pino-scotto-cover-e4nedefinitiva-400x400Avant d’attaquer la chronique de cet album, il serait bon de parler de son géniteur, Pino Scotto. Si quasiment personne ne le connait hors d’Italie (où il n’est, d’ailleurs, pas vraiment une star), ce chanteur qui va fêter ses 69 ans cette année est pourtant une des figures les plus emblématiques du Rock italien. En effet, il a pas mal bourlingué dans sa carrière: après avoir enregistré avec GLI EBREI quelques titres qui n’ont jamais été publiés, il a rejoint PULSAR, un obscur groupe de Rock Sudiste avec lequel il a enregistré un 45 Tours intitulé « A Man On The Road ». C’est surtout dans les 80’s que sa carrière décolle pour de bon avec VANADIUM, un des fers de lance de la scène Hard/Heavy italienne (un de ses albums, Game Over, a même été disque d’or dans son pays avec 54000 copies vendues) qui a publié 7 albums entre 1982 et 1995. Par la suite, après la séparation de VANADIUM, Pino Scotto s’est lancé dans une carrière solo, entrecoupée par une brève aventure avec FIRE TRAILS (2 albums sortis en 2003 et 2005).

La carrière solo de Pino SCOTTO, on y vient. Après l’avoir entamée en 1992, l’ancien chanteur de VANADIUM a publié plusieurs disques en solo et Eye For An Eye est son 10ème de rang, si on tient compte de la compilation Live For A Dream (sortie en 2016) et l’album de reprises Vuoti Di Memoria (sorti, lui, en 2014). Jusqu’à présent, Pino SCOTTO avait toujours enregistré ses albums dans sa langue natale. Avec Eye For An Eye, c’est la première fois que Pino SCOTTO sort un disque dans la langue de Shakespeare à 100%.

Sur cet album, Pino SCOTTO fait ce qu’il sait faire de mieux, à savoir un Heavy-Rock teinté fin 70’s/début 80’s et légèrement coloré d’ambiances Hard FM/AOR. Eye For An Eye se situe dans la lignée des DEEP PURPLE, RAINBOW, des groupes dont VANADIUM s’était beaucoup inspiré durant ses premiers pas dans les 80’s. Pour Pino SCOTTO, on peut donc parler de retour aux sources. Une chose saute aux oreilles, ceci dit: l’anglais dans lequel chante l’ancien vocaliste de VANADIUM laisse sérieusement à désirer, son accent et sa diction n’étant pas franchement fluides. Bon, pour être franc, Pino Scotto n’est pas un cas isolé concernant les chanteurs italiens s’attaquant à la langue anglaise. Et ce détail, fort heureusement, ne nuit pas au contenu de l’album. Surtout qu’à l’écoute de cet album, on ne devinerait pas que le chanteur a 69 ans (ceci dit, les musiciens qui l’entourent sont plus jeunes et pourraient être ses fils). Car le title-track, orienté Heavy-Rock 70’s, est punchy à souhait, bastonne, tandis que les up-tempos « Two Guns » et « One Against The Order », foncièrement Rock n’ Roll dans l’âme, sont suffisamment chargés de testostérone pour démontrer que Pino Scotto en a encore dans le ventre. Et si le mid-tempo groovy « The One », bien mis en avant par la basse, est un peu plus typé AOR/Hard FM, notamment par le biais des quelques nappes de claviers aériennes enrobant le refrain, si « Cage Of Mind », un autre mid-tempo, s’inscrit résolument dans une veine Hard mélodique avec la présence de guitares plus claires sur les couplets, il ne faut pas pour autant se tromper: ces titres sont suffisamment énergiques, font suffisamment taper du pied pour empêcher l’auditeur de s’endormir. Par ailleurs, il convient de signaler sur cet album la présence occasionnelle d’un certain Fabio Treves, un joueur d’harmonica reconnu (artistiquement s’entend) en Italie, ce qui permet d’apporter, par exemple, une touche bluesy du plus bel effet à « Crashing  Tonight », par ailleurs gorgé de guitares slide et guidé par une rythmique binaire.

Quand aux 2 power-ballads de l’album, on peut dire qu’elles sont de bonne facture, bien composées: « Angel Of Mercy », compo très colorée Blues-Rock et assez proche de ce qu’on connaissait de Gary MOORE, est chargée d’émotions, Pino Scotto y ayant mis tout son coeur, tout son feeling dedans. Quand à « Wise Man », power-ballad musclée mise sur orbite par une intro aux claviers majestueuse, aux accents céltiques, elle est empreinte de mélancolie, de sensibilité à fleur de peau, mais jamais larmoyante.

Pour compléter cet album, celui-ci contient 2 covers. Si la reprise de « There’s Only One Way To Rock » de Sammy HAGAR n’est pas très convaincante, la diction de Pino Scotto n’étant pas adaptée à cette compo, en revanche, « One Way Out », des ALLMAN BROTHERS, est nettement plus réussie et faitt aper du pied, d’autant que la présence ici de Fabio Treves qui s’en donne à coeur joie avec son harmonica aide à transcender l’ensemble.

Globalement, on peut dire que ce Eye For An Eye est assez bien fait, même s’il n’y a pas de quoi crier au chef-d’oeuvre. On sent qu’on a affaire à des musiciens aguerris, les soli de guitares sont bien exécutés, les claviers sonnent tantôt 70’s, tantôt 80’s, les riffs sont assez bien troussés et l’ensemble est parsemé d’ambiances épiques. Par ailleurs, si Pino Scotto a un accent anglais qui ne restera pas dans les annales, il compense largement par une voix hargneuse, éraillée, avec ce qu’il faut de feeling et une sincérité indiscutable qui lui ont permis de mener à bien son projet. Eye For An Eye sonne comme un bon album de Heavy-Rock période 78-82, mais avec une production actuelle, assez  puissante. En tout cas, bien des groupes issus des 70’s et 80’s seraient bien contents de sortir un disque de cette qualité.

Tracklist:

1. Eye For An Eye
2. The One
3. One Against The Other
4. Two Guns
5. Cage Of Mind
6. Crashing Tonight
7. Angel Of Mercy
8. Looking For The Way
9. Wise Man Tale
10. There’s Only One Way To Rock
11. One Way Out

Line-up:
Pino Scotto (chant)
Steve Angarthal (guitare)
Dario Bucca (basse)
Marco Di Salvia (batterie)
+

Fabio Treves (harmonica)

Label: Nadir Music

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