chainbreaker-bgComme d’autres courants tels que le Heavy, le Sleaze (entre autres), le Thrash a connu une vague revival qui, depuis une douzaine d’années, ne s’est jamais essoufflée. Ainsi, nous avons eu l’occasion de connaître une multitude de groupes à la qualité variable. Et dans cette vague de groupes perpétuant la tradition du Thrash Metal, voici venir CHAINBREÄKER, un quartette en provenance d’Autriche, de Linz pour être tout à fait précis. Formé en 2015, CHAINBREÄKER est un jeune combo qui compte déjà à son actif un EP de 6 titres intitulé Awakening Of Evil, sorti en 2016.

Il faut attendre l’année 2018 pour voir ce quartette autrichien sortir son premier vrai album, Wasteland City. Il faut savoir que ce premier album contient 5 des 6 titres de l’EP Awakening Of Evil, ce qui peut inciter certains esprits chagrins à maugréer sur le fait que le quartette autrichien ne s’est pas foulé plus que ça, vu que ce premier album studio contient 10 titres… Musicalement parlant, en tout cas, il n’y a pas de surprise: CHAINBREÄKER pratique un Thrash Metal teinté de relents Heavy/Speed. Pour être plus précis, CHAINBREÄKER renforce la cohorte de groupes et artistes qui célèbrent les 80’s (ou lui rendent respectueusement hommage, si vous préférez) et leur musique se situe à mi-chemin entre le Thrash labellisé Bay Area et le Heavy/Speed à l’européenne. Les influences de ce jeune gang autrichien sont à chercher du côté de DESTRUCTION, EXODUS, ANTHRAX. De bonnes références, donc.

Si on ne sera pas surpris le moins du monde par des compos comme « Wasteland City », « Mind Control », « Breaking The Chains » et « Acid Attack » qui voient CHAINBREÄKER se positionner résolument dans un Thrash mâtiné de relents Speed-Metal on ne peut plus classique, en revanche, on ne sera pas indifférent à « Merciless Eyes » transcendé par un chant rageur, des riffs saccadés, une rythmique au taquet, ainsi qu’un solo véloce bien appuyé par la basse, ainsi qu’à « Oldschool Attitude », une speederie aussi sauvage que jouissive, une véritable ode à la boucherie qui arrache qui en jette rien que par la titre, déjà. Sur ces 2 titres, le jeune quartette de Linz adopte l’attitude adéquate pour s’élever par rapport à la moyenne et, pour le coup, on se dit que CHAINBREÄKER vaut le coup qu’on s’attarde un peu sur son cas. Dans un genre un peu différent, « Fuck Shit Up » (alors, ça, c’est aussi du titre !) interpelle aussi car s’il est plus typé mid-tempo, ce titre  reste assez déjanté et foncièrement déchaîné et ce qui attire particulièrement l’attention, c’est cette longue intro basse/batterie qui donne la réplique aux riffs, sans oublier son solo de basse qu’on n’attendait pas.

Le reste de l’album, s’il reste ancré dans les racines du Thrash et du Heavy, se veut un peu plus nuancé. Par exemple, si « Awakening Of Evil » est agrémenté de passages mid-tempos avec une basse, là aussi, assez présente, il ne s’agit pas pour autant d’un titre exceptionnel. On préférera être davantage convaincu par « Blood For Blood » dont le début laisse croire qu’on a affaire à un mid-tempo typé Metal mélodique avant de basculer, après 50 secondes, dans les sphères plus classiques du Thrash/Speed Metal. Pour le coup, CHAINBREÄKER a pu donner un court aperçu de sa facette mélodique et, s’il développe cet aspect de sa musique dans le futur, le résultat pourrait être intéressant. Mais le titre qui s’écarte vraiment des sentiers battus, qui diffère vraiment du reste de l’album, c’est « Rain Of Ruin » car là, on a affaire à un mid-tempo à l’ambiance sombre, angoissante et, à défaut d’être transcendant, il a au moins le mérite d’apporter un peu de variété à l’album, de montrer que CHAINBREÄKER peut varier les plaisirs.

Comme premier album, Wasteland City est un effort plutôt honorable, décent. Après tout, parmi tous les groupes oeuvrant dans le revival Thrash, on en a déjà entendu de nombreux pires que CHAINBREÄKER. Bon, on peut toujours objecter qu’il manque un petit plus à ce jeune quartette autrichien pour s’élever et faire partie des meilleurs représentants de cette vague. Ceci dit, celui-ci a pour lui sa jeunesse, sa fougue, ainsi qu’une certaine volonté de ne pas proposer quelque chose de trop monolithique. Toujours est-il que cette première offrande (qui, on l’espère, en appellera d’autres dans le futur) de CHAINBREÄKER devrait satisfaire les nostalgiques du Thrash.

Tracklist:
1. Merciless Eyes
2. Wasteland City
3. Oldschool Attitude
4. Fuck Shit Up
5. Breaking The Chains
6. Awakening Of Evil
7. Mind Control
8. Blood For Blood
9. Rain Of Ruin

10. Acid Attack

Line-up:
Stefan Bruckner (guitare)
Christoph Ley (chant, guitare)
Jürgen Lengauer (batterie)

Jan Fisselberger (basse)

Producteur: Lukas Haidinger

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