400x400Le Chant du Cygne… tel est le qualificatif approprié que l’on peut employer au sujet de l’album Two Steps From The Move des Finlandais d’HANOÏ ROCKS. En effet, c’est en Août 1984 que sortira l’album ultime (au sens propre comme au sens figuré) d’HANOÏ ROCKS.

Ici, je parlerai de la réédition du label Anglais, Rock Candy Records, qui outre un joli livret de 20 pages qui agrémente cette réédition, nous propose l’album remasterisé et accompagné, rien de moins, que par un deuxième CD bonus de 11 titres.

Après des débuts difficiles en Finlande et en Suède (cf. chronique de la Boxset 3 CDs Johana Years 1980-1984) c’est suite à son exil en Angleterre qu’HANOÏ ROCKS trouvera un certain succès et un début de reconnaissance. Début de reconnaissance suffisant pour décrocher le Saint Graal de tout groupe : la signature sur une Major Company. Après que le groupe ai refusé l’offre de Chrysalis, c’est CBS qui dégainera son offre et les signera, et ce, malgré la réputation plus que sulfureuse du quintet Finlandais en ce qui concerne leurs maints excès de drogues et d’alcools.

C’est à Bob EZRIN, alors producteur on ne peut plus renommé (AEROSMITH, ALICE COOPER, KISS…), qu’il incombera la tâche de tirer la quintessence créatrice des Finlandais délurés.

Ayant très peu de nouveaux titres, EZRIN insistera pour réarrangé certains anciens morceaux  et changera également à la dernière minute le titre de l’album de Silver Missiles and Nightingales initialement prévu et jugé trop poétique  par Two Steps From The Move jugé plus rock ‘n’ Roll.

L’album débute par une somptueuse reprise : « Up Around The Bend » un morceau des CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL suite à la demande de CBS d’avoir un hit single. Morceau enregistré en une journée à Londres alors que l’album était déjà fini. Ce morceau Glam à souhait avec son rythme endiablé est une entrée en matière remarquable que l’on croirait écrite par le groupe. Le morceau sera le 1er single du groupe pour cet album.
« Highschool » le morceau suivant est en fait la réadaptation d’une des toutes premières chansons écrites par HANOÏ ROCKS au début des années 1980 et alors intitulé « Quit the School ». Chanson énergique s’il en est, magnifié par la production du Maitre EZRIN avec son final enlevé.
« I Can’t Get It » avec sa rythmique syncopé et lourde (faisant penser à certains groupes Punk des 70’s/80’s) emmenée par RAZZLE à la batterie et Sami YAFFA à la basse est un tempo medium relativement envoutant.
Suit « Underwater World », qui comme le morceau précédent, sera coécrit avec Ian HUNTER, est un des fleurons de l’album avec ce son de guitare envoutant du binôme Nasty SUICIDE et Andy McCOY… et le célèbre couplet :

‘’Welcome to the ocean
Welcome to the sea, yeah
Welcome to the jungle
Deep inside of me, yeah’’

Tiens, tiens, cela me rappelle une célèbre chanson d’un non moins célèbre groupe américain qui n’a jamais caché sa fascination pour les Finlandais (qui sans eux n’aurait peut être pas éxisté selon leur chanteur) ; je parle bien sur des GUNS ‘N’ ROSES qui tirera de ce couplet le titre d’une de leur célèbre chanson, j’ai nommé « Welcome to the Jungle »

