monster-magnet-mindfuckerMine de rien,MONSTER MAGNET en est à son 10ème album studio en cette année 2018, avec Mindfucker. Le groupe originaire du New Jersey et conduit par son leader charismatique Dave Wyndorf affiche 29 ans de longévité (l’aventure a démarré en 1989) et les divers changements de maisons de disque, changements de line-up et problèmes de drogue n’ont pas ébranlé la détermination et la foi de MONSTER MAGNET. Le groupe, officiant en tant que quintette, sait que les rêves de gloire sont désormais loin derrière lui (pour rappel, Powertrip, sorti en 1998, fut certifié disque d’or aux USA), ce qui a permis à celui-ci de ne pas trop se perdre en route. Avoir su surmonter plusieurs épreuves au long de sa carrière a certainement permis à son leader Dave Wyndorf de se forger une carapace en béton.

Sorti chez Napalm Records, label chez qui MOSNTER MAGNET officie depuis 2009, Mindfucker est en quelque sorte un condensé de ce que la bande à Dave Wyndorf  a su faire de mieux. En somme, les fans du groupe ne devraient pas être désorientés par ce 10ème opus, d’autant que, bien que prenant lui aussi de l’âge, Dave Wyndorf a conservé sa hargne et son énergie intactes. Sur Mindfucker, MONSTER MAGNET s’est employé à mettre son expérience au service de son savoir-faire et son inspiration.

L’écoute de cet opus permettra de constater que MONSTER MAGNET, à défaut de révolutionner le le Heavy-Rock/Stoner à tendance 70’s ou d’innover, se montre en pleine forme en 2018, ce qui n’est pas forcément le cas de tous les groupes qui ont animé les 90’s. D’entrée de jeu, la bande à Dave Wyndorf assène quelques cartouches pas piquées des vers telles que « Rocket Freak », un brûlot endiablé, chargé de testostérone, brut de décoffrage qui voit les guitares fuser, le foncièrement Rock n’ Roll « Soul », à la fois Heavy et aérien, qui fait taper du pied, sans oublier le mid-tempo « Mindfucker », paré d’oripeaux Hard Rock Psychédélique, à l’ambiance enfumée et transcendé par un final jouissif par l’entremise des guitaristes (Phil Caivano et Garrett Sweeny) qui se lâchent totalement en évoluant en roue libre, ainsi que de Dave Wyndorf qui parachève l’ensemble de manière survoltée (c’est qu’il faut l’entendre pour le croire).

Le reste de l’album, si ça reste de bonne facture, est quand même un cran en dessous des 3 premiers titres cités. MONSTER MAGNET étale quand même son savoir-faire et démontre que sa maîtrise ne s’est pas diluée avec le temps et qu’il n’a de leçon à recevoir de personne. Que ce soit avec le mid-tempo « When The Hammer Comes Down » qui alterne passages sombres, turbulents et ambiances planantes, aériennes, avec le catchy et entêtant « Want Some », bien dans l’esprit larger than life si cher aux américains, avec le mid-tempo Space-Rock aux harmonies hypnotiques « I’m God », dopé par un refrain survolté, avec le très travaillé « Drowning » (7’20 au compteur), sorte de Heavy-Rock grungy à forte connotation progressive, limite épique, ou encore, un peu plus surprenant, avec « Brainwashed » qui oscille entre le Proto-Punk de la fin des 60’s etle Rockabilly, le combo drivé par Dave Wyndorf se fend d’un travail plus qu’honorable et sait habilement éviter de tomber dans le piège de l’auto-caricature.

En passant, MONSTER MAGNET s’est fendu avec « Ejection » d’une cover intéressante de Robert CALVERT, un ancien poète et musicien d’origine sud-africaine (qui n’est plus de ce monde depuis 1988) qui avait fait un temps partie de HAWKWIND et qui, en solo, s’est fendu d’un premier album (Captain Lockheed And The Starfighters) hautement recommandable. Si cette cover est assez fidèle à l’esprit Space Rock de la première moitié des 70’s et n’apporte rien de plus que l’originale, elle a au moins le mérite de rendre hommage à un artiste disparu, voire oublié il y a longtemps.

Au final, si Mindfucker n’est pas le meilleur opus de MONSTER MAGNET, il tient fort bien la route. Dave Wyndorf et sa bande ont encore de la ressource, ce qui n’est pas forcément évident au bout de 10 albums et presque 30 ans de carrière. D’ailleurs, à bien y réflechir, MONSTER MAGNET n’a jamais réalisé de mauvais disque dans sa carrière (tout au plus, 2 ou 3 disques un peu en-deçà des autres, mais rien d’indigne). Cela mérite d’être souligné car rarissimes sont les groupes des 90’s à avoir une discographie irréprochable (outre MONSTER MAGNET, on peut aussi citer ALICE IN CHAINS et, dans un autre registre, AT THE GATES, ce qui est vraiment très peu). Une telle performance force le respect.

Tracklist:
1. Rocket Freak
2. Soul
3. Mindfucker
4. I’m God
5. Drowning
6. Ejection 
7. Want Some
8. Brainwashed
9. All Day Midnight

10. When The Hammer Comes Down

Line-up:

Dave Wyndorf (chant, guitare)
Garrett Sweeny (guitare)
Phil Caivano (guitare)
Chris Kosnik (basse)
Bob Pantella (batterie)

Producteurs: Joe Barresi, Dave Wyndorf, Morgan Stratton, Phil Caivano

Label: Napalm Records

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