dq42yaq7og8da_600LÖVE RAZËR fait partie de ces groupes espoirs de la scène Sleaze/Hard Rock. En effet, ce quartette canadien originaire de l’Ontario a attiré l’attention des fans les plus passionnés du genre en 2016 par l’entremise d’un EP de 3 titre ayant pour titre Rock n’ Roll Addiction. Ce qui avait le plus marqué, c’était la propension de ce combo canadien à se positionner dans le revival 80’s de manière crédible en adoptant le look, l’attitude et la musique de l’époque avec aisance. Cet EP laissant entrevoir des choses prometteuses, on attendait de LÖVE RAZËR qu’il passe la vitesse supérieure en sortant son premier véritable album.

Et bien, c’est chose faite en 2018. Comme il l’avait planifié, LÖVE RAZËR sort son premier album ayant pour titre Border City Rebels. Tout un programme ! En passant, on peut remarquer que la pochette de l’album est vraiment réussie. Ce détail laisse supposer que ce jeune quartette canadien, qui revendique depuis ses débuts sa passion envers les quelques groupes majeurs des 80’s comme MÖTLEY CRÜE (qui a un point commun avec LÖVE RAZËR, je vous laisse deviner lequel), GUNS N’ ROSES, L.A. GUNS, ne va pas virer sa cutie et proposera une musique assez proche de ce que faisaient ces groupes légendaires dans les 80’s…

Et c’est tout à fait de ça qu’il s’agit sur Border City Rebels. Je dirai même plus: les nostalgiques de la scène Sleaze/Glam/Hard Rock de la seconde moitié des 80’s risquent d’avoir une hallucination à l’écoute de cette galette en pensant avoir affaire à un super-groupe comprenant Tommy Lee, Nikki Sixx, Phil Lewis, Tracii Guns, Slash et Izzy Stradlin qui aurait enregistré un album vers 1988 ou 1989, mais dont les bandes auraient été égarées, puis retrouvées par hasard par les suédois de CRASHDIET qui auraient quelque peu retoqué le truc. Pourtant, on a bien affaire à un jeune groupe actuel, mais celui-ci est tellement imprégné de la scène Sleaze des 80’s qu’on pourrait se méprendre…. Car s’il y a bien une chose qu’on ne peut pas enlever à LÖVE RAZËR, c’est la conviction, la sincérité qu’il déploie tout au long de cet album. Et ce ne sont pas l’enjoué et énergique « Outlaw », le mid-tempo Hard groovy « Trip To Nowhere », résolument Glam dans l’esprit malgré un refrain un chouia mélancolique qui, de surcroît, synthétise parfaitement ce qu’étaient MÖTLEY CRÜE et GUNS N’ ROSES au meilleur de leur forme, ou encore l’énergique brûlot Sleaze-Rock « Partied Out Freak », mettant aux prises le chanteur (Sydney Snow) avec des choeurs à la fois envoûtants, hypnotiques et déterminés, qui feront dire le contraire. Quand au mid-tempo « Too Hot To Handle », apès une intro à la basse bien appuyée, il se distingue par un refrain entêtant, puis par une accélération finale voyant la section rythmique et les guitares péter le feu. Pour faire passer de bons moments aux nostalgiques de la scène Hard Rock 80’s, le mini-hymne Sleaze-Rock « Venom » se pose là et s’affirme, comme son titre l’indique, comme étant venimeux, contagieux, les vocaux modulés et ensorceleurs, ainsi que les choeurs tapageurs venant booster le refrain renforçant à point nommé cette impression. Dans un registre plus actuel (du moins, dans le domaine du Sleaze), « Lifeline » surprend par sa brève intro mélancolique, sombre, mais il s’agit d’une fausse alerte car la suite de la chanson rapproche LÖVE RAZËR du Sleaze à la sauce scandinave façon HARDCORE SUPERSTAR, CRASHDIET. Quand au mid-tempo « Toxic Tears », s’il fait écho au 1er album de CRASHDIET, Rest In Sleaze, il voit le combo canadien davantage développer l’aspect mélodique et les accents Glam sont plus présents qu’à l’accoutumée. Mais la plus belle trouvaille, et par extension la plus belle surprise de l’album se trouve du côté de « Stuck Under You »: son intro acoustique laisse en effet croire qu’on a affaire à une ballade Folk comme on en entendait souvent entre les mid-80’s et les mid-90’s, puis au bout d’une minute, le ton se durcit de manière inattendue, le ton de la chanson changeant du tout au tout pour faire basculer celle-ci dans un Sleaze-Rock mélodique, accrocheur et vénéneux, le tout servi par un refrain hyper-catchy en guise de cerise sur le gâteau. Il s’agit peut-être du meilleur titre de l’album, celui qui est le plus à même de rester bien ancré dans les mémoires.

Finalement, ce qu’on peut dire, c’est qu’avec Border City Rebels, LÖVE RAZËR s’est assez bien acquitté de sa tâche et a réussi l’examen du premier album (plus difficile qu’il n’y paraît ,de prime abord). On est ici en présence d’un assez bon hommage à la scène Sleaze/Heavy-Rock de la seconde moitié des 80’s. De toute évidence, les quatre musiciens canadiens du groupe ont su totalement s’immerger dans ce trip pour ressortir aussi bien l’état d’esprit et l’attitude de cette scène musicale. Et puis, comment rester insensible aux soli de guitare, empreints de feeling et faisant écho aux performances des Slash et autres Tracii Guns et répondant parfaitement à la voix éraillée du chanteur Sydney Snow… Avec 31 minutes au compteur, Border City Rebels limite le remplissage et se laisse agréablement déguster. Les nostalgiques de l’époque devraient apprécier ce premier opus fort prometteur de LÖVE RAZËR. Et vu les qualités de ce quartette canadien, il est incompréhensible que celui-ci soit toujours sans maison de disque à l’heure où je rédige ces lignes. Espérons qu’à l’avenir, LÖVE RAZËR trouve une bonen maison de disque qui saura comprendre sa démarche et exploiter au mieux son potentiel pour lui permettre d’aller de l’avant…

Tracklist:

1. Outlaw
2. Too Hot To Handle
3. Venom
4. Lifeline
5. Trip To Nowhere
6. Stuck Under You
7. Partied Out Freak
8. Toxic Tears

Line-up:

Sydney Snow (chant)
Micky Bonez (guitare)
Metal Mike (basse)
Crissy Stixx (batterie)

Producteur: Martin Bak

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