gotthard1997Disque de la consécration et tournant dans la discographie de Gotthard, le live acoustique « D-Frosted » est tout cela à la fois. Si le groupe de Lugano n’avait pas attendu ce disque pour rencontrer le succès en Suisse, le passage de l’électrique à l’acoustique, et du hard rock au rock mélodique ouvrait incontestablement les portes du groupe à un plus large public.

Après la tournée de « G » qui avait vu le guitariste Mandy Meyer épauler Gotthard sans pour autant en être encore un membre officiel (il apparaît encore parmi les invités dans le livret de « D-Frosted »), Gotthard ressortait au début de l’année 1997 le single « One Life One Soul » dans une version réenregistrée en duo avec la cantatrice espagnole Montserrat Caballé. Plus tard, le groupe enchaînait quelques festivals durant l’été, dont le célèbre Montreux Jazz Festival, et un concert à Locarno qui sera diffusé à la télévision suisse (et dont, semble-t-il, ce live reprend largement le menu, bien qu’il soit indiqué dans le livret que plusieurs concerts à travers l’Europe ont été utilisés).

Le groupe profitait de ces concerts pour interpréter de nouveaux titres, qu’on retrouve sur « D-Frosted » au nombre de quatre (« Out On My Own », « Hurry », « Love Soul Matter » et « Someday »), bien représentatifs de l’orientation de ce disque, ballades et mid-tempo y étant en effet largement représentés.

Autre tendance pour ce qui concerne le choix des autres titres, la sélection fait ici la part belle au répertoire de « G », sorti l’année précédente, avec pas loin de la moitié des titres de l’album. Parmi eux, des classiques comme « Sister Moon » prennent une coloration « western » plutôt agréable, s’appuyant sur les trois guitares acoustiques – tenues respectivement par Leo Leoni bien sûr, mais aussi Mandy Meyer et l’italien Vic Vergeat –, et parfois le renfort d’un piano aux accents « saloon » (comme sur l’intro de « Sweet Little Rock’n’Roller »), voire de l’harmonica sur « I’m On My Way ».

Comme on peut s’y attendre de la part de musiciens de cette trempe, l’interprétation est splendide (à commencer par Steve Lee, brillant dans ce registre plus posé qu’à l’habitude), les arrangements souvent judicieusement repensés, et l’ensemble est suffisamment remarquable pour ne pas trop donner le temps de s’ennuyer, ce malgré une durée de près de 70 minutes et une charge sans doute un peu excessive de ballades (six en tout : « Father Is That Enough », « Let It Be », « Angel », « Someday », « One Life One Soul » et « I’m On My Way »).

En plus d’asseoir la réputation de Gotthard auprès du grand public helvétique, « D-Frosted » marquait une première étape dans la conquête d’autres pays européens. Gotthard allait notamment se produire dans de nombreuses villes en France, soutenu par une campagne promotionnelle qui, en s’appuyant sur les rééditions des anciens albums du groupe, allait faire découvrir Gotthard à beaucoup d’amateurs de hard rock. Hélas pour ces derniers, ce chapitre était déjà refermé pour le groupe, et les deux albums suivants ne manqueront pas de faire couler encre et salive : trahison pour les uns, enchantement pour d’autres, le virage dit « commercial » de Gotthard était pris, et la stratégie commerciale du label CNR Music pas tellement payante dans nos contrées…

Tracklist :
1. Sister Moon
2. Out On My Own
3. Father Is That Enough ?
4. Let It Be
5. Hurry
6. Hole In One
7. Angel
8. Love Soul Matter
9. Sweet Little Rock’n’Roller
10. Hush
11. Someday
12. One Life, One Soul
13. Get Down
14. Mountain Mama
15. I’m On My Way

Musiciens :
Steve Lee (chant)
Leo Leoni (guitare, chœurs)
Marc Lynn (basse, chœurs)
Hena Habegger (batterie)
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Mandy Meyer (guitare)
Vic Vergeat (guitare, chœurs)
H.P. Brüggemann (clavier)
Andy Pupato (percussions)

Production : Chris von Rohr

Label : BMG / CNR Music

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