0012762201_10Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de parler de groupes lituaniens. Je dirais même que ça ne m’est jamais arrivé, à titre personnel. Et bien, voilà le bon moment pour en parler puisque le groupe concerné par cette chronique, PEKLA, est originaire de Lituanie, plus précisément de Šiauliai, qui est la 4ème plus grosse ville du pays avec ses 129000 habitants.

Formé en 2010, PEKLA n’en est pas à son premier coup d’essai lorsqu’il sort The Witch-Bitch Of Hexenville en 2017. En effet, ce groupe officiant en tant que quartette avait déjà sorti auparavant Degsit! en 2013, suivi de Speed n’ Roll un an plus tard. Ces 2 albums étaient chantés en lituanien, leur langue natale. Avec The Witch-Bitch Of Hexenville, les choses changent puisque PEKLA a choisi de chanter ses compos en anglais, ce qui lui peut lui ouvrir quelques portes vers l’international et, donc, davantage d’opportunités (participer à quelques Festivals, pourquoi pas ?).

Ce troisième album est une bonne occasion de faire plus ample connaissance avec ce quartette lituanien, de voir ce qu’il a dans le ventre. Et donc, de pouvoir juger sur pièces ce fameux The Witch-Bitch Of Hexenville (très classe, le titre de l’album !). Pour faire durer le plaisir, ce combo lituanien met en ouverture de l’album un instrumental ayant un titre italien: « Apoteosi Della Strega ». Et cet instrumental de 39 secondes est trompeur car son atmosphère sombre laisse croire qu’on a affaire à un groupe à tendance gothique. Tout faux ! Car ce qui suit est une succession de titres majoritairement à mi-chemin entre Speed-Metal et Heavy-Rock rugueux. Pour résumer, PEKLA se situe dans la lignée des VENOM, MOTÖRHEAD, voire WARFARE (les aficionados de la N.W.O.B.H.M apprécieront sûrement la référence). D’ailleurs, « Dreams In The Witch-House » donne plus ou moins le ton de l’album: déferlante de riffs tranchants, agressifs, voix gutturale du chanteur (un certain Mindaugas J.) qui crache ses tripes et éructe tout en virilité (à ce titre, la voix du chanteur pourrait en rebuter plus d’un). Dans la même veine, on a aussi droit à des titres comme « The Town That Dreaded Sundown », « The Slep Is Over » et même « Tonite We Ride » dont les 20 premières secondes calmes apportées par les guitares acoustiques en guise d’intro laissaient croire qu’on avait affaire à quelque chose de différent, mais qui, en définitive, s’avère tout aussi prévisible, son refrain archi-téléphoné n’aidant pas à accrocher. Parmi tous ces titres qui envoient la purée, il y en a tout de même un qui mérite qu’on s’y attarde un peu: il s’agit de « Frozen Terror », chargé de fermer la boutique. S’il donne, en apparence, l’impression de se complaire dans un Heavy/Speed basique, il se distingue par des ambiances plus variées, plus alambiquées et le break plus calme, avec l’apparition de guitares plus douces au beau milieu de la chanson, interpelle. Voilà là peut-être un filon à explorer, à exploiter, d’autant que les riffs sont excellents sur ce titre.

En fait, PEKLA surprend un peu lorsqu’il s’écarte des sentiers battus du Heavy/Speed Metal et opère en mode mid-tempo. C’est le cas, en particulier, de « HeXXXeN », un brûlot Heavy-Rock à la fois catchy et viril qui est servi par une rythmique binaire groovy qui fait taper du pied et se voit enrichi par des claviers typés 70’s. A bien y réfléchir, ce genre de titre aurait pu figurer sur un opus de WARRIOR SOUL ou CIRCUS OF POWER. « H.O.G », plus lugubre, met en avant la basse et voit le tempo accélérer de façon foudroyante dans la seconde moitié du titre qui, malgré tout, n’est tout de même pas transcendant. Dans un registre différent, on ne peut passer sous silence « Who Goes There? », un instrumental en 2 temps: le début, plutôt mélancolique et triste, est assez calme avec des guitares claires, inoffensives, puis au bout de 45 secondes, on oblique vers quelque chose de plus résolument Heavy-Rock. Même si le quartette lituanien aurait peut-être pu mieux faire, il a quand même accouché d’une compo intéressante qui, par ailleurs, sert de rampe de lancement pour « Frozen Terror » (titre déjà évoqué dans le paragraphe plus haut).

Que dire, finalement, de ce troisième album de PEKLA ? Qu’il recèle de quelques titres pas mal (« Dreams In The-House », « HeXXXeN », Frozen Terror »), que c’est un disque qui s’apprécie sur le moment (sur le long terme, c’est peut-être plus discutable), mais que d’autres chansons auraient gagné à suber quelques liftings et changements pour gagner en efficacité. PEKLA est un groupe qui a des capacités, mais il lui manque peut-être de vrais hymnes pour passer la vitesse supérieure. Ce combo ne réinvente pas le style dans lequel il évolue, mais sa sincérité et sa passion ne peuvent être mis en doute. Et ce serait bien de voir un jour ce groupe sur les diverses affiches des Festivals internationaux de Metal en Europe, ou sa présence serait nettement plus souhaitable que celles de nombreuses machines US que les médias nous survendent comme des grosses pointures.

Tracklist:
1. Apoteosi Della Strega
2. Dreams In the Witch-House
3. Reptile
4. HeXXXeN
5. Tonite We Ride
6. The Town That Dreaded Sundown
7. H.O.G.
8. The Sleep Is Over
9. Who Goes There?

10. Frozen Terror

Line-up:
Mindaugas J. (chant)
Markusas G. (guitare)
Rokas Girc (guitare, basse)

Justinas Jakubauskas (batterie)

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