51vU0lmBsuLVirage délicat à négocier pour Lenny Wolf et son Kingdom Come avec ce Hands Of Time. Troisième album, nouvelle décennie qui perturbera « légèrement » l’assise qu’avaient les groupes des années 80′ et surtout un remaniement complet de son line-up. Partis sous d’ autres cieux musicaux les James Kottak et Rick Steier qui sortiront la même année un très bon Bareback avec le groupe Wild Horses. Cette stabilité de personnel qui aura duré le temps de deux albums sera remplacée par différents intervenants dont un certain Blues Saraceno sur trois titres ; « Can’t Deny », « You’ll Never Know » et « Do I Belong ». Il faut avouer que ces changements importants n’ont pas entamé la solidité et l’intérêt de Hands Of Time.

Bien que toujours poursuivi par cette réputation de « Led Clones », comme le chantait Gary Moore, ce parallèle est extrêmement réducteur et loin d’être fidèle et représentatif d’un style bien personnel. Reconnaissable « patte » que celle de Kingdom Come mais également d’autres influences que le dirigeable. Vous voulez un exemple ? Lenny Wolf sur les passages calmes et acoustiques de certains morceaux me rappelle un certain Geddy Lee (Rush) pas tant sur le timbre que sur le vibrato large et caractéristique du Canadien période « Fly By Night », « Caress Of Steel ». Opinion inédite il me semble, mais flagrante selon moi au détour de certains morceaux comme « I’ve Been Trying », « You’ll Never Know ».

L’album débute par une belle ambiance médiévalo-progressive sur une ligne d’accords rappelant le « Nothing Else Matters » de qui-vous-savez. Ce sera évidemment la seule référence, sans doute bien involontaire, à Metallica. En effet, on évolue plus dans le Hard-Rock classieux, propre sur lui, merveilleusement léché que dans le Heavy. On retrouve malgré le changement derrière les fûts, ce son de batterie lourd et imposant si caractéristique de Kingdom Come et qui leur a valu, en partie, ce statut de « descendant » ou « successeur » de Led Zeppelin. Déroutant par son côté versatile, « I’ve Been Trying » est surtout de très bonne facture. Les synthés se font plus présents avec « Should I » et une mélodie lancinante appuyée par une guitare incisive. Ce morceau envoûtant n’est pas, sur certains aspects, très éloigné de ce que pouvait proposer Ian Gillan durant cette même période. Une bien belle manière de travailler une ambiance et de la rendre évidente quasiment à la première écoute. Ambiance efficace également sur « You’ll Never Know » mais plus calme avec une belle alchimie entre claviers et guitare acoustique. Le solo de guitare électrique reprendra la mélodie vocale, procédé aussi simple qu’imparable.

S’enchaînent « Both Of Us », « Stay » Et « Blood On The Land », trois titres plus rentre-dedans, surtout pour le deuxième, qui découlent de ce savoir-faire indéniable que possède Lenny Wolf pour nous sortir des compos qui font mouche. La brièveté de ces titres associée à leur qualité n’autorisent aucun instant d’ennui. « Shot Down » renoue avec une atmosphère particulière, entêtante, orchestrée une fois de plus par des claviers inspirés. Plus basique dans son approche de morceau gentillet, « You’re Not The Only, I Know » ne dénote pas des autres titres quant à son efficacité. « Do I Belong » permet à Blues Saraceno de distiller un solo où son feeling unique fait merveille, fort bien servi il est vrai, par un morceau qui lui offrait un écrin de grande classe.

« Can’t Deny » ? Reprenez les louanges faites pour les morceaux précédents, mélangez-les et faîtes vous-même le commentaire qui s’impose. Quand le moteur est bien réglé, il suffit de le piloter sereinement ! L’album se termine avec le titre qui lui donnera son nom et sans être le meilleur morceau, il s’agit de celui qui lorgne le plus du côté du Zeppelin seconde moitié de carrière.

Particulièrement égal en ce qui concerne la qualité des morceaux proposés, il est toujours possible de ne pas aimer cet album; Mais si c’est la cas, c’est que soit on fait un blocage sur la voix de Lenny, soit on n’adhère pas à ce créneau musical qui n’était pas, il est vrai, le style prédominant de cette année 1991 et qui malheureusement pour Kingdom Come le sera encore moins les années suivantes. Cumulant les postes de compositeur-auteur-chanteur-bassiste-guitariste-producteur (l’histoire ne dit pas s’il s’occupait aussi du merchandising durant les concerts), Lenny Wolf a pris avec ce Hands Of Time le contrôle total d’un vaisseau qui faisait route, avec toute sa superbe, à travers les océans du Hard-Rock mélodique.

Tracklist:
1. I’ve Been Trying
2. Should I
3. You’ll Never Know
4. Both Of Us
5. Stay
6. Blood On The Land
7. Shot Down
8. You’re Not The Only I Know
9. Do I Belong
10. Can’t Deny
11. Hands Of Time

Musiciens:
Lenny Wolf: Chant, guitare, basse
Bert Meulendijk: Guitare
Marco Moir: Guitare
Blues Saraceno: Guitare
Steve Burke: Batterie
Jimmy Bralower: Batterie
Koen van Baal: Claviers

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