gus g

Gus G, de son vrai nom Konstantinos « Kostas » Karamitroudis (allez on essaie de s’en souvenir!) est un six cordiste de génie qui n’a plus rien à prouver à ses pairs.

Eminemment connu et reconnu pour ses prestations live auprès du « Madman » Ozzy Osbourne, sa participation aux groupes Dream Evil, Mystic Prophecy et Nightrage, il est aussi et surtout le leader et guitariste fondateur de Firewind, groupe de Heavy, Power grec depuis 1998. De plus, notre guitar hero trouve encore le temps de mener sa propre carrière solo avec quatre albums au compteur : l’instrumental Guitar Master (2001), suivi 14 ans plus tard, avec un virage nettement plus mainstreem de I Am the Fire (2014), de Brand New Revolution (2015) et maintenant de ce dernier opus Fearless que je choisis de chroniquer dans sa version avec bonus (vinyl et digipack).

Sur ses deux précédents efforts Gus G s’était entouré d’une kyrielle de chanteur(euse)s invité(e)s de renom, pour celui ci , un seul mais pas des moindres puisqu’il s’agit de Dennis Ward que l’on connaît davantage pour ses qualités de bassiste au sein de Pink Cream 69, Unisonic et Place Vendome (2 groupes de son ami Michael Kiske qu’on ne présente plus). Egalement producteur (il s’est aussi chargé du dernier Firewind, Immortals (2017)) pour de nombreux groupes, il a pris en charge la production de Fearless.

Chanteur donc, Dennis l’est aussi, et on découvre avec bonheur qu’il est vraiment bon, puisque sur 9 des 12 pistes, il nous sert un chant plutôt haut au timbre chaud et légèrement éraillé, parfaitement adapté au Hard Rock, mais qui passe également très bien sur les morceaux les plus heavy.

 Fearless est selon moi le meilleur album des 3 avec chant de Gus G même s’il souffre de quelques écueils  qui n’ont évidemment rien à voir avec l’immense talent des artistes.

En premier lieu la production : bien que le résultat soit tout à fait honorable, la batterie tenue par Will Hunt (Evanescence, ex-Black Label Society), mixée trop en retrait, trop sèche et manquant de profondeur, aurait mérité un traitement plus avantageux, la part belle étant réservée au chant, basse et  guitares.

Ensuite, le manque d’audace : si Fearless est un album plutôt bien construit et varié, il n’est pas original. Le « bel hellène » (jeu de mots tout pourri, je sais) reste sur ses acquis, et fait du easy listening, très bon certes, mais qui ne restera pas dans les annales du Metal.

Enfin, et on se débarrasse tout de suite des sujets qui fâchent, le choix de reprendre « Money for Nothing » de Dire Straits : mais pourquoi faire? Cette version heavy n’apporte rien à l’originale, qui se suffit à elle même, car elle dépourvue de l’âme et du feeling irrésistible que Mark Knopfler a su lui donner. Bref, on passe.

Hormis ces quelques réserves, il faut bien reconnaître qu’on passe tout de même un bon moment à l’écoute de cet opus.

Tous d’abord, les sombres et très heavy « Letting Go » et « Mr Manson » particulièrement Sabbathiens dans l’âme, suivis de « Don’t Tread on Me » plus léger, montrent un Dennis Ward qui s’en sort très bien avec un chant limite hargneux et où le maître des lieux vient poser ces soli et riffs véloces et endiablés.

3 instrumentaux illustrent l’album, avec pour commencer « Fearless » qui met en exergue la technicité et le jeu hyper rapide de Gus G, ici proche de Malmsteen. Rapidité dans la descente de manche que l’on retrouve sur « Thrill of the Chase » avec un changement de tempo et de jeu en seconde partie que viennent renforcer une  batterie et une basse efficaces. Le mélodique « Aftermath » et son joli final acoustique termine ce trio qui à n’en pas douter satisfera les fans qui souhaitaient plus d’instrumentaux que sur les 2 précédents albums.

Le titre « Chance » nous propose un côté  Heavy Metal moderne, avec un couplet et des effets sur la voix qui me font beaucoup penser au groupe de Nikki Sixx : Sixx A.M.

Dans un registre plus Hard Rock, nous avons « Big City » avec son groove entraînant  et qui nous emmène jusqu’à un break irrésistible, suivi de  « Little Ain’t Enough » et son riffing entêtant. Sur la très jolie semi ballade « Last of My Kind »,  Dennis Ward excelle avec un chant écorché au possible dont l’émotion est renforcée par de beaux chœurs et les riffs de Gus. Ces morceaux sont selon moi ceux sur lesquels la voix du chanteur est le mieux mise en valeur car plus adaptée au style.

Voilà, vous l’aurez compris, Fearless est propre et sans bavures, très bien ficelé, et même s’il ne révolutionnera pas le genre, la qualité de ses interprètes le rend vraiment agréable et on l’écoute sans bouder notre plaisir.

 

Tracklisting :

1. Letting Go
2. Mr. Manson
3. Don’t Tread On Me
4. Fearless
5. Nothing To Say
6. Money For Nothing (Dire Straits Cover)
7. Chances
8. Thrill Of The Chase
9. Big City
10. Last Of My Kind

Bonustracks (édition vinyl et digipack) :

11. Little Ain´t Enough
12. Aftermath

Line up :

Gus G ) : Guitare
Dennis Ward : Chant, Basse
Will Hunt  : Batterie

Producteur : Dennis Ward

Label : AFM Records

Date de sortie : 20 avril 2018

 

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