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Formé en 1981, sous le nom de Red Alert, ce n’est qu’en 1990, après des années à jouer aux quatre coins des Etats Unis, que le combo décroche enfin un contrat avec le label MCA. Red Alert devient Steelheart avec un line up stabilisé autour de Mike Matijevic  au chant, Chris Risola et Frank DiCostanzo aux  guitares, James Ward  à la basse et John Fowler (remplaçant Jack Wilkenson) à la batterie.

Cette même année, paraît le premier album éponyme, pur produit de Hard Rock américain à tendance Glam, qui se vend à 33000 exemplaires le premier jour de sa sortie au Japon et se place en 40ème position dans les charts américains!
Pourquoi un tel engouement? Parce que Steelheart c’est d’abord son chanteur phénomène. Mike Matijevic  a une voix incroyable, (un mix entre Sebastian Bach, Axl Rose et David Coverdale), capable de monter très haut dans les aigus comme peuvent le faire dans un autre registre Michael Kiske ou Rob Halford. Mais un chanteur aussi bon soit il ne serait rien sans des musiciens aguerris et c’est le cas pour Steelheart qui a donc toutes les bases pour démarrer une longue carrière. (Hélas, il en sera tout autre…)

Surfant sur ce succès planétaire, le groupe sort Tangled in Reins tout juste deux ans plus tard. Malheureusement, la déferlante Grunge s’est abattue  sur le monde musical, bouleversant tout sur son passage et renvoyant le hard rock au rang de musique has been.
L’album atteint difficilement la 144ème position. Sorti trop tard ou trop tôt, il n’a pas eu alors le succès qu’il méritait. Effectivement s’il avait vu le jour au milieu des années 80, époque bénie du Hard Rock et du Heavy Metal, nul doute qu’il aurait pu faire de l’ombre aux groupes de style similaire tels que Guns N’ Roses, Motley Crüe et consorts.

Car dès le début de l’opus, « Loaded Mutha » et « Sticky Side Up » montrent clairement où nous mettons les pieds (enfin les oreilles plutôt). Matijevic et son timbre de voix haut perché donne le ton avec ces titres où plane l’ombre d’un David Coverdale et pas très éloignés de l’album Slide It In de Whitesnake. Mike Risola  nous y propose un jeu de guitare endiablé et particulièrement efficace.

Des riffs solides et techniques, des soli de haute volée présents tout au long de l’album, permettent d’apprécier le jeu et la virtuosité de Frank DiCostanzo et de Chris Risola. Les autres musiciens ne sont pas en reste non plus et on saluera une excellente production très moderne. Le mixage est parfait n’oubliant aucun instrument. Les lignes de basse de James Ward sont particulièrement bien mises en valeur notamment sur la première ballade « Electric Love child »  où Matijevic nous  offre un chant très sexy à la limite de la plainte sur les couplets, assez « Coverdalien » dans sa tonalité la plus langoureuse. Suit le titre « Late for the Party », très Hard ‘n’ Roll qui aurait très bien pu figurer sur l’album Appetite for Destruction des Guns N’ Roses.
L’album se déroule tranquillement et on se dit qu’on est déjà bien en forme pour la journée quand soudain, sans crier gare arrive « Steelheart ». Et non d’un chien ce titre à lui seul emporte tout sur son passage et mérite bien un petit paragraphe. C’est la pépite de Tangled in Reins et sans aucun doute la masterpiece de la carrière du groupe : 5.40 de déchaînement vocal et musical.
Après une courte intro de guitare façon moteur qui démarre, Matijevic enchaîne avec un phrasé ultra rapide et saccadé qui monte en puissance jusqu’à ce « Steeeeeeelllllllheeeeeeaaaaaarrrtttttttt!!!!!!! » si aigu qu’il vous scotche direct au mur. Les riffs de guitares sont là pour soutenir les prouesses vocales. Mention spéciale à la batterie sur ce titre et notamment au moment du break, où le calme précède la tempête avec un second cri.
On termine sur un solo survolté de Risola et on s’assoie en se disant qu’après ça on a bien mérité une petite pause et la très belle ballade « Mama Don’t You Cry », où prédomine le piano arrive à point. La voix de notre chanteur sait se faire douce et émotionnelle sur ce morceau qui finit joliment par un chœur d’enfants.
L’album se termine en beauté sur le rythmé « Dancin’ in the Fire » au titre tristement prémonitoire.
En effet le soir d’ Halloween du 1er novembre 1992, le groupe (qui ouvrait pour Slaughter) le jouait sur scène lorsque Matijevic s’est rendu compte qu’un éclairage était mal fixé. Monté sur la plateforme arranger ça, celle ci s’est détachée entraînant avec elle 500 kg de matériel que le chanteur a pris de plein fouet. Résultat un nez, la mâchoire et une pommette fracturés, la colonne vertébrale touchée également et une perte de mémoire. Quatre longues années lui ont été nécessaires pour se remettre et ce très grave accident a marqué la fin du groupe avec ce line-up et le style Glam.

Tracklisting:

1. Loaded Mutha
2. Sticky Side Up
3. Electric Love Child
4. Late For The Party
5. All Your Love
6. Love ‘Em And I’m Gone
7. Take Me Back Home
8. Steelheart
9. Mama Don’t You Cry
10. Dancin’ In The Fire

Line up:

Mike Matijevic : Chant, piano
Chris Risola : Guitare
Frank DiCostanzo : Guitare
James Ward : Basse
John Fowler : Batterie, percussions

Invités :

C.J. Vanston : Claviers
Brad Buxer : Claviers
Jeff Scott Soto : Chœurs

Producteurs: Tom Werman et Mike Matijevic

Label : MCA

Date de sortie : 10 juillet 1992

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