R-685126-1147536408.jpegJ’ai toujours pensé que je passais forcément à côté d’artistes dont l’œuvre mérite bien plus d’attention. C’est certainement cette angoisse quasi-existentielle qui me force encore et toujours à fouiner les moindres recoins des disquaires (enfin je parle de leur établissement bien sûr !). C’est encore cette insatiable monomanie, que certains vont même jusqu’à qualifier de freudienne, qui m’a permis de ne pas passer à côté de l’œuvre d’artistes comme the Yarbids, Mahogany Rush, Hanoi Rocks, Blackfoot, Steve Salas, Diamond head, et plus récemment Hardcore superstar(encore merci badolo)… Bien sûr comme vous n’êtes pas sans ignorer, mon trip c’est avant tout le Hard Glam n’ Roll. Or depuis maintenant une petite dizaine d’année et le chamboulement provoqué par la vague sub pop de seattle, le hard rock est devenu métal. Cette réduction sémantique semble avoir aussitôt entraîné un stérilisation du genre. Les rois sont morts et vivent les rois, fin des couronnes et des Cojones. Désormais aux deux extrêmes on trouve un death metal bêtement pour ne pas dire béatement satanique dont les racines nous ramènent à dépêche mode (logique pour un groupe qui a consacré sa carrière à produire de la musique de chambre froide) et de l’autre côté on trouve un rap métal tantôt sponsorisé tantôt variété. Bien sûr quelques groupes tentent de maintenir la flamme rock n’roll allumée. Ecartons tout de suite White Stripes et The Strokes qui relèvent (certainement malgré eux) au mieux de l’escroquerie intellectuelle au pire de la fumisterie commerciale, du rock n’roll en t-shirt Lacoste en somme. Non moi je vous parle de sang de sueur et de Jack Daniels : Backyard babies, Buckcherry et surtout Hardcore superstar (encore merci badolo)… mais je ne retrouve pas encore le panache de fameux combos que furent Bang tango, the Cult, Faster Pussycat etc.
Question de culture peut-être manque d’inspiration sans doute.Et puis voilà que je dépose nonchalamment High as hell de Nashville pussysur la platine de mon manège à bruit favori.

Bien sûr, j’étais déjà tombé sur leur opus précédent Let them eat pussy(merci pour eux) et même si je l’avais trouvé sympathique cela me semblait tout de même manquer d’un peu de glamour. En deux ans force est de constater que les Nashville pussyont sacrément mûri. Le swing de High as hellc’est le mariage entre une tronçonneuse et la démarche de Monica Belluci. Trente premières secondes de Struttin Cock et vous vous dites « enfin un groupe qui se rappelle ce qu’est un riff de hard rock ! ». Pour l’anecdote, Motley crue a du se dire la même chose puisque le groupe à piqué l’intro façon « V8 big block de 550 ch » sur son dernier album. Je n’avais plus entendu telle tornade depuis le premier album de Junkyard, de Dad ou de Peer Gunt.

Enfant spirituel de Ted Nugent et de Motorhead le groupe s’écarte avantageusement du schéma stoner dans lequel s’enfoncent la plupart des groupes US actuel (mais n’est pas Monster magnet qui veut !) et explore le meilleur de la culture hard rock US des 70’s et des 80’s. Aujourd’hui le ramage est à la hauteur du plumage et les deux succubes que comprend Nashville pussysont loin de n’être que de simples gimmicks racoleurs. Ruyters Suys est une lead guitare flamboyante dont les assauts guitaristiques arrosent votre ouie d’une pluie de décibels en moins de tant qu’il ne faut à votre rétine pour s’imprégner de ses courbes ravageuses. Point de groupe sanguin classique, c’est du Jeff Beck rhésus Fast Eddy Clarck qui coule dans ses veines – du chuck Berry sous amphétamines quoi !

Et quand je parle d’amphétamines, il y a de fortes chances pour que…vous voyez ce que je veux dire ! Sur Let’s ride, bottleneck au doigt, la belle inscrit également son jeu de slide dans la droite lignée de celle de Joe Perry (let the music do the talking). Elle forme avec Blaine Cartwright (fils jusqu’alors caché de Lemmy ?) le plus fameux duo de tronçonneuses depuis les frères Youngs ou le tandem Nuggent/ St Holmessur High as hell et Drive. Wrong Side Of a gunnous montre un Blaine, « comment sauver l’industrie du plectre ? », Cartwright éructant tel un Alice Cooper en colère. Faut le comprendre difficile de se contenir avec un tel entourage. Arriveriez-vous à chanter (enfin vous voyez une fois de plus ce que je veux dire !) et à tenir une ligne rythmique avec une bassiste comme Corey« mes jambes devraient être classées au répertoire des drogues dures ! » Parksà vos côtés ? On imagine aisément les hanches de cette fabuleuse bassiste chaloupées sur un titre comme She’s got a drug qui emprunte au patrimoine des Kinks et des Stooges.

Les rythmes insufflés par la batterie de Jeremy Thompson sur Piece of ass et Blowjob from a Rattlesnake doivent profondément émouvoir Lemmy (enfin son appareil auditif car on imagine sans peine vers qui se portait son regard lorsque Motorhead assistait à la balance des Nashville pussy qu’il avait emmenés en tournée). Et puis voilà la petite sucrerie qui fait qu’un bon album devient excellent : go to hell. Nashville Pussy se rappelle Lynyrd Skynyrd ! Mid tempo baignant dans une ambiance moite, c’est une atmosphère sudiste qui vous enveloppe d’un savoureux drapeau confédéré. Vive le général Lee ! A peine avez-vous troqué votre cravate contre une casquette sudiste et une paire de bottes en peau de crocodile que le groupe vous entraîne dans le bush australien sur les traces de Rose tatoopour une fantastique reprise de R n’ r outlaw dont l’interprétation n’est pas sans rappeler l’Aerosmith du milieu des seventies période Rocks / Draw the line . Et je ne vous parle pas des titres comme Shoot First and run like hell , You ain’t right parce que si vous êtes encore là à lire ces quelques lignes, c’est que le rock n’roll ne peut plus rien faire pour vous et qu’il vaut mieux vous reporter sur un album de Air (Honte sur vous !).

En bref si vous aimé l’humour noir, les fringues en cuir, les « Ouh ouh » façon Rolling stones, les cris de sauterelles en mal de décibels, les strip teases, le son d’une Gibson directement branché dans un stack Marshall, les chevolet camaro ss69 pro-street et les strings en peau de léopard alors cet album est pour vous… Si Nashville Pussy était une boite de nuit mexicaine, nous ne verrions plus jamais le jour du côté de Tijuana !

Tracklisting :
1. Struttin’ Cock
2. Shoot First and Run Like Hell
3. She’s Got the Drugs
4. Wrong Side of a Gun
5. Piece of Ass
6. High as Hell
7. You Ain’t Right
8. Go to Hell
9. Rock & Roll Outlaw
10. Let’s Ride
11. Blowjob from a Rattlesnake
12. Drive

Musiciens :
Blaine Cartwright-Guitare
Ruyter Suys-Guitare
Corey Sparks-Basse
Jeremy Thompson-Batterie

Producteur : ?

Label : TVT Records

Auteur : mOX

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