haremscarem1991Formé à Toronto sur les décombres de deux obscurs groupes canadiens – Blind Vengeance, groupe assez « heavy » qui comptait dans ses rangs le chanteur Harry Hess et le batteur Darren Smith, et Minotaur dans lequel on trouvait le guitariste Pete Lesperance – Harem Scarem commença à se faire un nom en 1990 grâce à une démo contenant bon nombre des titres qui allaient figurer sur ce premier album (ces enregistrements sont depuis sortis officiellement en 2003, chez Frontiers).

Le groupe – qui tirait son nom d’un film d’animation réalisé par Walt Disney dans les années 20 – était rapidement signé par la division canadienne de Warner qui devait sortir ce premier album quelques mois plus tard, en 1991. Un peu trop tard pour un groupe de hard mélodique, sans doute, alors que les temps étaient déjà à la curée dans le milieu, et pourtant, malgré ce climat peu favorable, les Canadiens rencontreront un beau succès chez eux, écoulant leur album par dizaines de milliers sur un marché tout de même très limité.

Il faut dire que si Harem Scarem arrivait un peu après la bataille qu’avaient livrée avant eux des légions de bandes de chevelus aux États-Unis, le groupe apportait un évident sang neuf à cette scène qui commençait à perdre en spontanéité. Pour commencer, Harem Scarem s’était trouvé un son, léché mais assez puissant, orné de chœurs imposants et de parties de guitare particulièrement inspirées. L’originalité du groupe devait beaucoup à Harry Hess, dont le chant mêlant raffinement et une certaine rage contenue est un marqueur d’identité fort pour le groupe.

Mais toute singularité serait vaine sans de bonnes chansons, et ce premier album n’en manquait pas. Harry Hess et Pete Lesperance signaient des titres accrocheurs à la pelle, laissant peu de place aux temps morts (en étant très pointilleux, peut-être « All Over Again » et « Don’t Give Your Heart Away ») combinant morceaux rythmés et intenses (« Hard To Love », « How Long », etc…), mid tempo remarquables (« Distant Memory », « With A Little Love », « Slowly Slipping Away ») auxquels s’ajoutent deux ballades (l’acoustique « Something To Say » sur laquelle on peut déceler une formation classique du guitariste Pete Lesperance, et surtout « Honestly »), en apparence assez classiques, mais qui permettent à Harry Hess de faire un bel étalage de son talent. Des titres naviguant fréquemment entre AOR et hard mélodique, avec des claviers (confiés la plupart du temps à Ray Coburn de HONEYMOON SUITE) se montrant relativement discrets pour le style, mais sachant également faire mouche, comme sur l’intro de « Love Reaction ».

Si le grand public n’a guère entendu parler du groupe, ce premier album – comme le suivant – imposera Harem Scarem comme un représentant majeur de la scène rock mélodique. C’est là le seul regret qu’on pourra avoir pour Harem Scarem qui aurait certainement mérité plus d’égards. Heureusement pour eux, le Japon – comme souvent à cette époque – rattrapera un peu cette injustice, devenant par la même occasion le premier marché pour le groupe, mais aussi quasiment le seul.

Tracklist :
1. Hard To Love
2. Distant Memory
3. With A Little Love
4. Honestly
5. Love Reaction
6. Slowly Slipping Away
7. All Over Again
8. Don’t Give Your Heart Away
9. How Long
10. Something To Say

Musiciens :
Harry Hess : chant
Pete Lesperance : guitare
Mike Gionet : basse
Darren Smith : batterie
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Ray Coburn : clavier
Terry Hatty : choeurs
Carl Dixon : choeurs
Marc Ribler : choeurs

Production : Kevin Doyle, Harry Hess, Pete Lesperance

Label : WEA Canada

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