reo-you-get_800xREO Speedwagon est surtout connu pour ses méga-hits « Keep On Living You » et « Can’t Fight This Feeling » au début des années 80. On en oublierait presque que le groupe était actif depuis le début des années 70 et se construisit peu à peu une solide réputation jusqu’au carton de You Can Tune A Piano, But You Can’t Tuna Fish qui les fera véritablement exploser. Mais le présent live sort juste avant ce fait de gloire, au moment-là où le chanteur Kevin Cronin, qui avait fait quelques aller-retour, décida finalement de rester définitivement. De ce fait, les titres présents sont loin d’être les plus connus de groupe (qui les supprimera peu à peu de leur répertoire pour faire de la place à leurs hits). C’est donc le parfait moyen pour quelqu’un qui n’aime pas les gros succès de REO Speedwagon de redonner une chance au groupe. D’autant qu’à cette époque, le groupe est une vraie machine de guerre en live, proposant un Hard Rock mélodique très enlevé.

REO Speedwagon à l’époque, ce sont les fondateurs du groupe Neal Doughty (le claviériste, seul membre à avoir participé à toute la carrière du groupe) et Alan Gratzer (le batteur), mais se sont surtout le guitariste Gary Richrath (principal compositeur à l’époque et soliste flamboyant comme nous allons le voir) et le chanteur-guitariste Kevin Cronin. A noter que le bassiste Gregg Philbin fait ici sa dernière apparition. « Like You Do » qui ouvre l’album nous montre le groupe teignait à l’époque son Arena Rock de subtiles influences Southern Rock (on les retrouvera encore tout au long de l’album, notamment sur l’instrumental « Flying Turkey Trot »). Nous sommes dans les années 70 et les groupes prennent souvent plaisir à s’offrir des plages musicales supplémentaires. Ainsi, sans pour autant tomber dans les morceaux à rallonge que certains reprocheront à Led Zeppelin, Deep Purple et autres Emersonn, Lake & Palmer, Richrath et Doughty s’offrent le plaisir d’interventions solistes. A ce petit jeu, le guitariste se montre particulièrement brillant, nous offrant riffs rugissants et des solos multiples à la fois mélodiques et virtuoses. Incontestablement, l’homme est parmi les grands guitar heros des années 70. Ce sont souvent ses solos qui font l’intérêt de titres parfois assez bateaux (comme « Lay Me Down ») qui sans ça ne seraient sans doute pas sorti de la masse de ce qui se faisait à l’époque.

Parmi les temps fort de ce live, on retiendra le languissant « Being Kind (Can Hurt Someone Sometimes) » et ses tourbillons de guitares, « (Only A) Summer Love » et sa longue plage d’outro instrumentale, le joyeux « Son Of A Poor Man », le très Rock n Roll « 157 Riverside Avenue » propice à des solos multiples,  un « Golden Country » gorgé de wah-wah rallongé pour notre plus grand plaisir et surtout l’énorme « Ridin’ The Storm Out » qui porte bien son nom et où Richrath brille de mille feux. Pour des questions de place, deux titres ont été supprimés de la version CD, un solo de Gary Richrath et une reprise de Chuck Berry (« Little Queenie »). Une version japonaise à depuis réparé cet petite faute de goût, mais il serait bien que le reste du monde ne soit pas oublié. Peut-être qu’un label du type de Rock Candy pourrait s’en charger ? Live: You Get What You Play For n’est jamais cité parmi les grands live des 70’s, pourtant il ne démérite pas auprès de ses confrères et donne une autre image d’un groupe souvent jugé trop lisse et sage.

Tracklist:
1. Like You Do
2. Lay Me Down
3. Any Kind of Love
4. Being Kind (Can Hurt Someone Sometimes)
5. Keep Pushin’
6. (Only A) Summer Love
7. Son of a Poor Man
8. (I Believe) Our Time Is Gonna Come
9. Flying Turkey Trot
10. Gary’s Guitar Solo
11. 157 Riverside Avenue
12. Ridin’ the Storm Out
13. Music Man
14. Little Queenie
15. Golden Country

Musiciens:
Kevin Cronin: Chant, guitare
Gary Richrath: Guitare
Neal Doughty: Claviers
Gregg Philbin: Basse
Alan Gratzer: Batterie

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