MI0000037656Lorsque parait, en septembre 1991, « Ratt & Roll 81-91 », première compilation de RATT, l’heure est aussi au bilan pour bon nombre de groupes, après cette folle décennie des 80’s. Mais si, pour certains, cela s’apparente à une véritable célébration de 10 ans de succès (Mötley Crüe avec « Decade of decadence » ou Slayer avec « Decade of agression » par exemple), il en est, hélas, bien autrement pour RATT…
Pourtant, au début des années 80, le groupe avait débuté en trombe, avec leur EP (83), suivi des référentiels « Out of the cellar » (84) et « Invasion of your privacy » (85). La machine avait commencé à s’enrayer un peu avec « Dancing Undercover » (86), malgré une tournée US avec Poison en ouverture, qui amènera le groupe à remplir le mythique Madison Square Garden de New York en 1987 (leur apogée ?), avant de sombrer avec « Reach for the sky » (88) et « Detonator », qui, parut en 1990, est le seul album du groupe à ne pas atteindre le stade de disque de platine (tout juste 750.000 exemplaires vendus…).
La situation n’est donc pas très mirobolante pour RATT lorsque parait cette compil’, et Atlantic l’a bien compris, car avec cette dernière, il espère raviver la flamme des fans du groupe (et en conquérir de nouveaux) en leur remémorant certains « tubes », car, pour faire simple sur le contenu, on y retrouve, en ordre quasi-chronologique, tous les singles du groupe, plus « Tell the world » et « Lack of communication » (ce qui en fait, du coup, le meilleur moyen de découvrir les rongeurs californiens…). Mais Atlantic a clairement aussi une deuxième idée derrière la tête avec ce disque, à savoir, faire redémarrer les ventes de « Detonator », en casant pas moins de 5 titres tirés de ce dernier (pour lui donner une seconde chance…), un choix discutable car c’est justement « Detonator » qui est l’album du groupe qui s’est le moins bien vendu…
Pour le reste, on notera une pochette pas exceptionnelle (et pas très vendeuse à mon avis…) et une remasterisation qui n’apporte rien, car trop récente par rapport à la date initiale de sortie des titres. Par contre, et c’est, je pense, le seul grand bon point positif de cette compil’, il faut noter la présence d’un titre inédit, qui est aussi sur la B.O du film « Point Break », « Nobody rides for free », qui rassure sur le potentiel du groupe à pouvoir encore écrire de bons titres (même si, pour être précis, il s’agit ici d’une relecture d’un vieux titre de Steve Caton). Ce titre est d’autant plus notable qu’il s’agit du premier enregistré sans Robbin Crosby, débarqué du groupe quelques mois auparavant pour « soigner » ses problèmes de drogue. Et comme Stephen Pearcy y pose sa voix d’une manière que l’on ne connaissait pas chez lui, on obtient, au final, un classique du groupe.
Bref, l’un dans l’autre, une compilation qui n’apporte pas grand chose aux fans du groupe (un seul inédit…), mais a permis, surement, de toucher d’autres personnes, ce qui explique que, aprés un démarrage difficile, elle atteindra le stade de disque d’or en dépassant les 500.000 ventes.
A noter enfin, une édition japonaise assez intéressante, avec en bonus, un mini-cd 3″ qui contient la reprise du Creedence Clearwater Revival « Born on the bayou » enregistrée live lors du passage du groupe au MTV Unplugged, avec la présence de Michael Schenker à la guitare en remplacement de Robbin Crosby donc…sympa !!

Tracklisting:
01.Tell the World
02.You Think You’re Tough
03.Round and Round
04.Wanted Man
05.Back for More
06.Lack of Communication
07.Lay it Down
08.You’re in Love
09.Slip of the Lip
10.Dance
11.Body Talk
12.Way Cool Jr.
13.I Want a Woman
14.Lovin’ You’s a Dirty Job
15.Shame Shame Shame
16.Givin’ Yourself Away
17.One Step Away
18.Heads I Win, Tails You Lose
19.Nobody Rides for Free

Line-up:

Stephen Pearcy (chant)
Warren De Martini (guitare)
Robbin Crosby (guitare)
Juan Croucier (basse)
Bobby Blotzer (batterie)

Label : Atlantic Records

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