MI0000020405Avec leur look de derniers de la classe, les membres de JUNKYARD n’étaient pas fait pour caracoler au sommet des charts aux côtés de BON JOVI ou de POISON. De toute façon, JUNKYARD n’est sûrement pas un groupe de Glam et encore moins une formation FM. Non, les « as de pics » ne se teignent pas les cheveux en rose mais sentent bon l’huile de ricin, la graisse et les effluves de carburant. Un titre comme « Hot Rod » résume bien l’environnement des bonhommes ! D’ailleurs comme beaucoup d’autres rockeurs « made in Los Angeles », les membres du groupe ont tous commencé leur carrière au fond de garages de la banlieue de Los Angeles, aux seins d’obscures formations punk hardcore californienne. De ce passé (coupe iroquoise et no futur !) les guitares de Chris Gates et de Brian Baker, ont conservé un certain sens de l’efficacité et une énergie qui jailli tout au long de l’album (la plupart des titres ne dure pas plus de 4 minutes !). Ce dernier débute donc sur les chapeaux de roues et aligne une succession de riffs bruts et efficaces à l’image de titres comme « Blooze », « Shot In The Dark » et « Life Sentence ». On pense parfois à ROSE TATOO, aux premiers AC/DC (notamment au niveau de la section rythmique tenue par Patrick Michael Muzingo et Clay Anthony) mais ce superbe album puise également au cœur du patrimoine rock n’roll US et plus particulièrement du côté du rock sudiste. Pouvait-on faire plus explicite comme titre que « Texas » pour baptiser ce diabolique boogie métallisé typiquement JUNKYARD ? Deux splendides ballades composent également cet album. Plutôt que de se lancer dans l’écriture d’une énième mièvrerie californienne, le groupe lorgne avec beaucoup de talent et de conviction du côté de LYNYRD SKYNYRD avec le concours de Al Kooper au piano. La fantastique slide de Earl Slick est également venue prêter main forte sur le sombre et langoureux « Long Way Home ». Mais sa contribution la plus marquante est sa participation au magnifique « Simple Man ». Sans tomber dans la parodie, ce titre à la nonchalance sudiste respire le soleil confédéré. Certainement l’une des plus belles compositions de cette année 1989 qui en a pourtant vu paraître bien d’autres ! Si l’on devait toutefois résumer ce premier album à un seul titre, nul doute qu’il faudrait citer « Hollywood ». Sur fond de riff rendre-dedans, David Roach chante un refrain entraînant qui réalise la parfaite synthèse entre SEX PISTOLS et LYNYRD SKYNYRD… J’en ai rêvé, JUNKYARD l’a fait !

Tracklist:
1. Blooze
2. Hot Rod
3. Simple Man
4. Shot in the Dark
5. Hollywood
6. Life Sentence
7. Long Way Home
8. Can’t Hold Back
9. Texas
10. Hands Off

Musiciens:
David Roach-Chant
Chris Gates-Guitare
Brian Baker-Guitare
Clay Anthony-Basse
Patrick Michael Muzingo-Batterie

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