lordsofblackiconscdnewGroupe originaire de Madrid, Lords Of Black s’est formé en 2014 autour du batteur Andy C (ex-Dark Moor, ex-Saratoga), du chanteur chilien Ronnie Romero (Rainbow (live), The Ferrymen) et du guitariste Tony Hernando (ex-Saratoga et auteur de 4 albums solo). A la basse, se sont succédés Victor Daran, Javi Garcia et à présent Dani Criado.

Le premier album éponyme sort la même année, suivi en 2016 du second, simplement intitulé II, et unanimement salués par la critique.

Un des atouts majeurs de Lords Of Black, en plus de ses excellents musiciens qui ont largement fait leurs preuves au sein de leurs précédents groupes, c’est son chanteur dont Frontiers Records a fait sa carte de visite puisque outre son combo, il est de tous les projets : The Ferrymen, CoreLeoni et bientôt un autre super groupe Destinia.

Par ailleurs, si je vous dis Rainbow et Dio vous me suivez? Ronnie (ça ne s’invente pas!) Romero a été repéré en 2015 par Candice Night la femme de Richie Blackmore. Au vu de son talent, le guitariste a alors décidé que se serait lui qui chanterait pendant les live du Rainbow « revival », Blackmore disant que sa voix se situe entre celle de Ronnie James Dio et de Freddy Mercury et qu’il est capable de chanter comme Graham Bonnet. Il y a pire comme références!
L’héritage vocal du grand Dio est évident, en plus éraillé et pour moi le timbre vocal de Romero est aussi très similaire à celui de Tony Gioeli, le vocaliste d’Axel Rudi Pell.

Alors forcément, Lords Of Black, c’est mélodique, très mélodique. On navigue dans les eaux du Heavy/Power avec quelques touches de Progressif. Le cap du troisième album, fatidique pour de nombreux groupes sera t-il franchi comme il se doit avec ce Icons of the New Days?
On peut se dire qu’avec de telles cartes dans la manche, ça ne devrait pas être trop compliqué et bien c’est fait et haut la main même!

Si on ne sort pas des sentiers battus, l’album est cependant moins immédiat, moins accessible. Les titres sont assez longs, (le plus court est de 4.18 min) avec une longue pièce finale de plus de 11 min. L’aspect progressif  est plus important avec également une dimension néo-classique mise en évidence sur quelques morceaux.

Compte tenu de tout cela,  le travail de composition est particulièrement soigné et abouti. Dès le premier titre « World Gone Mad » et son intro dramatique, on sait où on va. Des guitares à foison et le chant magnifique de Romero soutenu par la batterie qui l’accompagne dans ses variations sur tous les titres.
Le rythme de l’album est très varié, les tempi pas trop élevés mais on a une impression de rapidité grâce à l’utilisation fréquente de la double pédale sur de nombreux morceaux comme sur le refrain de « Icons of the new Days ».
Parlons en de ce titre… Il m’a fallu plusieurs écoutes pour finir par l’apprécier car ce qui caractérise l’opus, c’est aussi l’introduction de sonorités très modernes et notamment du synthétiseur sur la plupart des titres. Mais s’il est relativement discret dans l’ensemble (tout comme les claviers), ici je le trouve trop présent avec un son futuriste qui passe assez mal, comme si R2-D2 venait faire le bœuf avec la bande! C’est pour moi le seul écueil de cet album très bien construit et qui se révèle plus sombre que les deux précédents en raison de sa thématique (commune à de nombreux groupes en ce moment). Comment survivre dans un monde qui part en vrille miné par les guerres, l’individualisme et le repli derrières des valeurs égocentriques amplifiées par le recours démesuré des nouvelles technologies, des réseaux sociaux, « the icons of the new days »…?

A cet égard l’artwork dessiné une fois de plus par Felipe Machado (Blind Guardian, Iron Savior, Rhapsody Of Fire… parmi ses multiples collaborations) est éloquent et traduit parfaitement le sentiment d’urgence de l’album. Sur un fond quasi monochrome de gris, ses désormais célèbres dragons semblent faire le guet pour des combattants sur les ruines d’un monde apocalyptique ravagé par la guerre.

L’ambiance d’ensemble, très théâtrale (dans le bon sens du terme) est renforcée par la production impeccable de Roland Grapow et de Tony Hernando (textes et musique, sauf pour « Icons…. » dont la musique est de Andy C). Ils ont donné à l’album un son lourd et imposant, surtout au niveau des guitares. Le long « King’s Reborn » assez maidennien dans le style en est un bon exemple avec les riffs plombants et lancinants de Tony qui nous ponctue également le morceau de plusieurs soli.

Ces soli très mélodiques qui apportent une légèreté bienvenue, permettent d’apprécier la virtuosité du guitariste, aux références de Malmsteen évidentes. Dommage que son talent ne soit cependant pas plus exploité, même si Ronnie sait s’effacer au profit des musiciens. Certains titres comme « Forevermore » au riff saccadé où le galopant « Long Way to Go » aurait mérité de plus longues démonstrations.
On notera aussi un beau duel de claviers (style clavecin) /guitares au milieu de « The Edge of Darkness » titre au style néo-classique.

Le dernier morceau « All I Have Left » est la pièce maîtresse de l’album. Epique à souhait, il commence comme une ballade (il n’ y en a pas sur Icons of the News Days ) mais point de romantisme sur ce morceau lourd et prenant fait d’accélérations à la double pédale, cette même batterie suivant le chanteur et soutenant les multiples soli de guitare. Le tempo alterne entre lenteur et rapidité sur toute la partie centrale et instrumentale (au moins 5 bonnes minutes sur les 11,32).

En bref, Icons of the New Days est une réussite de plus à mettre à l’actif du groupe dont musiciens et chanteur accomplissent un travail remarquable.
Pour ceux qui souhaiteraient l’acquérir, je conseille la version luxe. En plus des reprises, très bien faites (même si je leur préfère quand même les originales), elle contient deux titres, « The Maker and the Storm » et la ballade « When Nothing Was Wrong » prévus à l’origine pour l’album II, puis écartés.

Tracklist :

1. World Gone Mad
I – History Of Gods
II – The Slaughter Of Innocence
III – World Gone Mad
2. Icons Of The New Days
3. Not In A Place Like This
4. When A Hero Takes A Fall
5. Forevermore
6. The Way I’ll Remember
7. Fallin’
8. King’s Reborn
9. Long Way To Go
10. The Edge Of Darkness
11. Wait No Prayers For The Dying
12. All I Have Left

Bonus disc (édition deluxe et digitale):

1. Innuendo (Queen cover)
2. Only (Anthrax cover)
3. Tears Of The Dragon (Bruce Dickinson cover)
4. Edge Of The Blade (Journey cover)
5. The Maker And The Storm (bonus track)
6. When Nothing Was Wrong (bonus track)

Line up :

Andy C (ex-Dark Moor, ex-Saratoga): Batterie, claviers, piano, synthés
Ronnie Romero (Rainbow (live), The Ferrymen, Coreleoni, Destinia) : Chant
Tony Hernando (Tony Hernando, ex-Saratoga): Guitares, claviers, synthés
Dani Criado (Kaothic) death: Basse

+ Victor Diez : Piano

Label : Frontiers Records

Producteurs : Tony Hernando et Roland Grapow

Date de sortie : 11 mai 2018

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