SAXON-Thunderbolt-LPSaxon continue de nous offrir des sorties à intervalles réguliers. Si le groupe a durci son style pour aller vers un Metal plus moderne, ils ont aussi réussi à convertir un nouveau public qui les a adoubé comme les papys du Metal qu’ils sont en effet devenus. Autant le dire tout de suite, si je reconnais les qualités de ces albums, je dois bien avouer que ceux-ci m’ont laissé froid. Je n’y retrouve plus ce qui m’avait fait vibrer dans Saxon et je dirais même que le groupe y a perdu de sa personnalité pour ne devenir qu’un groupe de Metal de plus, comme Primal Fear ou Hammerfall (que les admirateurs de ces groupes me pardonnent, je sais bien qu’ils ont de bonnes choses à leur actif). Bref, avec ce Thunderbolt, je me disais que nous allions avoir un album de Saxon de plus, pas particulièrement original et dans la lignée des précédents. Si une bonne partie de ce nouvel opus me donne raison, je dois tout de même admettre qu’il réserve quelques surprises.

Thunderbolt commence par l’exercice de l’intro. Une intro un peu en demi-teinte car je trouve le mixage de la batterie pas super réussi et les choeurs aux synthés quand même assez cheap pour un groupe du calibre de Saxon, mais bon c’est qu’une intro. « Thunderbolt » est un titre Heavy Metal pas original pour un sou où, par moment (les couplets), on retrouve des riffs de guitare aux sons proches de la grande époque (tiens, tiens, tiens). Le refrain est par contre pas génial et le break instrumental pourrait venir de n’importe quel groupe de Heavy Metal actuel. Sur « The Secret Flight », seule la voix si identifiable de Biff Byford nous prouve que nous écoutons un album de Saxon et je me prends à regretter que le jeu de Nigel Glocker (pour moi LE batteur de Saxon) ait perdu d’une partie de sa subtilité pour se reposer un peu trop sur la double pédale. C’est un titre Heavy de bonne facture cependant. Avec « Nosferatu (The Vampire Waltz) », nous sommes en présence d’un titre épique plutôt bien foutu. On est plus du côté d’Iced Earth que du côté de « Crusader » et « Dallas 1pm », mais pourquoi pas. « They Played Rock And Roll » est l’hommage du groupe à Motörhead, groupe qui furent les premiers à les prendre sous leur aile. Pour l’occasion, Nigel Glocker nous offre un rythme de batterie qui rappelle ceux de Philly mais en plus carré. De même, le son est plus Metal que Motörhead. On appréciera l’hommage, mais on ne retiendra probablement pas vraiment le morceau, malgré de beaux solos.

Avec « Predator », Saxon s’offre un titre où la voix de Biff est doublée par celle de Johan Hegg de Amon Amarth. C’est vrai que pourquoi ne pas essayer, mais malheureusement c’est raté. Les deux voix ne conviennent pas ensemble et le titre, bien qu’assez typé Metal, reste trop mélodique pour aller avec ce type de chant. Peut-être le résultat aurait-il été plus heureux sur « Nosferatu ». Et puis à la septième piste vient le miracle. Pourtant avec un titre comme « Sons Of Odin », on aurait pu penser que Saxon allait se la jouer Manowar avec un titre très Metal. Pourtant, une fois passé l’intro, on se retrouve avec un titre épique qui pourrait bien dater des années 80, malgré le son plus moderne et plus Heavy. C’est clairement la réussite de l’album et un morceau qui trouverait certainement bien sa place en live. « Sniper » fait penser aux premiers extraits du prochain album de Judas Priest – Firepower, également produit par Andy Snead – ce qui n’est pas un compliment de ma part. Si vous cherchez juste un titre pour headbanger, vous trouverez cependant votre compte. Le même constat s’applique également à « Wizard’s Tale ». Si les bruits de vitesse introduisant « Speed Merchants » vous font espérer un nouveau « Motocycle Man », vous risquez d’être déçu: on est plutôt dans le sous-Judas Priest période Painkiller. Encore une fois certains y trouveront probablement leur compte. Heureusement, Saxon nous a offert une nouvelle surprise avec « Roadies’ Song » qui, non content de rendre hommage aux hommes de la route, renoue avec le style qui a fait la gloire du groupe. On est pas loin de « And The Band Played On » ou « 747 (Strangers In the Night) » sans que ça vire au plagiat. Comme quoi, quand ils veulent, ils peuvent !!! Un titre qui pourrait devenir un futur classique du groupe (le premier depuis plus de 20 ans !). L’album finit par une version de « Nosferatu » sans les orchestrations. A vrai dire cela n’apporte pas grand chose, ils auraient mieux valu finir l’album sur le titre précédent.

Avec cet album, Saxon poursuit le style qui leur a valu un retour en grâce depuis The Inner Sanctum. Il n’empêche que lorsqu’on se rend compte que le groupe peut encore composer des titres du calibre de leurs hits des 80’s, on se dit qu’ils feraient bien de se demander si cette voie de Metal souvent sans âme est vraiment celle qui leur convient le mieux…

Tracklist:
1. Olympus Rising
2. Thunderbolt
3. The Secret of Flight
4. Nosferatu (The Vampires Waltz)
5. They Played Rock and Roll
6. Predator (ft. Johan Hegg)
7. Sons of Odin
8. Sniper
9. A Wizard’s Tale
10. Speed Merchants
11. Roadie’s Song
12. Nosferatu (The Vampires Waltz) (Raw Version)

Musiciens:
Biff Byford: Chant
Paul Quinn: Guitare
Nigel Glocker: Batterie
Nibbs Carter: Basse
Doug Scarratt: Guitare

Producteur: Andy Sneap

Publicités