dc7e82a715f39577c1756b4983c343c1Ceux et celles qui s’intéressent de près à tout ce qui se rapporte au Glam et au Sleaze savent que le revival de ces courants au cours des années 2000 est venu de l’Europe du Nord, en particulier la Finlande et la Suède. La Norvège, de son côté, n’a pas été en reste, même si elle a été un peu moins prolifique. Et à l’heure où tout un chacun se demande légitimement quels groupes sont susceptibles de perpétuer ce revival avec détermination et passion, voire plus, voilà que parmi les nombreux jeunes groupes qui se frottent au Sleaze et/ou au Glam, débarque WILDNITE, un quintette originaire de Lillestrøm, une bourgade d’environ 46000 habitants.

Ce jeune groupe norvégien annonce clairement la couleur, d’ailleurs: ranimer la flamme des 80’s. Ou du moins, perpétuer l’héritage laissé par cette décennie. D’ailleurs, un rapide coup d’oeil sur la pochette de leur premier album éponyme démontre qu’il n’y a pas la moindre tromperie sur la marchandise, même si l’artwork du disque est on ne peut plus clichesque. Et même les titres de l’album (I’ll Be There », « I Remember You », « Rock On The Radio », « Back For More ») renvoient résolument aux 80’s, au point qu’on en vient même à se demander s’il ne s’agit pas d’un album de covers si on n’y a pas jeté une oreille au préalable.

Qu’on se rassure: les titres de l’album ont bel et bien été composés par le groupe lui-même. Ceci dit, il faut attendre la moitié du disque pour commencer à trouver ce jeune groupe norvégien un peu excitant. Car le titre d’ouverture, « I’ll Be There », un mid-tempo orienté Hard mélodique, est très quelconque, ne sort à aucun moment du lot et il n’y a rien pour l’élever un tant soit peu. Dans le genre faux départ, ce titre se place vraiment là où il faut. Et si les titres suivants, le mid-tempo « Tears N’ Fire » enrobé de riffs groovy et « Rippin’ It Up » qui fleure bon le Glam 80’s, se révèlent plus convaincants, de meilleure envergure grâce notamment à l’enthousiasme communicatif du groupe, ils n’ont pas pour autant la stature de potentiels hymnes inoubliables. Tout au plus, ils se laissent apprécier, mais pas davantage. Et que dire de la ballade « I Remember You » qui, malgré ses 6 minutes, s’avère ultra-conventionnelle, archi-prévisible (postée en 4ème position du disque, comme ce fut monnaie courante il y a 20-30 ans) ? Très proche de ce que faisaient BON JOVI, FIREHOUSE (pas exactement une référence dans ce registre, de mon point de vue) dans les 90’s, avec les mêmes ingrédients mis en avant, cette ballade a plutôt tendance à susciter de l’ennui.

Comme ce fut dit dans le précédent paragraphe, c’est la suite de l’album qui rend WILDNITE un peu plus intéressant et permet d’entrevoir son potentiel. Car si le jeune quintette norvégien ne fait pas dans l’originalité, il démontre qu’il est quand même un peu plus qu’un simple tribute-80’s bands. Si la voix du chanteur (Jizz) est assez proche de celle de Ron Young (LITTLE CAESAR), mais en un peu moins râpeuse, on s’aperçoit qu’elle dessert assez bien les compos typées Hard mélodique, voire Glam et lui confèrent une touche particulière. Dans ce contexte, en plus des compétences des autres musiciens, elle joue un rôle prépondérant dans la réussite de certains titres. C’est le cas de « Dr. Pain », un brûlot excitant qui fait taper du pied, qui est particulièrement mis en avant par la basse, est valorisé par un refrain fédérateur, addictif et laisse suggérer que WILDNITE peut être la réponse norvégienne à CRAZY LIXX. On peut aussi citer « Back For More », une compo punchy bien Hard Rock 80’s dans l’âme appuyée par une rythmique binaire et un refrain dopé par des choeurs exubérants, « Into Your Eyes », un titre un peu plus foncièrement Metal de par ses riffs plus mordants, plus incisifs que la moyenne (ceci dit, on est quand même très loin d’un SLAYER ou même d’un SKID ROW, hein !), mais sans rien perdre de son aspect Hard mélodique/Glam (le refrain étant là pour le rappeler), ainsi que « Rock On The Radio », un mid-tempo punchy au groove infernal qui s’apparente à une sorte d’hybride entre MÖTLEY CRÜE période Dr. Feelgood et WHITESNAKE période 1987. D’autre part, l’autre ballade (ou assimilée) « Days Of No Trust » est beaucoup convaincante que « I Remember You »: si elle est foncièrement axée sur les guitares acoustiques aux accents Folk, elle surprend à 1 minute de la fin lorsque les grattes électriques prennent le relai, se faisant plus résolument Hard, pour mieux mettre sur orbite un solo de guitare qui pleure, ce qui renforce le feeling émotionnel du truc. Si ce n’est pas la ballade du Millénaire, celle-ci est quand même assez cool, assez réussie dans la mesure où le chanteur se montre parfaitement dans le ton. Mais LE titre-phare, LE mega-hymne de l’album, c’est « Rock It ». Si on avait eu un aperçu des capacités de WILDNITE sur quelques autres titres, c’est bien ce titre -là qui sort du lot: contagieux, jouissif et mis transcendé par des riffs et un refrain entêtants, « Rock It » s’apparente en quelque sorte à une suite de « Pour Some Sugar On Me », mais en plus survolté, plus foncièrement carnassier et se révèle tellement taillé pour les arénas et les stades qu’il donne envie d’être repris en choeur à gorges déployées. Je dirai même plus: c’est le genre de titre que DEF LEPPARD, justement, n’a jamais été en mesure de réussir depuis « Pour Some Sugar On Me ».

Cela dit, on ne doit pas pour autant occulter les imperfections présentes sur cet album. Par exemple, « Back On The Bottle » est très convenu, au même titre que « I’ll Be There », bien qu’un poil plus Hard dans son propos. Quand à « Nitetime », c’est un mid-tempo quis e situe à mi-chemin entre Hard bluesy (et pour le coup, vraiment proche de LITTLE CAESAR) et Hard mélodique à l’européenne, mais se voit gâché par un refrain plutôt lisse, très FM qui est très minimaliste, mal torché alors qu’il y avait matière à mieux faire…

Pour un premier album, WILDNITE a effectué des débuts intéressants, quoique perfectibles. On est en présence d’un disque très ancré dans les 80’s, mais avec une production actuelle et porté par un groupe qui a en sa faveur l’enthousiasme de sa jeunesse, une réelle envie de tout casser, avec aussi un brin de naïveté. Les fans de DEF LEPPARD, WHITESNAKE (celui de 1987) et CRAZY LIXX devraient apprécier cette offrande. A titre informatif, ce premier album éponyme est entré, à la surprise générale, à la 20ème place du Top album norvégien. Et si à l’avenir, WILDNITE parvient à davantage affirmer sa personnalité, la développer et s’affranchir de ses influences, il pourrait davantage faire parler de lui et incarner la relève du Glam/Hard Rock mélodique.

Tracklist:

1. I’ll Be There
2. Tears ‘N Fire
3. Rippin’ It Up
4. I Remember You
5. Dr. Pain
6. Into Your Eyes
7. Rock On The Radio
8. Nitetime
9. Back On The Bottle
10. Rock It
11. Days Of No Trust
12. Back For More

Line-up:
Jizz (chant)
Kailey Deville (guitare)
Magic Mick Lead (guitare)
Nikki Starr (basse)

Eric Rotz (batterie)

Label: Live Management

Site Internet:
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