MI0000688300Que devient POISON ? Un « vrai » album est-il en préparation ? Rikki ROCKET va-t-il perdre ses rondeurs ? A toutes ces questions concernant le futur, je ne peux que répliquer par un regard vide et une moue dubitative signifiant « je n’en sais rien ».
Du coup, je me tourne plutôt vers le passé, comme l’a fait le groupe en rendant hommage à ses idoles, aux artistes qui lui ont transmis le virus du rock ‘n’ roll à travers treize reprises fidèles aux moutures originales.
Certains choix paraissent évidents, au premier rang desquels je citerai KISS pour deux raisons : 1) Paul STANLEY a toujours été un modèle pour Bret MICHAELS et 2) POISON reprend Rock And Roll All Nite sur scène depuis des années. Le beau blond et sa bande donnent ici un bon p’tit coup de fouet au tube des New Yorkais qui s’en trouve joliment dynamisé.
Autre rapport (certes plus lointain) avec KISS : on trouve ici une chanson que les quatre maquillés avaient choisi pour la B.O. du film Detroit Rock City : Little Willie, signée SWEET à l’origine. A noter la belle accélération finale.
Vous voulez d’autres stars des seventies ? En voici : David BOWIE, histoire de rappeler qu’à l’époque, l’homme aux yeux vairons usaient au moins autant de produits cosmétiques que POISON sur la pochette de Look What The Cat Dragged In. Quant à Alice COOPER, sa ballade I Never Cry est tout bonnement superbe et très bien interprètée. Un des grands moments de l’album.
Le Can’t You See du MARSHALL TUCKER BAND rappelle aussi bien Thank You, de LED ZEPPELIN, que le Paradise City de qui vous savez. Tout cela fleure bon le rock ‘n’ roll, le blues, le rock sudiste et C.C. DEVILLE s’en donne à coeur joie sur des licks classiques mais efficaces.Bret, lui, sort l’harmonica sur What I Like About You.
Au sujet de Dead Flowers, on pourra peut-être préférer la version de Gilby CLARKE et Axl ROSE sur l’album Pawn Shop Guitars mais ça reste une superbe chanson et POISON n’a pas à rougir de son interprétation.
Au détour d’un couplet (Squeeze Box) ou d’un solo, on se surprend à penser que tel ou tel titre aurait pu être signé POISON, surtout quand le vocaliste lance son célèbre « Come on, C.C. ». Les quatre fêtards s’approprient joliment ces vieux classiques indémodables comme ils l’avaient fait, dès leur deuxième album, avec Your Mama Don’t Dance que l’on retrouve ici.
En bref, les Californiens prouvent avec ce C.D. qu’ils ont bon goût. Ils ne seront jamais considérés comme des virtuoses mais, question ambiance, ils n’ont de leçons à recevoir de personne. Alors, avec la forme qu’ils affichent en ce printemps, on ne peut que souhaiter une tournée et, surtout, un album plus personnel le plus vite possible !
En attendant, je retourne m’éclater sur Squeeze Box !

Tracklisting :
01. Little Willie (Sweet)
02. Sufragette City (D. Bowie)
03. I Never Cry (A. Cooper)
04. I Need To Know (Tom Petty & The Heartbreakers)
05. Can’t You See (The Marshall Tucker Band)
06. What I Like About You (The Romantics)
07. Dead Flowers (The Rolling Stones)
08. Just What I Needed (The Cars)
09. Rock & Roll All Nite (Kiss)
10. Squeeze Box (The Who)
11. Your Mama Don’t Dance (Loggins & Messina)
12. You Don’t Mess Around With Me (Jim Croce)
13. We’re An American Band (Grand Funk Railroad)

Musiciens :
Bret Michaels-Chant,Guitare,harmonica
Bobby Dall-Basse
Rikki Rocket-Batterie
CC Deville-Guitare

Producteur : Don Was

Label : EMI

Auteur : Swissidol

 

 

 

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