a2797374500_5Si la situation globale du paysage musical américain est catastrophique, il ne faut pas pour autant verser dans le désespoir le plus noir. Lorsqu’on se penche un peu du côté de la scène musicale underground du pays de l’Oncle Sam, on y trouve des choses intéressantes, recommandables et l’on se dit qu’il reste encore quelques raisons d’espérer. Car la scène Heavy Metal, si elle est loin, très loin des sphères mainstream, est plus prolifique qu’on ne le croit. Ainsi, on a pu faire plus ample connaissance avec ETERNAL CHAMPION et VISIGOTH (chroniqués sur ce site) ces dernières années. Et d’autres groupes sont également désireux d’en découdre. WEAPONLORD, dont on va parler dans cette chronique, fait partie de ceux-là.

Evoluant en tant que quartette, WEAPONLORD n’est pas encore signé sur une maison de disque à l’heure où j’écris ces lignes, mais vient quand même de sortir son premier album en tant qu’auto-production en cette année 2018. Le titre de son premier méfait: Hail The Victorious. Et les plus anciens ont dû tiquer à la vue de la pochette de cet album: en effet, elle n’est pas sans rappeler le fameux premier album éponyme de VAN HALEN sorti 40 ans plus tôt. Mais qu’on ne s’y trompe pas: WEAPONLORD n’a, en dehors de la nationalité, rien en commun avec VAN HALEN. Non, ce combo originaire de Seattle évolue plutôt dans les territoires du Heavy Metal et du Power-Metal et ses influences sont plutôt à chercher du côté de METAL CHURCH, ARMORED SAINT, JUDAS PRIEST période Painkiller.

Le décor étant planté, ce premier album s’avère dans l’ensemble énergique et met en exergue un groupe décidé, déterminé. On remarque que la basse est assez présente et épaule efficacement les guitares, tandis que le chanteur (Bison M. Longshot) module sa voix, celle-ci étant tantôt dans les médiums et mélodique, tantôt plus aigue et rageuse. De nombreux titres Heavy/Speed pétaradants sont présents sur cette galette. Si Drawn And Quartered », débordant d’enthousiasme, est plutôt jouissif grace notamment au chant déjanté, ainsi qu’à des lignes de basse plus pesantes au milieu de la chanson (c’est-à-dire quand le tempo ralentit), c’est quand même « Whisper In Darkness » qui se révèle le plus convaincant, le plus marquant de tous car il se voit agrémenté de quelques passages épiques, plus lents et, on en parlera ultérieurement, propose un bon condensé de ce que le groupe a montré sur cet album. Les autres titres, le direct et expéditif « Witch Hunt », ainsi que « Mission 25 », par moments décousu, montrent que le quartette de Seattle est efficace dans ce domaine et incarnent par la même occasion la facette la plus brute du groupe, mais sans toutefois atteindre l’excellence de « Whisper In Darkness ». Le seul titre Heavy/Speed qui ne soit pas inspiré, voire en trop, c’est « Dagon ».

Le reste de l’album voit WEAPONLORD développer d’autres facettes de sa musique. Si « Hail The Victorious » est un mid-tempo à la fois puissant et travaillé, bien que joué pied au plancher, c’est l’autre mid-tempo « March Of The Weaponlord » qui est le plus susceptible de faire sauter au plafond: après une longue trame instrumentale (le chanteur n’intervient qu’au bout de 1’25), la chanson se fait plus prenante, haletante et revêt un caractère épique de haute tenue, d’autant que le chanteur Bison . Longshot fait étalage de toutes ses capacités vocales en les utilisant à bon escient. Quand à « Life Of Crime », qui fleure bon le Heavy mélodique 80’s, c’est une compo qui met davantage en avant l’aspect le plus mélodique de ce combo US et qui aurait tout aussi bien pu trouver sa place sur un opus de LEATHERWOLF il y a 30 ans, d’autant que le solo est au poil.

S’il n’y a aucune ballade sur ce disque, celui-ci recèle quand même de quelques moments plus calmes. C’est le cas de l’instrumental lent « Throne Room Masquerade » qui aurait peut-être gagné à être un peu plus élaboré car il ne marque guère les esprits. « Requiem… Dies Irae », par contre, est une pièce plus originale, mieux pensée car en plus d’ouvrir l’album, elle débute comme un instrumental calme, puis à mi-chemin, l’ensemble se déchaîne avec l’arrivée d’un duo chantant (Bison M. Longhsot et la bassiste Leona Hayward) en mode survolté, ainsi que des guitares plus acérées, le tout soutenu par une rythmique accélérée.

Pour un premier album, Hail The Victorious peut être considéré comme de l’artisanat honnête, honorable. L’ensemble est homogène,bien exécuté. Ceci dit, à aucun moment WEAPONLORD ne surprend. Il manque peut-être à ce quartette un véritable hymne fédérateur. Car si « March Of The Weaponlord » et « Whisper In Darkness » semblent se détacher un peu du lot, ils n’atteignent quand même pas le statut de classiques intemporels. Souhaitons à WEAPONLORD de parvenir, dans le futur, à s’affranchir de ses influences, à davantage développer sa personnalité et à se doter de classiques imparables car ce quartette américain a un potentiel intéressant qui ne demande qu’à exploser à la face du monde. Espérons également que WEAPONLORD décroche un deal avec un label qui saura lui permettre d’aller de l’avant en sachant mieux le faire connaître car ce combo vaut nettement mieux que de nombreux combos moyens (dans le meilleur des cas) à qui les médias et le music-business déroulent le tapis rouge depuis des années…

Tracklist:
1. Requiem… Dies Irae
2. Drawn And Quartered
3. Life Of Crime (Going Downtown)
4. March Of The Weaponlord
5. Mission 25
6. Witch Hunt
7. Hail The Victorious Dead
8. Dagon
9. Throne Room Masquerade

10. Whisper In Darkness

Line-up:
Bison M. Longshot (chant, guitare)
Cody J. Brumlow (guitare)
Leona Hayward (basse)

Chris Craven (batterie)

Producteurs: Cody J. Brumlow, Bison M. Longshot & Weaponlord

Sites Internet:

 

Publicités