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Mustasch, mais qu’il est bizarre voire ridicule ce nom! C’est vrai que ça fait plutôt sourire et ne donne pas l’envie, à priori, d’aller jeter une oreille sur la musique de ce groupe suédois. Et bien je le dis pour ceux qui ne connaissent pas, grosse erreur! Car la bande de Ralf Gyllenhammar, chanteur et guitariste, encore trop méconnue dans nos contrées, mérite bien plus qu’une écoute discrète.

Alors pourquoi « Mustasch »? En adoptant ce nom les membres du groupe formé en 1998 par Ralph et Hannes Hansson  (guitariste qui a quitté le groupe en 2008), ont voulu rendre un hommage aux musiciens des années 70 ayant largement influencé leur musique et qui à l’époque portaient tous la moustache : Tony Iommi, John Lord, David Byron, Freddy Mercury etc…

Depuis le premier opus Above All (2002) 8 autres ont vu le jour. Question musique Mustasch est difficilement classable, entre Hard Rock, Stoner (surtout au début avec un son 70ies prononcé), Heavy, avec une évolution vers un style plus Hard Rock Heavy moderne depuis l’album Sounds Like Hell, Looks Like Heaven (2012).

Quoiqu’il en soit et Silent Killer qui nous occupe aujourd’hui n’échappe pas à la règle, le groupe joue fort, très fort! : des guitares au son crade et qui décoiffent, une basse bien mise en valeur (Stam Johansson) et une batterie (Robban Bäck) qui matraque comme il faut.

La production signée A.W. Nine et David Johannesson donne un rendu musical très puissant et lourd à l’album auquel s’ajoute le chant particulier et écorché au possible de Ralf Gyllenhammar.

Et effectivement après une douce et trompeuse intro, les trois premiers titres donnent le ton et là, pas question de dormir avec « Winners » titre rageur et rentre-dedans à la rythmique de plomb, qui commence dans un cri. Lui succèdent « Libertà » au riff entrainant, un morceau nerveux, et « Barrage » dont le rythme saccadé vous donne l’envie de headbanguer et qui me font furieusement penser aux norvégiens de Audrey Horne.

Tout au long de l’opus les refrains sont particulièrement entrainants, fédérateurs et si la musique de Mustasch est sans concession et envoie du bois, ici on joue avec toute la force dont on est capable, elle sait aussi se faire mélodique et nous accrocher le cœur car  Ralph chante avec ses tripes et ses blessures. De son enfance particulièrement difficile, il a gardé cette rage qu’il met au service d’une voix à fleur de peau, chargée d’émotions. Ainsi sur « Lawbreaker »,  où on monte encore en puissance, on a envie de hurler avec lui, tant cette colère qui vous transperce est communicative. D’autant plus qu’ avec Mustasch on a généralement droit à des textes particulièrement sombres et pessimistes brossant un portrait peu reluisant du genre humain.

Mustasch sait aussi prendre des risques et surprendre l’auditeur. Sur l’album Testosterone nous avions le titre « Be like a Man » faisant immédiatement penser à Muse dans sa construction et ses sonorités rock electro. Sur Silent Killer, « Fire », au tempo assez lent avec Hank Von Helvet de Turbonegro en guest, nous emmène aux frontières du Rap Metal, avec un phrasé style rap blanc proche d’Eminem. La basse et la batterie particulièrement mises en valeur donnent au morceau une ambiance martiale tout à fait appropriée.

De manière générale les soli de guitare sont courts mais permettent d’aérer et de renforcer des compositions pachydermiques comme « Silent Killer » mais surtout en seconde partie d’album avec »Grave Digger » et « Burn » aux guitares presque Thrash.

Le seul reproche que je pourrai faire à cet opus, c’est qu’avec ses 32 petites minutes de durée, il a un goût de « ramène z’en d’autres », car c’est court et on aurait bien aimé en avoir plus, peut être même une petite ballade. Mais bon, c’est direct, sans fioritures, on va à l’essentiel et moi je dis vivement le prochain!

 

Tracklisting

1. Givin‘
2. Winners
3. Liberty
4. Barrage
5. Lawbreaker
6. Fire (ft. Hank Von Helvet, Turbonegro)
7. Silent Killer
8. The Answer
9. Grave Digger
10. Burn

Line Up :

Robban Bäck : Batterie
Ralf Gyllenhammar : Chant, Guitare
David Johannesson : Guitare
Mats Stam Johansson : Basse

Producteurs : A.W. Nine, David Johannesson

Label : Sony Music

Date de sortie : 6 avril 2018

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