04467c67072645558ee0b5b5a4123d5dJe n’ai jamais vraiment compris le gros succès de l’album Metal Health qui malgré quelques compositions personnelles plutôt bonnes, reposait surtout sur une reprise (le reste de l’album étant plutôt moyen). Le groupe récidivera l’année suivante avec un peu moins de succès mais toujours porté par une reprise de Slade qui fera également parler d’elle. Sur ce cinquième album (malgré son titre), Kevin Dubrow, seul survivant du line up d’origine (qui comprenait un certain Randy Rhoads sur les deux premiers albums) semble avoir décidé de sortir de l’ombre du groupe Glam anglais puisque cette fois aucune reprise ne sera présente, mais que de compositions originales. Il semble avoir compris également ses faiblesses comme compositeur car ici les titres sont à mettre au crédit du groupe en entier, notamment le guitariste Carlos Cavazo qui avait co-composé la majorité des meilleurs titres des deux albums précédents. Le groupe justement a un peu changé, le bassiste Rudy Sarzo est parti participer au projet M.A.R.S. de son pote Tommy Aldridge et est remplacé par celui qui l’avait précédé et qui quitte Giuffria pour l’occasion, Chuck Wright. Ouf ! Quel jeu de chaises musicales !

Ce qui frappe tout de suite avec « Main Attraction » c’est que les claviers ont fait leur apparition. Eh oui, nous sommes en 1986 et le Glam Metal a atténué ses décibels et FMisé sa musique (ce qui fera la fortune de Bon Jovi). Certains y verront sans doute une décision opportuniste et auront probablement raison, mais cela ne doit pas nous détourner de l’essentiel: le titre est très bon. Certes, on a plus l’impression d’écouter Night Ranger que Quiet Riot (même si la voix de DuBrow reste parfaitement fidèle à elle-même), mais c’est frais, efficace et franchement accrocheur. Cela dit, c’est vraiment le titre suivant qui fait monter l’album d’un cran, « The Wild & The Young » est tout simplement l’un des meilleurs titres de Quiet Riot. Le gros son reprend le dessus avec la batterie de Frankie Banali et les riffs de Cavazo, même si les claviers restent présents. Quant au refrain, il a tout d’un tube, malgré le faitt qu’il a tendance à céder à une certaine facilité. S’en suit un « Twilight Hotel » très mélodique est très réussi. Bien sûr, c’est soft, mais le refrain donne la chair de poule. « Down & Dirty » permettent de revenir vers un son plus Hard même si ce titre a quelque chose d’étrange avec certaines sonorités plus proches de Public Image Ltd que de ce qu’on imaginerait de Quiet Riot.

Avec son riff accrocheur et son refrain très mémorable (mais peut-être un poil proche de celui de « Metal Health »), « Rise Or Fall » a tout du titre qui donne la pêche. On pourrait déplorer la présence dispensable des claviers, mais ils n’ont rien d’insupportables non plus. Ceux-ci sont en revanche absents (ou alors très discrets) du très sympathique «  Put Up Or Shut It Up » qui nous offre un autre bon riff du sieur Cavazo. Un an avant le serpent blanc, Quiet Riot nous offrait aussi un « Still Of The Night », mais ici pas de gros son puisqu’il s’agit de la ballade de l’album. Et si elle n’est pas aussi inoubliable que « Don’t Wanna Let You Go » (qui reste à mon sens une des meilleures ballades de Hair Metal) car plus conventionnelle, elle n’est pas insipide pour un sou. C’est également l’occasion pour Carlos Cavazo de se fendre d’un joli solo (même si un peu trop noyé par l’effet chorus dont il abusait à l’époque). C’est ensuite au petit dernier, Chuck Wright, de faire ses preuves et de nous montrer avec « Bass Case » (un solo de basse, comme on aurait pu s’y attendre), qu’il n’a rien à envier à son prédécesseur. Mélangeant basse fretless et basse normal, ce petit intermède plaira peut-être aux amateurs de Jaco Pastorius. S’en suit le très groovy « The Pump » porté par la batterie de Banali qui laisse déjà présager les groupes tels que BulletBoys qui émergeront plus tard. En bonus, on remarquera des choeurs féminins. Avec le très mélodique et malgré tout entrainant « Slave To Love », on est en présence d’un des meilleurs titres de l’album. Certains trouveront ça peut-être trop léger pour du Quiet Riot (on imagine plus Honeymoon Suite dans ce registre), mais ça ne fonctionne pourtant que trop bien. C’est sur un « Helping Hands » sympa mais sans plus que s’achève l’album. Probablement le titre le plus moyen de l’album (et celui qui me rappelle le plus les défauts des précédents albums du groupe).

Malgré des claviers généralement trop présents voire envahissants sur certains titres (il serait intéressant d’avoir un remix sans ceux-ci), QRIII pourrait bien être considéré comme le meilleur album de Quiet Riot. Le niveau globale des titres est nettement supérieur à celui des albums précédents et certains titres (« The Wild And The Young », « Slave To Love ») auraient mérités de devenir des tubes. Mais le public en décida autrement, et l’album poursuivit la baisse de popularité de ce qui avait été à une époque, même si brièvement, l’un des groupes phares de la scène de L.A. Conséquence, le groupe se dispersa malgré un album quelques temps après avec Paul Shortino à la place d’un Kevin DuBrow en prise avec ses démons.

Tracklist:
1. Main Attraction
2. The Wild And The Young
3. Twilight Hotel
4. Down And Dirty »
5. Rise Or Fall
6. Put Up Or Shut Up
7. Still Of The Night
8. Bass Case (Bass Solo)
9. The Pump
10. Slave To Love
11. Helping Hands

Musiciens:
Kevin DuBrow: Chant
Carlos Cavazo: Guitare
Chuck Wright: Basse
Frankie Banali: Batterie
John Purdell: Claviers

Producteur: John Purdell & Spencer Proffer

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