Bob-Hope-troops-box-2Au départ, ça semblait plutôt une bonne idée que d’embarquer dans l’auto le dernier disque des Californiens pour me faire un avis et par la même occasion tuer le temps dans les bouchons sur le trajet du boulot. Je crois que je me suis un peu laissé emporter. Enfin c’est ce que m’a demandé de plaider l’avocate lorsqu’elle est venue me chercher au commissariat ce soir. Pour être tout à fait sincère, je ne me souviens plus de ce qu’il s’est passé entre le moment où je suis monté dans l’auto et j’ai lancé le disque puis celui où un gentil représentant des forces de l’ordre est venu frapper à la vitre de la voiture.

Trouble psychosomatique spatio-temporel qu’il a diagnostiqué le doc. Moi ce dont je me souviens c’est d’un beau matin ensoleillé de mai, un peu californien finalement. Et puis, à l’Est, les anciennes républiques soviétiques sont en train de déclarer leur indépendance les unes après les autres. Les américains viennent de mettre un télescope spatial sur orbite ; ils l’ont appelé Hubble. Tu parles d’un blaze ; tant qu’à scruter les étoiles, ils auraient pu le baptiser Paul Stanley. M’enfin y’a surtout Junkyard qui vient de sortir son nouvel album. J’ai tout de suite adoré le premier opus du groupe de David Roach. J’en ai usé la copie cassette jusqu’à la corde (Il y avait le premier album de Vain sur la face B ; ça aussi c’est cool Vain !). Bref, c’est quand même bizarre quand j’y pense, ça fait à peine un an.

A cette époque déjà, le gang de Los Angeles proposait un croisement aussi inédit qu’improbable entre Sex Pistols et Lynyrd Skynyrd. Côté punk, le contrat est de nouveau rempli : « Wallet ». Côté sudiste aussi : « Styrofoam Cup ». Aujourd’hui, le groupe dévoile d’autres facettes de sa personnalité. Il saupoudre par exemple quelques influences irlandaises sur « Walk Away » et « Don’t Give A Damn ». Avec « Hell Or High Water », le titre éponyme, l’écriture est aussi un peu plus mélodique. Si l’album est bien moins punchy que son prédécesseur, il devrait tout de même ravir les amateurs de Faster Pussycat voire des Dog’s D’amour grâce à « Hellbound » et son rock bastringue bien dans la tradition glam (le riff de guitare est un véritable clin d’oeil à Johnny Thunder). Quant aux fans de la première heure, ils se rassureront avec un trio de titres heavy rock sans fioritures dans la trempe des « Peer Gunt » et « Two Bit Thief » : « Faded », « Kindness to the Dead », et puis « W.F.L.W.F » dont le riff n’est pas sans évoquer celui de « Sin City » (je ne vous fais pas l’injure de vous en rappeler l’auteur).

« We fuck like we fight ! » Je crois que le policier n’a pas apprécié que je l’invite à reprendre ce refrain à tue-tête avec moi. Je n’ai pas pu faire autrement que lui donner les clefs de mon skateboard. L’avocate dit que « ’till The Wheel Fall Out » est un titre écrit par Charlie Starr de Blackberry Smoke. Un obscur musicien à peine né en 1990 d’après elle. Mais moi je sais bien que c’est pas vrai. Kindness to the dead peut pas avoir été écrit en 2017. On est bien en 1990 et Junkyard vient encore de sortir un album génial. « Vous n’auriez pas vu où j’ai mis mon walkman M. l’agent ? » (Longue vie à Junkyard).

Tracklist:
1. Walk Away
2. Faded
3. Cut from the Same Cloth
4. Styrofoam Cup
5. Hellbound
6. W.F.L.W.F.
7. Don’t Give a Damn
8. Hell Or High Water
9. Wallet
10. ’til the Wheels Fall Off
11. Kindness To the Dead
12. The River (Bonus Track)
13. Rome Is Burning (Bonus Track)
14. Don’t Give a Damn (Acoustic Bonus Track)
15. Styrofoam Cup (Acoustic Bonus Track)
16. Wallet (Live Bonus Track)

Musiciens:
David Roach-Chant
Jimmy James-Guitare
Tim Mosher-Guitare
Todd Muscat-Basse
Patrick Michael Muzingo-Batterie

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