciens:
Richie Kotzen: Chant, guitare, basse, batterie

Producteur: Richie Kotzen

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