La ballade qui suit, « Don’t You Ever Leave Me » est le réenregistrement et l’amélioration d’un morceau de leur premier album. C’est EZRIN qui a insisté pour que le morceau soit remanié par le groupe et réenregistré, ralentissant le tempo et lui donnant un côté moins brut.
Le titre suivant est devenu un titre mythique du groupe : « Million Miles Away ». Oscillant entre tempo lent et medium, la voix de Michael MONROE y est posé comme jamais. De plus, il magnifiera le morceau avec son saxophone tandis que Nasty SUICIDE se chargera du solo de guitare. Le morceau plait beaucoup au label même si McCOY rouspète tant et plus car il ne sait comment le groupe pourra restituer les chœurs somptueux en Live. Il faut dire que c’est un morceau qu’il à lui même composé à la fin des 70’s et s’intitulait alors « Can’t Get Enough »
« Boulevard of Broken Dreams »  est plus classique et ne dépareillerait pas sur leur précédent opus, le très bon Back to Mystery City. Bon gros rock à la sauce glamisante.
« Boiler (Me Boiler ‘n’ Me) » semble tout droit sorti des tréfonds du temps et des pionniers du Glam : croisement sulfureux entre du T-REX et du NEW YORK DOLLS…bref un morceau efficace a la ligne de chant fédératrice car chantée en cœur par tout le groupe.
L’endiablé « Futurama » est un de ses morceaux qu’HANOÏ ROCKS exhumera de son passé mais encore jamais enregistré. Morceau qui claque et est assez rentre dedans et qui trouverait aisément sa place sur le 1er album du groupe en 1980.
Le très rock « Cutting Corners » est le morceau suivant… classique certes, mais savamment orchestré par le producteur et tout autant savamment exécuté par le groupe.
L’album se finit avec le morceau qui m’accroche le moins, l’éponyme « Two Steps from the Move » qui malgré sa rythmique travaillé et son harmonica ne ma jamais fait décoller. Morceau qui initialement n’était par sur le LP.

En ce qui concerne le deuxième disque, les 11 titres sont disparates.
Nous avons droits en ouverture à la version Single de « Don’t You Ever Leave Me » et ses ajouts en langue Espagnol chanté par Andy McCOY lui même … du meilleur effet il faut le dire.
Puis s’enchaine 3 versions Live (B-side) de « Back to Mystery City », titre éponyme de leur précédent album studio… puis « Until I Get You » joliment interprété et « Mental Beat ».
Suivent 3 Japan (B-side) avec l’envoutant et non moins excellent avec son univers particulier « Oil and Gasoline » agrémenté d’un très joli solo de saxophone du Sieur MONROE. Titre qui sera repris par McCOY quand il formera les CHERRY BOMBZ.
Puis vient l’Espanisant et lent « Magic Carpet Ride » et son univers bien à lui.
« Shakes » quant à elle, est une chanson qui porte on ne peut mieux son titre. En effet, il s’agit d’un titre dans la veine Glam survitaminé avec rythmique simple et efficace, tambourin et refrain entêtant. Un morceau festif et qui aurai mérité mieux qu’une B-side.
Pour finir ce CD Bonus, il ya 4 titres issus du BBC Rock Show : « I can’t Get It », « Underwater World », « Don’t You Ever Leave Me » et « Boulevard of Broken Dreams ». Ces 4 morceaux étant magnifiquement interprétés par nos 5 Finlandais.

Même si les chroniques furent élogieuses et si le groupe commença une tournée mondiale qui commençait à rencontrer le succès, suite à la mort accidentel de leur batteur RAZZLE, le groupe implosa… et entra ainsi dans la légende et le panthéon de la musique. Bon nombre de groupes de la scène Glam Metal proclamèrent qu’HANOÏ ROCKS était une de leurs principales influences, ce qui, était loin de plaire aux anciens membres du groupe qui rejetèrent cette filiation forcé sauf pour quelques rares élus comme le GUNS N ROSES, BACKYARD BABIES…etc…

Un album à découvrir ou redécouvrir d’urgence. Sans le split du groupe, il est fort à parier qu’HANOÏ ROCKS serait devenu énorme et des superstars au lieu de n’être qu’un des précurseurs de cette scène Glam qui lancera nombre de groupes colorés comme POISON, PRETTY BOY FLOYD, ALLEYCAT SCRATCH, ROXX GANG … et plein d’autres.

Tracklist:
1. Up Around The Bend
2. High School
3. I Can’t Get It
4. Underwater World
5. Don’t You Ever Leave Me
6. Million Miles Away
7. Boulevard Of Broken Dreams
8. Boiler
9. Futurama
10. Cutting Corners

Musiciens:
Michael Monroe-Chant, saxo, harmonica, piano
Andy McCoy-Guitare
Nasty Suicide-Guitare
Sam Yaffa-Basse
Razzle-Batterie

Producteur: Bob Ezrin

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