ninja-2Il est étonnant que je n’ai jamais pris le temps de chroniquer cet album. En effet, il s’agit rien de moins que de l’un de mes Top 5 de la scène Glam 80’s/mid 90’s, c’est tout dire.

Formé en 1985 à New York, scène musicale alors emmenée par les célèbres TWISTED SISTER, NINJA comprend entre autres Danny Stanton l’ex chanteur des New Yorkais de TAKASHI. Groupe moyen qui ne sortira qu’un Ep du nom de « Kamikaze Killers » en 1983, récemment édité en cd avec bonus. NINJA se veut d’être le pendant New Yorkais de la scène Californienne qui héberge la quasi totalité des cadors du genre. C’est la petite maison de disque Iron Works, spécialisé dans les petits groupes et aujourd’hui très prisée des collectionneurs, qui signera le quintet.

En 1986 sort un single Picture Disc avec 1 seul titre : « Eye on You ». Picture Disc qui existera en plusieurs formes : rectangulaire, ronde, en forme de cœur…. qui est une des marques de fabrique de ce label, multipliant ainsi les formes en tout petit tirage (joie des collectionneurs).

Il va de soi que le nom choisi par le groupe est très commun tout autant que l’artwork représentant un dragon stylisé. A l’époque bien des groupes avaient une image, un nom, des looks ambivalents (BLITZKRIEG (U.S.A.), ODIN… etc…) pas encore formatés en fonctions du style musical joué. Mais attention car comme le stipule l’autocollant : « From the backstreets of New York, NINJA has arrived, so lock your windows, and bolt your doors !!! » cela ne rigole pas.

C’est en 1987 que sort cet excellent « Forgotten Shadows » uniquement édité en vinyl. Enregistré au Music Palace à New York, très certainement en une poignée de jours, l’album est produit par NINJA et Dino Sargent. Comme tous ces groupes signant sur des petits labels aux moyens modestes, le son est à l’avenant à savoir moyen, manquant singulièrement de relief et un peu étouffé… comme pour beaucoup de groupes n’ayant pas eu la chance de signer sur une Major Company soit dit en passant.

La scène New Yorkaise était alors certainement plus soudée que la scène Californienne et il est amusant de noter que Danny avait gardé des liens avec les Snider (liés à l’époque où TAKASHI ouvrait pour les TWISTED) car c’est la femme de Dee Snider, Suzette, qui est créditée pour son aide sur la confection des tenues de scène.

L’album attaque avec l’inquiétante intro, très typée horror movies des 80’s, de « Return of the Ninja », suivi par une cavalcade guitaristique de bonne augure emmenée par les deux gratteux : Arty Price et Bruce Cythe. Déboule alors le chant hyper glam de Danny Stanton qui pour moi a certainement le phrasé, ou le flow, le plus glam que je connaisse avec en outre cette légère reverb qui lui sied à merveille. Avec son timbre de voix medium il transcende le morceau et y inculque sa rage et sa verve. L’un des morceaux les plus vif de l’album.

Le titre suivant, « Machine Gun Love », est un morceau classique bien Glam, agréable à écouter, certes, mais qui ne ressort pas particulièrement du reste de l’album.

Par contre il en va tout autrement pour le morceau suivant,  »L.A. or Bust », qui déboule avec sa rythmique de guitare bien entêtante secondée par la rythmique implacable de James Kelly (bass) et Tony Fortunato (batterie). Là, on est dans le hit single dans le genre, avec son refrain simple et percutant. Le tout relevé par un solo de guitare à la limite simpliste mais en totale adéquation avec le titre.

La balade qui s’ensuit, « Forgotten Shadows », est une des plus belles que je connaisse, gorgée de feeling, magnifiée par la voix de Danny et cette guitare lancinante. Les superbes pré-refrains et les parties de solos de guitares collent parfaitement à l’ensemble : un must dans le genre ! ! !.

La Face B démarre de façon tonitruante avec le très bon « Come Along With Us ». Guitares Glam à souhait, chant typique de ce style, encore un très bon morceau des New Yorkais qui comme ils le disent « Ninja rocks the day ».

« All Beat Out » est un des fleurons de ce LP. Le chant de Danny y est le plus Glam de l’album, un régal avec son phrasé syncopé et rythmé. La guitare binaire vous entraîne et vous fait secouer la tête avec frénésie. Un hit glam en puissance qu’aurait pu sortir un POISON sur-vitaminé sur son 1er album.

« Psalm Zero » morceau le plus hargneux de part le chant et le rythme de batterie enfonce le clou a grand coup de riffs et de grosse caisse. Ca claque fort et c’est bon.

L’album se finit par un faux live d’anthologie… morceau qui est une reprise des écossais de BAY CITY ROLLERS. « Saturday Night » est juste magnifié par NINJA qui se l’est accaparé de façon extraordinaire, tout comme si c’était lui qui l’avait composé. Ultra Glam au refrain on ne peut plus entêtant scandé à tue tête par le fougueux Danny ce morceau est juste un immense hit ainsi réactualisé. En effet si l’original sonne 70’s, cette version ci est actualisée à la sauce Glam Metal des 80’s pour en faire un titre faramineux. L’album se finit ainsi en apothéose.

NINJA ne rencontrera qu’un très faible succès, dû au manque de promo de leur petit Label, il est à parier qu’avec un support digne de ce nom leur carrière eu été tout autre. Par la suite, le groupe enregistrera une demo K7 ultra rare en 1988, intitulée « S.W.A.K. » (Sealed With A Kiss). La chanteur devait, il y a un an de cela, m’en procurer une, mais il a été fâché par un Cdr du « Forgotten Shadows » que je m’étais fait et ressemblant à un Cd pirate (et intégrant des images de son compte FB). Du coup, puni le salopard de froggie, pas de K7!!!

Les membres du groupe tombèrent dans l’anonymat, seul Danny enregistra un Cd Ep avec les New Yorkais de WILD AUGUST, en 1994.

A savoir que ce Lp n’a jamais été édité en Cd. J’avais réussi par mon réseau à avoir un contrat pour la réédition de 2 Cds, « Forgotten Shadows » et « S.W.A.K. », malheureusement Danny refusa l’offre de la maison de disque, sans donner de raisons… bref, j’avais mis des années à essayer de trouver un des membres du groupe, à en parler à certains labels Retrospect, Heaven & Hell, Demon Doll et d’autres… et à quelques encablures de la finalisation tout a couler. J’aurai finalement plus de succès avec les danois de GEÏSHA, un autre groupe que je voulais voir rééditer en Cd.

Wait & see…

Un album qui est pour moi un des piliers de cette période Glam comme peut l’être le premier POISON ou les deux très bons albums de LONDON. A avoir et à écouter fort mais alors très, très fort ! ! !

Certes il ne faut pas y chercher la moindre originalité, il n’en recèle pas une once… mais qu’est-ce que cela est bien fait et exécuté dans le genre ! Je ne m’en lasse toujours pas après plus de 30 ans après sa sortie.

NOTE : 8,5/10

Musiciens :

  • James Kelly : Bass
  • Tony Fortunato : Drums
  • Bruce Cythe : Guitars
  • Arty Price : Guitars
  • Danny Stanton : Vocals

Producteurs : NINJA & Dino Sargent

Label : Iron Works [IW 1012]

NINJA 1

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