284698Mine de rien, le HELLOWEEN des années 2000 a tout de même fière allure. Rabbit Don’t Come Easy et Gambling With the Devil en tête, le groupe a eu à cœur de proposer des albums de qualité et a vu le sang le plus frais du groupe, Andi DERIS et Sascha GERSTNER, prendre le pas sur les membres historiques du groupe en matière de composition, pour un résultat la plupart du temps largement à la hauteur des attentes. Et si la relecture décalée des classiques du groupe sur le surprenant Unarmed l’an passé fait grincer des dents, le combo teuton peut se reposer sur une base de fan fidèles qui auront à cœur de disséquer et de bien vite s’approprier ce 7 Sinners, 14ème album studio des citrouilles.

Là où Gambling With the Devil mettait tout le monde d’accord avec un titre introductif imparable et brutal, 7 Sinners prend le pari de s’imposer d’emblée avec un mid-tempo sombre et agressif, « Where the Sinners Go ». Pari perdu. Car si les qualités du groupe sont toujours là, elles ne sont pas mises profit de la meilleure des manières, et donnent naissance à un morceau plaisant mais qui ne s’imposera pas comme la baffe que l’on s’était habitué à recevoir d’entrée à l’écoute d’un nouvel album d’HELLOWEEN. Et malheureusement, il en ira de même pour le single, nommé de manière racoleuse « Are You Metal ». Cette fois-ci le batteur Dani LÖBLE sort la double pédale, et nous gratifie même de quelques blast-beats surprenants. Mais même si un solo brillant fait son apparition en fin de morceau, un refrain hyper-convenu et un sentiment de facilité peinent à séduire. HELLOWEEN se fait très agressif, à la limite de la brutalité, et signe sans doute avec ce titre une de ses compositions les plus mordantes. Manque néanmoins cette magie, ce petit plus qui faisait des citrouilles un groupe à part…

Ce petit plus, c’est finalement Sascha GERSTNER qui nous l’apporte avec « Who Is Mr Madman ». En ayant eu la bonne idée de nous narrer la déchéance du « Perfect Gentleman » de l’album Master of the Rings, le bonhomme offre à HELLOWEEN une de ses meilleures compositions tous albums confondus, rien de moins ! En reprenant judicieusement la mélodie de « Perfect Gentleman », l’artiste offre un refrain lumineux et imparable, taillé sur mesure pour un Andi DERIS toujours très en forme vocalement. Persistant et irrésistible, ce morceau s’impose rapidement comme LA grande réussite d’un opus lent au démarrage.

Les réussites, il y en a d’autres : « Raise the Noise », un titre très classique (du pur WEIKATH !), qui prend son envol grâce à un DERIS impérial, un break imparable et un solo de flûte, hommage à JETHRO TULL. « World of Fantasy », qui aurait dû être le véritable single de l’opus, séduit dès la première écoute par ce côté résolument  » happy  » qui caractérise la musique d’HELLOWEEN. Plus complexe et épique, bien que véhiculant des ambiances similaires, « If A Mountain Could Talk » fait également partie des perles qui parsèment l’opus, au même titre que la fausse ballade « The Smile of the Sun ». Introduit par un piano et un violoncelle, ce titre signé DERIS aux faux airs de « If I Could Fly » (le piano sans doute) grandit et s’insinue chez l’auditeur pour exploser lors du dernier refrain qui, succédant à un passage piano/voix apaisant, laisse transpirer toute l’émotion contenue dans ce titre tout bonnement excellent.

Si les titres précités sont de la qualité d’un Rabbit ou Gambling With The Devil, ce n’est malheureusement pas le cas de tous les morceaux. Contrairement à son habitude, HELLOWEEN propose sur 7 Sinners des titres sympathiques, sans plus, ou même carrément anecdotiques, à commencer par le bourrin « Long Live the King », hommage à DIO composé par Andi DERIS, monocorde et lassant. Sans variations, l’agressivité n’est rien. Dans la même veine (l’inspiration en moins), « You Stupid Mankind » déçoit également. Et si l’on se surprend à succomber au refrain prenant du très traditionnel et finalement plutôt insignifiant « My Sacrifice », ce n’est que pour préparer le terrain du titre final, « Far in the Future » qui, riche en cassures de rythmes, en changement d’ambiances et en harmonies vocales vient clôturer l’album de manière plus convaincante, même si l’on reste en-dessous d’un « Far Away » ou « Heaven Tells No Lies ». Reste ces éclairs de génies et ces soli à deux guitares qui viennent contenter l’amateur du groupe, à défaut de le subjuguer.

Au final, 7 Sinners peine à convaincre, pêchant par un manque d’homogénéité dans la qualité des compositions. La ou le groupe avait fait un sans-faute sur Gambling With the Devil, il commet ici des petits impairs qui, cumulés, empêchent l’album de tenir la dragée haute à son prédécesseur, malgré la présence de quelques morceaux à placer parmi les meilleurs du combo teuton.

Moins immédiat que les précédents, 7 Sinners nécessite de nombreuses écoutes pour révéler ses charmes, plus nombreux que l’on pourrait le croire après une première écoute. Reste un album  » honnête  » pour HELLOWEEN qui, sans réellement décevoir, peine également à satisfaire pleinement. Un premier léger faux pas qui, espérons-le, n’en appellera pas d’autre.

Auteur: Gegers

Tracklist:
1. Where The Sinners Go
2. Are You Metal ?
3. Who is Mr. Madman ?
4. Raise The Noise
5. World Of Fantasy
6. Long Live The King
7. The Smile Of The Sun
8. You Stupid Mankind
9. If A Mountain Could Talk
10. The Sage, The Fool, The Sinner
11. My Sacrifice
12. Not Yet Today
13. Far In The Future

Musiciens:
Andi Deris – Chant
Michael Weikath – Guitare
Sascha Gerstner – Guitare
Markus Grosskopf – Basse
Daniel Loeble – Batterie

Producteur: Charlie Bauerfeind

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